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| DES AUDIENCES EN L’EGYPTE SOULIGNENT LA DISCRIMINATION ENVERS LES BAHÁ’ÍS DANS L’ATTRIBUTION DE LA CARTE D’IDENTITÉ. |
| Le Caire, Égypte, 23/08/06 |
| Le Dr. Basma Moussa apparaît ici lors d’une interview diffusée le 13 août 2006 sur la chaîne de télévision Egypt’s Dream-2, au sujet de son témoignage devant le Conseil national des droits de l’Homme, le 8 août 2006, au Caire. Le Dr. Moussa a présenté devant Conseil le point de vue bahá’í sur les controverses autour de la carte d’identité nationale. |
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| La politique controversée du gouvernement égyptien, qui demande aux citoyens de mentionner leur religion sur la carte d’identité, tout en limitant le choix aux trois religions officielles, était le thème central d’un important symposium au Caire, en août 2006.Cet événement a attiré une attention considérable sur la plainte des bahá’ís en Egypte, qui souffrent de la discrimination du gouvernement. Les bahá’ís se trouvent en effet forcés de mentir au sujet de leur appartenance religieuse ou de vivre sans carte d’identité, celle-ci étant cependant indispensable à l’accès à leurs droits de citoyen.Organisé le 8 août 2006 par le Conseil national des droit de l’Homme (CNDH), une organisation consultative d’origine gouvernementale chargée de conseiller le gouvernement sur les questions relatives aux droits de l’Homme, le symposium a permis à une grande diversité de groupes de la société civile de témoigner, de même qu’à des organismes gouvernementaux et des ministères, ainsi qu’à la communauté bahá’íe d’Egypte.« Les bahá'ís doivent actuellement mener un combat quotidien », a déclaré le Dr. Basma Moussa, représentante des bahá’ís, expliquant que sans carte d’identité valide, les bahá’ís ne pouvaient s’inscrire ni à l’école, ni à l’université, qu’ils ne pouvaient pas non plus adresser de requête pour leur service militaire, postuler pour un emploi, effectuer des transactions bancaires ou percevoir convenablement leur salaire.Le Dr. Moussa a cependant ajouté que les accords internationaux, de même que le droit égyptien, garantissaient la liberté de religion et de croyance et que les questions administratives autour de la carte d’identité pouvaient être résolues facilement en adoptant des solutions alternatives, telles qu’une possibilité de non-réponse dans le champ d’identification de la religion ou en autorisant simplement un quatrième choix intitulé « autre ».Près de cent soixante personnes étaient présentes lors du symposium, représentant non seulement cinquante-sept organisations non-gouvernementales et membres de la société civile, mais aussi des penseurs renommés et divers représentants du gouvernement, parmi lesquels le ministre de l’Intérieur, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Justice, le ministre des Affaires juridiques, ainsi que des membres du parlement égyptien. Quatre-vingts participants ont présenté un témoignage.L’événement était introduit par l’ancien secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali, qui est actuellement le président du Conseil national des droits de l’Homme, et cela a eu de nombreux échos dans les médias.« Le but de l’événement était essentiellement de mettre la question à l’agenda, et ce fut en ce sens un succès », a déclaré Hossam Bahgat, directeur de l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (IEDP), une organisation égyptienne indépendante de défense des droits de l’Homme. « C’est un geste hautement symbolique et une évolution positive. »En avril, la question de la mention de l’affiliation religieuse sur la carte d’identité était devenue le centre d’une controverse de plus en plus grande, quand un tribunal administratif avait reconnu aux bahá’ís le droit de faire état de leur religion sur des documents administratifs.Des groupes islamiques fondamentalistes avaient alors décrié l’arrêt d’avril, alors que les organisations des droits de l’Homme en faisaient les louanges. La Cour administrative suprême a aujourd’hui décidé de soutenir en septembre une audience, sur appel du gouvernement, concernant l’affaire des bahá’ís.Actuellement, la politique gouvernementale autorise seulement le choix de l’islam, du christianisme et du judaïsme - les trois religions officiellement reconnues - dans le champ de l’affiliation religieuse figurant sur les cartes d’identité et d’autres documents officiels.Lors du symposium, le CNDH souhaitait dénoncer cette restriction sous toutes ses formes. Des représentants de groupes islamiques fondamentalistes ont interpellé le gouvernement, lui demandant de conserver sa politique actuelle, disant que si les autres religions étaient autorisées à être mentionnées, ou que le champ de l’affiliation religieuse était entièrement supprimé, l’ordre publique en serait gravement affecté.Parmi les objections des groupes islamiques, il y avait la crainte que tout changement n’affecte des domaines divers, tels que ceux du mariage, du divorce et de l’héritage, qui dépendent ici des communautés religieuses.D’autres groupes, y compris les représentants des chrétiens coptes et de diverses organisations nationales des droits de l’Homme, ont appelé à un changement rapide de politique, déclarant que la politique actuelle était en désaccord avec le droit international et la conscience morale, faisant référence à la liberté de religion et de croyance.Le Dr. Gamal el-Banna, penseur et érudit islamique, expliqua pour illustrer ces propos que les croyances religieuses relevaient de la vie privée des personnes, sans rapport avec l’ordre public, et que personne ne devrait s’y interposer.« Nous devrions examiner les critères de l’ignorance et des préjugés, ainsi que les publications qui assombrissent nos vies, a-t-il dit, selon les comptes-rendus publiés. Omettre la religion sur les cartes d’identité ne conduirait ni au progrès, ni à la régression. »Le Dr. Boutros-Ghali, dans sa déclaration d’ouverture, avait fait remarquer que « les trois religions majeures représentaient moins de 50 % des religions du monde, et que les autres religions reconnues comptaient donc pour 51 % ».« Au cours des années à venir, l’Egypte devra affronter d’autres conflits dans les relations entre religions, et des religions plus récentes devront être reconnues quand elles apparaîtront ; ainsi, nous devrions approuver et reconnaître toutes les religions ou éliminer la classification religieuse des cartes d’identité », a-t-il ajouté.La récente introduction d’un système de carte informatisée excluant toute identification religieuse à l’exception des trois religions officiellement reconnues a compliqué le problème pour les bahá’ís, qui pouvaient auparavant trouver certains agents administratifs coopératifs, acceptant de laisser le champ d’identification religieuse vierge sur l’ancien type de carte.Non seulement les croyances des bahá’ís leur interdisent de mentir, mais le fait de fournir une fausse information sur un document officiel constitue un crime en Egypte. Ainsi, incapables moralement comme légalement de mentionner l’une des trois religions reconnues, les bahá’ís se voient empêchés d’obtenir de nouvelles cartes, et leur communauté est progressivement privée de tous les droits des citoyens.Dans sa présentation du point de vue bahá’í, le Dr. Moussa, professeur-assistante de chirurgie orale et maxillo-faciale à l’université du Caire, a lu un témoignages de six pages devant le Conseil. [Lire le témoignage du Dr. Moussa en arabe]Son témoignage démontrait que le droit international et la constitution égyptienne soutiennent le droit à la liberté de religion ou de croyance. « Plus précisément, dit-elle, les articles 40 et 46 de la constitution égyptienne accordent tous deux la liberté de pratiques et de croyances religieuses, tout comme le Pacte international relatifs aux droits civils et politiques, signé par l’Egypte. »Considérant ces lois, le Dr. Moussa ajouta : « Il est évident que limiter le choix des religions mentionnées sur la carte d’identité aux trois [religions officielles] est contraire à la liberté des croyants d’autres religions que celles-ci. Dans ces cas, c’est comme si vous inscriviez de force une religion sur la carte d’identité du détenteur, ce qui est contraire à ce qu’établissent le droit et la constitution, de même que les droits universels de l’Homme. »Le Dr. Moussa a également dit qu’il y avait eu certains cas, sur d’autres documents officiels comme les certificats de naissance et de décès, où les bahá’ís avaient été identifiés comme bahá’ís, ou le champ simplement laissé vierge. « Ces alternatives nous prouvent que cela peut être fait. »Elle a ajouté que dans d’autres pays où les musulmans n’étaient pas en majorité, « ils attendaient, en toute légitimité, que leurs droits soit pleinement respectés. Les bahá’ís ne demandent rien de plus. Nous demandons que, sur les documents officiels, vous inscriviez la mention “bahá’í” ou “autre”, ou que vous barriez ou laissiez la case vierge Ceci est tout ce que nous demandons aux institutions gouvernementales depuis plusieurs années ». |
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^^ retour en haut ^^
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