Feu Madame Rúhíyyih Rabbání, dignitaire internationale bien connue de la Foi bahá'íe, a reçu là un hommage le 15 Mai 2001. Dans l’assistance quelques 150 personnalités étaient présentes, dont Son Altesse le Prince Philip, duc d’Édimbourg.
Organisé par Les Arts pour la Nature, association fondée il y a 13 ans qui vise à attirer les artistes et les acteurs vers l’avant-garde environnementale, l’hommage a été rendu à la maison du Canada à Trafalgar Square. C'était une soirée de musique et de théâtre, pour la plupart produite spécialement pour cette occasion, et utilisant les écrits de Madame Rabbání.
"Nous pouvons être convaincus académiquement et intellectuellement que la conservation de la nature est importante, mais ce qui est aussi important c’est que nous soyons impliqués émotionnellement dans ce but" a dit le Prince Philip dans une allocution improvisée à la fin de la soirée. "Madame Rabbání a apporté une énorme contribution afin d’accroître la conscience dans ce domaine, et cela a été une merveilleuse expérience et une splendide soirée".
Auteur, scénariste et conférencière, qui s'est occupée d'environnement et de peuples indigènes, Rúhíyyih Rabbání est morte le 19 Janvier 2000. Elle était aussi Main de la Cause, la plus haute position occupée par un individu dans la Foi bahá'íe, et a joué un rôle important dans la promotion de l’unité et l’intégration de la communauté bahá'íe à travers les années.
La soirée d’hommage, dans une large mesure organisée par la duchesse d’Abercorn présidente des Arts pour la Nature, a commencé par un dîner et la visite d’une partie de la collection privée de tableaux de paysage du Prince Philip, en particulier le travail sur la vie sauvage d’artistes canadiens. De plus, des dessins architecturaux de William Sutherland Maxwell, architecte canadien notoire et père de Madame Rabbání ont été exposés.
Le principal événement de la soirée était une représentation théâtrale intitulée "Une si noble vie ", inspirée de la vie de Rúhíyyih Khánum. Écrite par l’écrivain et actrice Beverley Evans canadienne de naissance et dirigée par Annabel Knight, la pièce montrait quatre aspects majeurs de la vie de Khánum et de son caractère et les personnifiait par quatre actrices racontant son histoire en utilisant des mots puisés dans les conférences et les écrits de Rúhíyyih Khánum elle-même.
Les actrices Maria Freidman, Beverley Evans, Sarah Clive et Kerry-Ann Smith transmettaient avec une force et une émotion extraordinaires l’étendue de la réussite de Madame Rabbání . Il y a eu de profonds moments d’émotion dont la scène décrivant les funérailles de Shoghi Effendi quand des centaines de pétales de roses pleuvaient sur la scène. Tout au contraire, ses grands voyages à travers le monde étaient décrits avec esprit et verve, tandis qu’une liste de ses animaux de compagnie préférés causait un grand amusement.
Les actrices étaient aidées par quatre autres femmes venant du Botswana, de Macao, de Bolivie et d’Iran tissant une tapisserie florale durant le déroulement de l'histoire, métaphore de la tapisserie riche et variée qu'a été la vie de Madame Rabbání.
D’autres points forts incluaient une représentation musicale composée par William Lovelady, inspirée des paroles d’un poème de Rúhíyyih Khánum, "Ceci est la foi". La soirée s'est terminée par la diffusion d’un enregistrement de sa propre voix, parlant durant une réunion à Belfast, où elle disait à l’auditoire à quel point elle détestait dire au revoir.
Madame Rabbání, a dit la Duchesse d’Abercorn à l’auditoire , a laissé un monde meilleur que celui dans lequel elle est arrivée, nous enjoignant tous à contribuer, comme Madame Rabbání, de notre "propre fil " à la tapisserie de la vie. "J’espère que chacun ici prendra son propre fil de créativité et de qualité d’esprit et de cœur et l’apportera dans chaque aspect de sa vie, car c’est de cela que le monde a désespérément besoin " a-t-elle dit.
Violette Nakhjavání qui accompagnait Ruhiyyih Khánum durant ses voyages et a récemment écrit un livre sur sa vie était présente parmi les invités. "Je trouve que cela a été très bien fait " a dit Madame Nakhjavání au sujet de la pièce narrative. "J'ai été très surprise par la réaction chaleureuse des spectateurs aux détails personnels de la vie de Rúhíyyih Khánum et je pense qu'elle aurait approuvé la présentation des idées bahá'íes d’une façon aussi audacieuse".
Née Marie Maxwell à New York en 1910, Madame Rabbání était la veuve de Shoghi Effendi qui a dirigé la Foi bahá'íe de 1921 à 1957. En cela elle était le dernier lien avec la famille d’Abdu’l-Bahá, qui a dirigé la Foi de 1892 à 1921 et qui était l'aîné des fils du fondateur de la Foi, Bahá’u’lláh.
Dans son rôle de Main de la Cause, Madame Rabbání a intensivement voyagé, visitant 185 pays et territoires afin d’encourager le développement spirituel et moral des communautés bahá'íes. Elle a aussi recherché tout au long de sa vie à promouvoir la conservation de l'environnement. Elle a été par exemple un des membres fondateurs de L’Alliance des Religions pour la Conservation de la nature, une importante organisation inter-religieuse qui encourage l’implication de groupes religieux dans les efforts de conservation de la nature.
Madame Rabbání a aussi encouragé la première manifestation des Arts pour la Nature tenue le 26 Octobre 1988 à Syon House à Londres. Elle a prononcé, au côté du Prince Philip, l'allocution- programme de cette manifestation, organisée par le Fond Mondial pour la Nature (G-B) et la Communauté Internationale Bahá'íe.
Diana Jervis-Read, attaché culturel du Canada, a dit que la commission était ravie d’accueillir la soirée à la maison du Canada, d'autant plus que Madame Rabbání avait grandi au Canada.
Chaque invité a reçu une brochure produite pour la soirée par Peter Maguire et George Ballentyne de UK Bahá'í Publishing, ainsi qu’une compilation spéciale illustrée de l’anthologie appelée "Terre Sacrée" et une copie du livre de Madame Rabbání "Prescriptions pour vivre".
Les fonds recueillis ont été versés au festival de Mendelsohn on Mull et au Canada Arts Trust. "Il y a de nombreuses soirées de charité qui peuvent être ennuyeuses, mais celle-ci était complètement différente." a dit Miria Crawley, co-président de la soirée, qui a aussi écrit aussi une chanson en l'honneur de Madame Rabbání. "Certaines des personnes ici ce soir connaissaient personnellement Madame Rabbání, d’autres avaient seulement connaissance de son travail extraordinaire, et d'autres gens dans l’assistance entendaient parler d’elle pour la première fois ce soir."
"La pièce incitait vraiment à la réflexion et captait la personnalité de Madame Rabbání, qui était quelqu’un dont le travail a fait du monde un endroit meilleur, et je pense que chacun de ceux qui sont venus ce soir sont repartis avec quelque chose de très particulier ".
( Compte-rendu de Corinne Podger et Rob Weinberg.) |