L’ancien acteur bahá’í Earl Cameron participait à une activité de la communauté bahá’íe du Royaume Uni quand il a reçu un coup de téléphone inattendu de son agent.
C’était une proposition d’audition pour un rôle dans un film important, quelque chose d’inespéré pour M. Cameron, qui est maintenant âgé de 87 ans et qui a depuis longtemps pris sa retraite du monde cinématographique.
Son agent lui annonçait que Sydney Pollack, le directeur de « Tootsie » et le gagnant d’un Oscar pour le film « Out of Africa », envisageait de le prendre pour un rôle dans un nouveau film politique à suspense.
« Je devais me dépêcher pour un essaie pour le rôle, a dit M. Cameron. « Je suis arrivé en retard… mais ils ont aimé ce que j’ai fait. »
M. Cameron a eu le rôle de Edmund Zuwanie -- le déplaisant président d’un pays Africain imaginaire -- dans « L’Interprète », ayant comme stars principales Nicole Kidman et Sean Penn. Il n’a pas hésité à accepter le rôle.
« Je pense qu’un acteur doit montrer la vie, et des personnages despotiques ont besoin d’être présentés et d’être vus,» a-t il dit.
Le film raconte l’histoire d’une interprète, jouée par Nicole Kidman, qui entend parler d’un complot sur l’assassinat de M. Zuwanie lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations Unies.
« L’Interprète » est le premier film jamais tourné à l’intérieur du bâtiment des Nations Unies à New York.
Lorsque Alfred Hitchcock a tourné « North by Northwest » en 1959, il a fait construire une réplique de l’intérieur des Nations Unies. Pour « L’Interprète », le personnel officiel a autorisé le tournage du film dans les locaux des nations Unies après les heures de travail.
Au moment crucial du film, nous voyons M. Zuwanie qui s‘adresse à l’Assemblée générale, une scène qui rappela à l’acteur la croyance bahá’íe sur le besoin d’unité mondiale.
« Je me tenais là », dit M. Cameron, « debout derrière le pupitre face à 2000 figurants jouant tous les ambassadeurs. »
« Voyant le nom de tous les pays sur le bureau devant moi, j’ai ressenti l’importance véritable des Nations Unies. Le monde a un besoin désespéré de paix et il n’a pas d’autre façon d’avancer que d’aller vers une plus grande coopération au niveau global,» dit il.
Des solutions ont été trouvées à un niveau au-dessus des intérêts nationaux -- et jusqu’à présent il n’y aucune autre organisation qui puisse établir ces premières marches vers une paix durable.
Les critiques ont fait l’éloge de sa représentation dans « L’Interprète. » Il a été décrit comme « l’acteur inoubliable dans le film… absolument exceptionnel dans le rôle du dictateur de Matobo. » (heraldnet.com)
Le “Baltimore Sun” a écrit: « Earl Cameron est sublime dans le rôle d’un vieux dictateur visqueux et imposteur… » « Le « Rolling Stone » décrit l’allure de M. Cameron comme «subtile et menaçante. » Philip French dans « L’Observer » a fait référence à « ce bel acteur des Caraïbes Earl Cameron. »
La première du film dans le Royaume Uni à l’Empire au Leicester Square de Londres a été un événement prestigieux. M. Cameron a été appelé sur la scène par Sydney Pollack afin d’être présenté au public avec Nicole Kidman.
« C’est la première fois depuis de nombreuses années que je participé à une première, » a déclaré M. Cameron. « Je n’ai jamais vécu quelque chose de pareil. Il y avait des milliers de caméras. »
Earl Cameron a quitté les Bermudes pour l’Angleterre durant la Seconde guerre mondiale et y est un acteur noir anglais. Il devint bahá’í à Londres en 1963.
« Je n’ai jamais ressenti le moindre conflit entre le fait d’être bahá’í et acteur » a-t il déclaré.
« J’ai réussi parfois à avoir quelques lignes du scénario modifiées par le réalisateur si je n’étais pas à l’aise pour les dire, » a-t il exprimé.
J’ai très rarement refusé un passage. Il y a eu une période durant laquelle les acteurs noirs avaient les parties déplaisantes. Mais j’ai souvent eu des rôles de personnages sympathiques. J’ai peut-être une tête sympathique. »
Des années ‘50 aux années ’70, il est apparu dans de nombreux films comme entre autres « Sapphire », « The Message » -- l’histoire du prophète Muhammad -- et un film de James Bond, « Thunderball. »
M. Cameron est aussi devenu un visage familier à la télévision dans des programmes populaires comme « Danger Man, » « Doctor Who » et « The Prisoner. »
M. Cameron a fait une pause de douze ans dans sa carrière en partant aux Iles Salomon avec sa famille pour y aider la communauté bahá’íe.
(Rapporté par Rob Weinberg.)
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