LE FORUM DES NATIONS UNIES VOIT LE DIALOGUE INTER-RELIGIEUX COMME UN ÉLÉMENT ESSENTIEL POUR LA PAIX
Les Nations Unies, 08/10/06
Abdoulaye Wade, président de la république du Sénégal, adresse le discours principal à la conférence au sommet sur la coopération inter-religieuse pour la paix, donnant le ton de la conférence qui s’est centrée sur le thème « Contribution à la venue de la paix et développement ». (Photo: Bud Heckman)
Parmi les leaders religieux participant à la conférence au sommet sur la coopération inter-religieuse pour la paix du 21 septembre 2006 aux Nations unies, on trouvait de gauche à droite, Dr John Grayzel, tenant le siège de président bahá’í pour la paix mondiale, l’évêque William Swing de l’initiative des religions unies ; et l’évêque Joseph Humper de l’Église méthodiste unie de la Sierra Leone. (Photo: Bud Heckman)
Dr John Grayzel, tenant le siège de président bahá’í pour la paix mondiale, tient un discours au cours de la conférence au sommet sur la coopération inter-religieuse pour la paix qui s’est tenue le 21 septembre 2006 au siège des Nations unies.
Les membres du groupe d’ouverture de la conférence au sommet sur la coopération inter-religieuse du 21 septembre 2006. De gauche à droite : Hiro Sakurai, président du comité ONG religieuses aux Nation unies ; Ali Hachami, président du conseil social et économique des Nations unies (ECOSOC) ; Alberto G. Romulo, secrétaire aux Affaires étrangères des Philippines ; et Abdoulaye Wade, président de la république du Sénégal.
Le mois dernier, quelque 33 gouvernements ont envoyé ici des délégations à une conférence spéciale sur la manière dont les religions et les gouvernements peuvent travailler ensemble à l’établissement de la paix.

La conférence au sommet sur la coopération inter-religieuse pour la paix était patronnée par une coalition unique de gouvernements, d’agences des Nations unies et d’organisations religieuses non-gouvernementales, comprenant aussi des représentants de la foi bahá’íe

Les participants ont déclaré le 21 septembre que l’événement a attiré un vaste éventail de participation aux Nations unies, reflétant une préoccupation croissante pour la progression de l’intolérance religieuse et le besoin de promouvoir le dialogue religieux et la tolérance comme un remède à ces problèmes

« Il est notable de remarquer que le secteur probablement le mieux représenté était les gouvernements, particulièrement ceux des pays en voie de développement », a déclaré aux Nations unies Jeffery Huffines, un membre du comité des organisations religieuses non-gouvernementales (ONG) qui a servi au sein du comité de planification de la conférence.

« Beaucoup de ces pays souffrent des conséquences provenant des conflits religieux. C’était ceux qui, autour de la table, attendaient d’apprendre, de partager leur perspective sur l’importance de la promotion du dialogue et de la coopération religieuse », a dit Mr Huffines, qui est aussi représentant aux Nations unies de la communauté bahá’íe des États-Unis.

En plus des représentants des quelques 33 gouvernements participait un grand nombre d’officiels d’agences des Nations unies et de leaders de divers groupes religieux et d’organisations de la société civile.

La conférence était organisée par le Forum tripartite sur la coopération inter-religieuse pour la paix créé en 2005. Alberto Romulo, secrétaire aux Affaires étrangères des Philippines et président du Forum a déclaré que la conférence reflétait un « niveau sans précédant » de participation de gouvernements, de religions et d’agences des Nations unies.

« Certaines des atrocités, violences et problèmes que le monde rencontre incombent complètement aux partisans des diverses tendances religieuses », dit le secrétaire Romulo, mettant l’accent sur le besoin d’un nouvel élan de dialogue et de coopération.

Abdoulaye Wade, président de la république du Sénégal, adressa le discours principal à la conférence au sommet sur la coopération inter-religieuse pour la paix, donnant le ton de la conférence qui s’est centrée sur le thème de « Contribution à l’édification de la paix et développement ».

« Le dialogue inter-religieux est devenu une nécessité urgente », a déclaré le président Wade, ajoutant que le monde est actuellement en guerre contre « les démons de la suspicion, de l’ignorance et le mépris pour les peuples des autres cultures ».

« L’intolérance et l’extrémisme battent en brèche le caractère sacré de l’objectif réel de la religion », a dit le président Wade, suggérant plutôt que les peuples devraient examiner les racines communes des religions et reconnaître qu’elles viennent toutes d’une source qui « prescrit le bien et encourage le pardon et l’amour ».

Le président Wade, qui est musulman, dit qu’il n’y aucune justification à la violence au nom du Coran. « Le véritable message a toujours été le rapprochement et l’harmonie. »

Haya Rashid Al Khalifa, ambassadrice de Bahrain aux Nations unies et présidente de la 61ème Assemblée générale a dit que l’initiative était « une nécessite pour notre temps ».

« Penser que chacun de nous peut être en sécurité alors que les autres ne le sont pas est une pure illusion, dit l’ambassadrice Al Khalifa. Chacun doit être engagé dans ce processus afin de combattre cette mauvaise perception. »

« En cette ère d’indépendance et de globalisation, il est temps pour les peuples de s’avancer et de vivre ensemble en harmonie et en paix car nous sommes tous membres d’une seule grande famille », a-t elle ajouté.

Les leaders des religions présents à la conférence – qui s’est tenue aussi afin de coïncider avec la Journée internationale de la paix des Nations unies, célébrée chaque année le 21 septembre, ont repris des thèmes similaires.

L’évêque Joseph Humper, de l’Église méthodiste unifiée de Sierra Leone et président de la Commission de la vérité et de la réconciliation, a parlé sur les points communs des religions. Le but suprême du dialogue est d’atteindre une plus grande compréhension de ce qui est différent et de ce qui est nouveau. « Ce dialogue doit être vu comme un moyen d’éliminer la violence, la haine et la bigoterie. »

Rabbi Arthur Schneier, président de la fondation Appel de conscience a dit : « Nous ne pouvons pas permettre que Dieu soit détourné et la religion employée abusivement. »

Dr John Grayzel, tenant le siège de président bahá’í pour la paix mondiale à l’université de Maryland, a dit que les chefs religieux ont l’obligation de promouvoir la tolérance et même l’unité parmi les religions, en reconnaissant une « source commune d’autorité morale qui s’impose devant des déterminants plus basiques d’action et de réponses quotidiennes ».

« Les chefs religieux détiennent le pouvoir de donner le ton pour l’acceptation, la tolérance, le respect, et la collaboration mutuelle pour le bien commun de l’humanité », a déclaré Dr Grayzel.

« Si les organisations religieuses du monde s’unifiaient, elles pourraient initier un groupe d’intervention globale en alerte permanente afin de se présenter à la première apparition de dispute, de conflit ou de malentendu. »

« Ce groupe pourrait porter à la conscience de tous, indépendamment de tout désaccord et divergence apparente d’intérêts, un niveau de réflexion qui reconnaît l’origine commune de l’humanité et, nécessairement, une foi commune », a dit Dr Grayzel.

Des représentants de diverses agences et bureaux des Nations unies comprenant l’UNESCO, l’UNFPA, l’UNDP et le NGLS des Nations unies ont aussi pris la parole à la conférence.

Radhika Coomaraswamy, le représentant spécial du Secrétaire général des enfants et des conflits armés déclara qu’il y a une accumulation croissante d’évidences que les violences ethniques ont beaucoup moins de chance d’éclater dans les villes où des organisations inter-religieuses sont présentes.

« La notion de partenariat est absolument vitale si nous voulons un jour obtenir la paix mondiale », a déclaré Mlle Coomaraswamy, disant que les groupes religieux peuvent jouer un rôle important sur des sujets comme le recrutement d’enfants soldats ou en intervenant au moment où une guerre éclate. »

« Pour le futur, a dit Mr Huffines, le Forum espère voir l’Assemblée générale des Nations unies faire passer une résolution promouvant davantage de mesures pour encourager le dialogue inter-religieux et la paix sous le patronage des Nations unies, comprenant la fixation d’une journée consacrée à une consultation interactive d’information avec la société civile sur la coopération inter-religieuse et la paix. »
 

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