LES REPRÉSENTANTS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE SE RETROUVENT AU FORUM DU MILLÉNAIRE
Genève, 01/05/00
La mondialisation a été longuement évoquée dans une déclaration adressée aux chefs d’Etat et de gouvernement rassemblés à l’occasion du Sommet du Millénaire.
Les représentants de plus de 1000 organisations non gouvernementales (ONG), venus de plus de cent pays, se sont retrouvés pendant cinq jours au mois de mai 2000, afin de formuler leur vision du futur, en particulier en ce qui concerne le rôle de l’ONU et de la société civile dans les domaines de la paix, de l’éradication de la pauvreté, des droits de l’homme, de l’environnement, de la mondialisation et du renforcement de l’ONU. Organisé par les ONG, le " Forum du millénaire " a adopté une déclaration énergique sur cette vision commune et proposé une série de mesures concrètes à l’intention des gouvernements, de l’ONU, et de la société civile. " Nous avons la vision d’un monde centré sur l’homme et véritablement démocratique dans lequel tous les êtres humains sont entièrement responsables de leur propre destin ", lit-on dans la Déclaration du Forum " Nous les Peuples " et le Programme d’action adopté le 26 mai 2000. " Dans cette optique, nous nous considérons comme une famille humaine qui, dans toute sa diversité, vit dans une patrie commune et partage l’idée d’un monde juste, durable et pacifique selon les principes universels de la démocratie, de l’égalité, de l’intégration, du volontariat, de la non-discrimination et de la participation de tous, hommes et femmes, jeunes et adultes, sans distinction de race, de religion, de handicap, d’orientation sexuelle, d’appartenance ethnique ou de nationalité. " La Déclaration a été présentée aux chefs d’Etat rassemblés au Sommet du millénaire en septembre 2000. Le Forum, né d’une proposition avancée par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, constitue l’une des principales contributions de la société civile au Sommet qui a été vraisemblablement l’une des plus grandes rencontres de chefs d’Etats et de gouvernement jamais tenues dans le monde.
Relier les droits de l’homme et le développement
Alors que les dirigeants cherchent à faire preuve d’imagination pour résoudre les problèmes mondiaux complexes, l’idée s’impose progressivement qu’il convient de faire converger les diverses politiques et les domaines d’action. Parmi les convergences les plus prometteuses se trouvent celles pouvant exister entre les droits de l’homme et le développement. Or, les droits de l’homme et le développement ont souvent été dissociés, tant dans le domaine de l’analyse que dans celui de l’action. Cependant, au cours de la dernière décennie, les plans d’action mondiaux issus des conférences mondiales de l’ONU, depuis Rio jusqu’à Istanbul, ont reconnu que ces deux questions étaient fondamentalement liées. Récemment, la Banque mondiale, l’UNICEF, le PNUD et le Haut Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme ainsi que des personnalités influentes comme le prix Nobel Amartya Sen, ont tenté d’en faire la démonstration. Le Rapport sur le développement humain 2000 va plus loin dans le rapprochement, la clarification et la codification de ces deux concepts que sont les droits de l’homme et le développement humain. Dans les deux cas, il s’agit de préserver les libertés fondamentales et de promouvoir le bien-être de l’humanité. " La principale idée du développement humain selon laquelle l’amélioration de la vie et des libertés des personnes est fondamentale, rejoint en grande partie les préoccupations exprimées dans les déclarations des droits de l’homme ", selon le Rapport sur le développement humain 2000. " Une approche plus intégrée peut procurer des avantages significatifs et faciliter les efforts visant à faire progresser la dignité, le bien-être et la liberté des individus en général. " Le rapport propose une recette qui peut s’avérer efficace dans le domaine de la transformation sociale. Il faut de plus en plus considérer le développement social comme un processus capable de " renforcer les capacités humaines " et de multiplier les opportunités alors que les droits de l’homme sous-entendent que les différents acteurs sociaux ont le devoir de s’assurer que les individus et les communautés sont capables de développer et d’exercer ces capacités et ces opportunités. Il propose une approche du développement fondée sur les droits afin de concilier ces deux différents concepts. Selon le rapport, si l’on fait le lien entre le progrès social et les droits de l’homme, on peut prendre en compte dans la planification du développement l’ensemble des droits auxquels les hommes peuvent prétendre - politiques, civils, sociaux, culturels, économiques, éducatifs, alimentaires et médicaux. Cette perspective intègre aussi directement les notions de famille, de communauté, de société, de médias et de responsabilité des institutions dans la poursuite des objectifs de développement. Ainsi, les mécanismes et instruments relatifs aux droits de l’homme peuvent être utilisés pour promouvoir certaines priorités en matière de développement. Dans le contexte des droits de l’homme, l’impact du développement a des chances d’être plus équitable et de limiter toutes les formes d’exclusion sociale ou de discrimination. De plus, ce souci d’équité met autant l’accent sur le processus du développement que sur son bilan. C’est une orientation importante pour susciter de nouvelles formes de participation et d’action à tous les niveaux de la société. Dans le cadre du développement, il est également possible de contribuer largement à la reconnaissance et à l’application universelle des droits de l’homme. L’application des instruments quantitatifs et qualitatifs du développement est un cadre analytique qui permet de comprendre les ressources nécessaires à l’application de ces droits mais aussi les obstacles qui s’y opposent. En tenant compte de l’évolution des conditions économiques et sociales, les décideurs peuvent expliquer comment respecter au mieux l’ensemble des droits dans un pays donné. Aussi intéressant que soit ce rapprochement entre droits de l’homme et développement, le rapport ne fait qu’effleurer une question fondamentale qui est au cœur de la transformation sociale souhaitée. Il reconnaît que le fait de mettre l’accent sur les droits de l’homme apporte une dimension morale à la question du développement mais n’explique pas comment la dimension spirituelle et morale de l’activité humaine peut garantir les droits de l’homme et atteindre le développement. Selon les bahá’ís, la civilisation est un processus spirituel qui implique le réveil progressif des capacités morales et créatrices de l’homme. Ils reconnaissent que les droits de l’homme et les nouvelles approches du développement sont au cœur du progrès social et pensent qu’il ne peut y avoir de véritable transformation sociale sans puiser dans les forces morales et spirituelles qui gouvernent la conscience et les actes des hommes. En effet, si on ne met pas l’accent sur le progrès moral, ignoré la plupart du temps par les penseurs et les décideurs, les objectifs de justice sociale et de prospérité, visés par les programmes en faveur des droits de l’homme et du développement, ne seront jamais pleinement atteints. Pour instaurer des modes de vie pacifiques et progressistes, il faut réaménager les règles et dispositions sociales prévues par la société et donc changer le cœur des hommes. La création de communautés fondées sur l’égalité, la coopération, la réciprocité et un altruisme sincère est en définitive une affaire de cœur ; pour changer nos attitudes et nos valeurs fondamentales, nous devons reconnaître que la source des problèmes auxquels nous sommes confrontés est de nature morale et spirituelle. Le progrès social véritable passe par une prise de conscience spirituelle et l’apprentissage de vertus. C’est pourquoi il convient de mettre sur pied des programmes d’éducation morale qui cultivent nos qualités intrinsèques comme la noblesse, la bonté et la beauté. Les bahá’ís croient en outre que l’éducation morale ne consiste pas seulement à montrer des valeurs et des attitudes mais aussi à inculquer des compétences et des méthodes de communication positives. Pour construire le tissu moral de la vie en collectivité, il faut développer une multitude de capacités : apprendre à prendre des décisions dans la transparence, la volonté de dialogue sans exclure quiconque ; poursuivre les mêmes objectifs au sein d’une communauté ; remplacer les rapports de force et de compétition par le respect, la collaboration et le souci de servir les autres ; imprégner les relations sociales d’un sens aigu de la justice ; cultiver l’honnêteté dans l’administration privée et publique. Le caractère pluraliste de la communauté mondiale ne devrait pas empêcher les gouvernements et les organisations internationales d’examiner sérieusement la question du développement moral. Trop longtemps, certains préjugés enracinés, pris à tort pour des valeurs, ont entravé les libertés et ont nuit au progrès social. Le traitement discriminatoire des femmes en est un bon exemple. À l’ère de l’interdépendance entre les habitants de la planète, dit ‘Abdu’l-Bahá, " tout le monde doit être imprégné de vertus et de pouvoirs nouveaux, de règles morales et de capacités nouvelles ". Le système international des droits de l’homme est le fruit d’un processus permanent de dialogue moral entre des nations et des peuples divers. Cette démarche inter-culturelle a progressivement donné naissance à une nouvelle éthique de solidarité humaine et de responsabilité collective. L’approche du développement fondée sur les droits de l’homme en est l’une des dernières manifestations. Il est clair que la quête de justice ne peut pas s’arrêter à ce stade. L’intégration théorique et pratique des programmes en faveur des droits et du développement de l’être humain suggère quelque chose de plus profond : l’émergence d’une véritable " civilisation de caractère " dans laquelle les libertés et la capacité inhérente à chaque être humain pourront enfin se réaliser.
A GENÈVE, LE DÉBAT SUR LA MONDIALISATION A DOMINÉ LA SESSION DE COPENHAGE PLUS CINQ
Genève, 01/06/00
Le thème de la mondialisation a dominé la session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU " Copenhague Plus Cinq ", tenue en juin 2000 pour évaluer les progrès de la lutte contre la pauvreté et de l’intégration sociale depuis le Sommet mondial pour le développement social de 1995. Les déclarations des ministres et le texte du document final reconnaissent que la mondialisation a de bons et de mauvais effets. Un consensus s’est forgé autour du fait que la communauté internationale doit tout mettre en œuvre pour que les bienfaits de la mondialisation et du développement économique soient répartis entre tous les pays et toutes les régions et que ses effets négatifs soient limités. " La mondialisation et les progrès technologiques offrent des possibilités sans précédent pour le développement ", lit-on dans le document final. Dans le même temps, ils représentent de sérieux dangers : krachs financiers, insécurité, pauvreté, exclusion et inégalité au sein des sociétés et entre elles. Des obstacles considérables continuent de s’opposer à l’intégration et à la pleine participation des pays en développement, en particulier les moins avancés ou ceux dont les économies sont en transition. Aussi longtemps que les bienfaits du développement social et économique ne profiteront pas à tous les pays, un nombre croissant de personnes de tous les pays, peut-être même des régions entières, resteront en marge de l’économie mondiale. Le " Sommet mondial pour le développement social et au-delà : le développement social pour tous à l’ère de la mondialisation " s’est tenu au Palais des Nations unies à Genève, du 26 juin au 1er juillet 2000. Plus de 180 pays étaient représentés dont au moins 26 chefs d’Etats et de Gouvernement. Les ONG étaient représentées par plus de 2000 délégués. Outre la mondialisation, d’autres questions délicates ont été abordées telles que les droits de l’homme, l’annulation de la dette, la gouvernance et le système financier international. Alors que la conférence devait se terminer le vendredi, les négociations se sont prolongées le samedi jusqu’à l’aboutissement d’un accord sur le texte final. Dans l’ensemble, le document final maintient ou réaffirme les engagements pris au Sommet social de Copenhague ; la Déclaration et le Plan d’action visent à combattre la pauvreté, le chômage et la fracture sociale grâce à une approche centrée sur l’homme insistant sur la nécessité de renforcer le pouvoir des femmes et des groupes marginalisés et invitant les pays riches à consacrer davantage de ressources aux nécessiteux, tant chez eux qu’à l’étranger. " La Déclaration et le Programme d’action de Copenhague resteront le cadre de base du développement social pour les années à venir. Nous réitérons donc notre détermination à éliminer la pauvreté, promouvoir le plein emploi, encourager l’intégration sociale et créer un environnement propice au développement social ", affirme le document final. Il est dit plus loin dans le document que " le maintien de la paix et de la sécurité à l’intérieur des nations et entre elles, la démocratie, la primauté du droit, la promotion et la protection des libertés et des droits fondamentaux, notamment le droit au développement, une gestion transparente et responsable des affaires publiques, l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect intégral des principes et des droits fondamentaux du travail ainsi que les droits des travailleurs migrants font partie, entre autres, du développement durable centré sur les gens et la société ". Cependant, cette session a apporté des éléments nouveaux en ce sens que des dates butoir ont été fixées pour la réalisation de certains objectifs. Le document final lance un appel pour que d’ici à 2015 le nombre des personnes vivant dans l’extrême pauvreté soit réduit de moitié et que, d’ici à la même date, l’enseignement primaire soit gratuit et universel. Un appel urgent a également été lancé pour effacer la dette des pays en développement. " Nous reconnaissons qu’un service de la dette excessif a sérieusement réduit la capacité de nombreux pays en développement ainsi que des pays en transition de promouvoir le développement social ", souligne le document final. " Nous reconnaissons également les efforts déployés par les pays en développement pour rembourser le service de la dette en dépit du coût social élevé que cela représente. Nous réaffirmons notre volonté de trouver des solutions efficaces, équitables, durables et axées sur le développement pour que les pays en développement puissent rembourser non seulement leur dette extérieure mais aussi le service de la dette. Roberto Bissio, secrétaire de Social Watch, regroupement d’ONG de soixante pays dont le rôle est de veiller à l’application des accords de Copenhague et de Beijing, dit combien il est important de parler de la dette. " C’est complètement nouveau dans ce type de document international et l’on peut penser qu’il s’agit en quelque sorte de légitimer un moratoire. " Les enjeux de la mondialisation ont souvent été le fil conducteur des débats. Les représentants nationaux ont répété sans cesse que les bienfaits de la mondialisation étaient de plus en plus mal répartis, que les pays les plus pauvres restaient toujours loin derrière les pays industrialisés et qu’il fallait renforcer l’aide officielle au développement et les programmes d’allègement de la dette. " Nous constatons à regret que les pays en développement n’ont pas pu partager les bienfaits de la mondialisation comme les pays développés ", dit F. Chitauro, ministre du service public, du travail et des affaires sociales du Zimbabwe. D’autres pays ont reconnu les bienfaits potentiels de la mondialisation. Ce phénomène a également entraîné des transformations étonnantes, dans le bon sens, dit Prasong Rananand, ministre thaïlandais du travail et des affaires sociales. Le moment ne peut être mieux choisi pour aller vers les autres et les convaincre de s’aider mutuellement. Ces mains tendues ne sont pas partisanes et n’affichent aucune préférence pour telle race ou telle couleur. Les dirigeants, la population et la société civile sont tous concernés. Chacun est observé de beaucoup plus près qu’auparavant. La décentralisation ainsi que des systèmes de contrôle améliorés, ont beaucoup contribué à l’instauration d’une forme de gouvernance beaucoup plus transparente et responsable. Plus de 3000 représentants de la société civile se sont retrouvés au Forum des ONG, appelé " Genève 2000 ". Les ONG ont animé plus de 200 ateliers, débats et spectacles à travers lesquels ils ont pu exprimer leurs préoccupations. " Ce qui frappe dans cette réunion de Genève, comme dans d’autres manifestations internationales récentes, c’est la convergence de vues entre les représentants des gouvernements et les membres de la société civile ", dit Matthew Weinberg, représentant de la Communauté internationale bahá’íe. " Presque tous les participants ont reconnu que les problèmes de l’humanité sont interdépendants et ne peuvent être résolus que par la consultation, le respect des libertés fondamentales, l’amélioration de la condition de la femme, l’éducation pour tous et une approche intégrée du développement humain. "
Le Forum a été considéré par certains comme un événement historique. " Je n’ai absolument pas hésité à qualifier cet événement ‘d’historique’ car je ne pense pas qu’un événement de cette nature se soit jamais produit à l’ONU ", dit Miles Stoby, sous-secrétaire général de l’ONU et coordonnateur des préparatifs du Sommet du millénaire. " C’est la première fois qu’un forum mondial de la société civile était organisé pour examiner toutes les questions du monde au siège de la seule organisation qui soit vraiment internationale, l’Organisation des Nations unies. " Le Forum a aussi montré à quel point la mondialisation sera sans doute la question dominante de la nouvelle décennie. D’autres questions se sont greffées sur ce thème dans la Déclaration et la longueur du débat sur les effets positifs et négatifs de la mondialisation montre que la société civile est très partagée sur la question de savoir comment comprendre, caractériser et évaluer le phénomène. " Il convient de définir la mondialisation ", lit-on dès la première ligne de la section de la Déclaration sur la mondialisation. De nombreux participants ont essayé de trouver un consensus sur la mondialisation et la Déclaration finale reconnaît qu’elle apporte certains bienfaits. " La mondialisation et les progrès de la technologie permettent aux gens de mieux communiquer, de partager et d’apprendre les uns des autres. " Il est cependant également souligné que " la mondialisation est un processus de domination économique, politique et culturelle des pays économiquement et militairement forts sur les pays faibles ". Le Forum conclut qu’il faut renforcer et démocratiser l’ONU, en partenariat étroit avec la société civile, pour mieux maîtriser la mondialisation et les problèmes qui en découlent. " La mondialisation devrait profiter à tout le monde et éliminer partout la pauvreté et la faim ; établir la paix ; protéger et promouvoir les droits de l’homme ; protéger l’environnement et établir des règles sociales sur le lieu de travail. Cela n’est possible que si les sociétés transnationales, les institutions financières et commerciales et les gouvernements sont soumis à un contrôle démocratique effectif. Une Organisation des Nations unies renforcée et plus démocratique et une société civile active sont les meilleurs garants de cette responsabilité. "
LES 'PROJETS MONDIAUX' DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE : UNE NOUVELLE TOUR EFFEIL ?
Hanovre, 31/10/00
L’Exposition universelle de la fin du millénaire, l’Expo 2000, tenue à Hanovre au tournant du millénaire, a introduit deux nouveautés importantes dans l’histoire des expositions universelles. Tout d’abord, ce ne sont plus uniquement les nations qui ont présenté leur histoire, leurs particularités et leur vision de l’avenir. En second lieu, pour la première fois de son histoire, l’exposition ne s’est pas tenue dans un seul lieu. Ce que l’on a appelé les " projets mondiaux " a été un élément fondamentalement nouveau. Un jury international a choisi au total 767 projets exemplaires présentés par 124 pays et qui, dans les domaines suivants : l’homme, la santé, l’alimentation, la connaissance, le travail, l’énergie et les besoins fondamentaux de l’homme, remplissaient le mieux les critères suivants :
le développement durable
l’application de solutions pratiques
la prise en compte des besoins futurs
l’exemplarité
des partenariats nouveaux.
Chaque projet a été intégré dans l’exposition. Ainsi, l’Expo 2000 s’est déroulée dans 767 endroits, plus un : Hanovre. Une centaine de ces projets ont été regroupés dans le Pavillon international, 300 autres ont été exposés dans les différents pavillons des nations et dans le parc à thèmes et ont fait l’objet de conférences sur le " dialogue mondial ". Tous les projets ont été présentés sur Internet en anglais, allemand, espagnol et français. Un tel regroupement de projets tournés vers l’avenir, la recherche de solutions aux problèmes et un tel foisonnement d’idées novatrices et concrètes pour le développement durable sont inédits. Et ensuite ? Peut-on croire en quelque chose de durable ? Ou bien, s’agit-il seulement d’un feu de paille qui s’est éteint le 31 octobre 2000 à la clôture de l’exposition ? Ces questions trouvent d’elles-mêmes une réponse à partir du moment où l’on s’interroge sur l’utilité d’une collaboration durable à travers ces projets axés sur des solutions. La mondialisation qui touche actuellement presque tous les domaines de la société, apporte une réponse claire et positive. La société civile, représentée par les ONG, les associations de consommateurs, les communautés religieuses et d’autres organismes non gouvernementaux et sans but lucratif, entre dans une nouvelle phase de développement. Pendant des décennies, elle a été essentiellement l’avocat, ou plutôt la " conscience du monde " au regard des nombreux problèmes écologiques, sociaux et humanitaires qui empêchent l’humanité de se muer en une société mondiale. Aujourd’hui, la société civile devrait avoir son mot à dire dans tous les processus de prise de décision concernant les questions clés de l’avenir de l’humanité. Depuis la conférence de Rio sur l’environnement en 1992, suivie par toute une série de conférences de l’ONU, une transformation, qui s’accélère, s’est peu à peu amorcée : la société civile devient de plus en plus le partenaire à part entière du dialogue mondial entre le monde économique, le monde politique et la société civile. De ce fait, le rôle de la société civile évolue. Elle ne se contente plus de présenter des exigences aux décideurs politiques et économiques ou de faire des propositions pour la formulation de déclarations d’intention ou d’accords, mais on fait de plus en plus, appel à sa compétence pour trouver des solutions. Dans la recherche de solutions efficaces et durables, elle joue un rôle clé. En effet, la politique et l’économie sont encore trop prisonnières, l’une des intérêts nationaux et l’autre d’une réflexion à courte vue. Les acteurs de la société civile mondiale sont beaucoup moins gênés pour formuler des valeurs et des exigences générales. Ils sont aussi plus libres pour formuler des solutions valables pour tous. Comment la société civile peut-elle s’adapter à cette nouvelle situation ? Que doit-elle faire pour faire entendre sa voix dans les forums internationaux, autour des tables rondes internationales tout en faisant preuve d’une compétence aussi solide qu’innovante ? Ce n’est pas par hasard que la société civile se trouve aujourd’hui dans une phase d’internationalisation en ce qui concerne ses efforts, ses échanges de vues et d’expériences et sa collaboration entre les frontières. La mise sur pied d’un réseau de projets mondiaux particulièrement axés sur la recherche de solutions peut être très précieuse. Un tel réseau peut renforcer de façon décisive les processus d’apprentissage au sein de la société civile, tout en lui permettant d’être prise au sérieux dans les réunions internationales où elle se retrouve aux côtés des acteurs de la vie politique et économique. L’humanité se trouve aujourd’hui sur le chemin tracé par Bahá’u’lláh au siècle dernier, alors qu’il parlait de la terre comme d’un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens. Nous sommes encore loin de comprendre ce que cela signifie et comment nous devons créer les conditions de l’unicité de l’humanité. Un réseau de projets de développement durable axés sur des solutions concrètes et menés par des experts peut permettre d’accélérer ce processus d’apprentissage au niveau mondial.
A HANOVRE, UN STAND ATYPIQUE AU SEIN DU PAVILOON INTERNATIONAL
Hanovre, 31/10/00
Le Pavillon international et les nombreux projets mondiaux qui y étaient exposés ont été très appréciés des visiteurs de l’Exposition universelle, communément appelée " Expo 2000 ". Le Süddeutsche Zeitung en parle comme du " pavillon le plus intéressant de toute l’Expo ", affirmant que " tout ce qui y était exposé méritait l’attention ".
Le Pavillon international
Les visiteurs du Pavillon international ont pu avoir accès à un très grand nombre de thèmes : comment assénir les mers très polluées, transformer en objets d’art des objets de la vie quotidienne jetés à la poubelle, former des gens à contribuer à l’aide au développement, faire comprendre aux peuples primitifs menacés de disparition la signification du " développement durable ", démontrer qu’une gestion durable des forêts est bénéfique pour l’homme et pour la nature, etc. " On aurait pu trouver ici des sujets de réflexion pour des mois entiers ", affirme le rédacteur Stefan Lohr. Les qualités particulières de ce pavillon, l’alliance du futurisme et de l’humanisme, ont attiré chaque jour d’avantage de visiteurs, malgré l’absence d’appui massif des médias. La collaboration entre la vingtaine d’ONG qui exposaient dans le Pavillon international n’a pas été étrangère à ce succès. Depuis la Banque mondiale, l’OCDE et le Ministère fédéral de la coopération économique jusqu’au Fonds mondial pour la nature et l’utilisation durable des forêts, en passant par le Barefoot College, Reciclar et la Communauté internationale bahá’íe, l’ensemble des exposants se sont engagées, dès le début à travailler ensemble afin d’offrir la meilleure image possible. A l’initiative de la Communauté internationale bahá’íe, une " Journée du Pavillon international " a été organisée. Face à son immense succès l’opération a été renouvelée. Ainsi est née la collaboration entre tous les exposants du Pavillon international, les participants aux projets mondiaux et leurs organismes de soutien, collaboration qui devrait se poursuivre dans l’avenir.
250 bénévoles au stand bahá’í
Contrairement à la majorité des autres exposants, la Communauté internationale bahá’íe ne disposait quasiment pas d’équipe permanente. Au total, environ 250 bénévoles de 40 pays ont participé à la préparation et au bon déroulement de l’Expo. Tous se sont dit très fiers d’avoir pu, grâce à cette expérience, être partie prenante de l’Exposition universelle, exposition dont ils ont été des ambassadeurs convaincants.
Une présentation discrète
La présentation générale du stand était très discrète. L’élément central était constitué d’un demi-cercle de cinq pétales de fleurs géants lumineux se reflétant au milieu d’un bassin d’un bleu foncé étincelant. Plusieurs sièges situés entre les pétales et le bassin et disposés en cercle, permettaient aux visiteurs de se reposer et de réfléchir. Entre ce lieu de réflexion, au centre du stand, et les cloisons sur lesquelles étaient présentés les projets et leur philosophie, les visiteurs pouvaient flâner au sein d’un grand espace. Les quelques informations présentées sur les panneaux ont suscité peu de réactions de la part des visiteurs qui pouvaient s’informer sur les dépliants mis à leur disposition. Leurs questions ont d’avantage porté sur les principes spirituels sur lesquels reposent les projets entrepris par la Communauté internationale bahá’íe. C’est ainsi que ce qui ne devait être présenté que de manière accessoire est devenu le cheval de bataille du stand : il a fallu réimprimer les cartes postales représentant des portraits et des citations telles que " La terre n’est qu’un pays et tous les hommes en sont les citoyens " ou " Considère l’homme comme une mine de pierres précieuses d’une valeur inestimable ". Au cours de l’une des conférences sur les projets mondiaux, où la discussion était un peu trop animée, un participant s’est levé et a lu la citation figurant sur l’une des cartes postales : " Consultez-vous, et dans toutes vos délibérations, n’ayez souci que de ce qui est profitable à l’humanité et de nature à améliorer sa condition ".
Vote en faveur d’une instruction civique mondiale
Les visiteurs étaient également invités à soumettre leurs idées et leurs propositions. Beaucoup l’ont fait et ont rempli les cartes-réponses préparées pour " Le livre de l’humanité ". Ils avaient quatre questions au choix :
Comment donner les mêmes chances de développement aux femmes et aux hommes ?
Si toutes les écoles du monde apprenaient à leurs élèves à devenir citoyens du monde, quel devrait être le contenu et la forme de cet enseignement ?
Comment imaginez-vous une plus grande participation de tous les hommes aux décisions importantes sur l’avenir de l’humanité ?
Quelles valeurs éthiques vous paraissent-elles être particulièrement importantes pour la construction d’un avenir plus humain ?
C’est la deuxième question qui a suscité le plus d’intérêt. Tous ceux qui se sont exprimés sur ce sujet ont expressément approuvé la proposition d’apprendre aux élèves à devenir citoyens du monde. Ils ont soumis de nombreuses idées créatives aux concepteurs potentiels de ces programmes d’enseignement. Les réponses seront publiées et mises à la disposition des décideurs.
Programme culturel et séminaire
La Communauté internationale bahá’íe a massivement participé aux séminaires tenus dans la salle de conférences du Pavillon international ainsi qu’au programme culturel. Plus de 40 artistes, venus d’une vingtaine de pays ont contribué au programme culturel. Les deux ateliers de danse " Diversity Dance Theater " et " Steps to World Peace " , dansant sur des thèmes tels que la drogue, la pauvreté ou l’unité dans la diversité, ont exercé sur le public une force d’attraction exceptionnelle. La chanteuse ghanéenne bahá’íe, Ranzie Mensah a également été invitée à monter sur scène. Kevin Locke, membre de la tribu Sioux, a déclenché l’enthousiasme du public avec ses danses symboliques réalisées à l’aide de cerceaux. Huit séminaires ont permis à Haleh et Gustavo Correa d’expliquer les principes de la première Ecole nationale du développement, la Fondation FUNDAEC, qualifiée par le jury de l’Expo de " meilleur projet pédagogique au monde ". Eloy Anello, professeur à l’université bolivienne Nur, a présenté quelques principes éthiques du développement durable. Kambiz Poostchi a fait un exposé sur les principes bahá’ís de la prise de décision consensuelle. Kevin Locke a parlé de ses expériences relatives au rôle des peuples autochtones dans la société mondiale émergente. Geraldine Robarts a montré qu’une formation artistique pouvait s’avérer très utile dans le domaine du développement. Leyli Miller-Baschir a parlé de sa campagne contre les mutilations génitales des femmes, qui a connu un succès mondial. Enfin, dans le cadre de la " Journée du Pavillon international ", Shamil Fattakhov a présenté un " Stop-and-Act Show " au cours duquel le public est invité à résoudre un conflit mis en scène par des amateurs.
Que restera-t-il de l’Expo 2000 ?
La Communauté internationale bahá’íe a pu, grâce à l’Exposition universelle, présenter des projets concrets ainsi que les principes spirituels qui guident son action. Que restera-t-il de l’exposition en dehors des intentions ? L’exemple des autres projets mondiaux qui étaient présentés, ainsi que les nombreux contacts qui ont été noués avec des instituts de développement seront développés dans la nouvelle fondation " One World Bahá’í Foundation ", qui a été créee au cours de l’été 2000. Il serait cependant souhaitable de mettre sur pied un réseau de projets mondiaux permettant d’échanger et de partager le savoir-faire pratique de tous les projets d’environnement et de développement, ainsi que cela a été envisagé lors de l’Expo.
LES CONSTRUCTIONS SUR LA ‘SAINTE MONTAGNE DE DIEU’ DONNENT UNE VISION DE PAIX ET DE BEAUTÉ POUR TOUTE L’HUMANITÉ
Haifa, Israel, 30/11/00
La plupart des personnes qui vont bientôt rendre visite aux jardins et terraces qui sont sur le point d’être terminés et qui s’étendent sur presque un kilomètre du Mont Carmel, ne remarqueront probablement pas la nature des pierres sur lesquelles sont baties les fontaines. Le fait que la couleur des pierres de cette série de fontaines en cascade reflète avec une similitude presque parfaite le beige des sculptures sur les ornements environnants démontre l’extrême attention portée aux moindres détails dans la réalisation d’un projet qui selon certaines opinions est destiné à devenir une des merveilles les plus visitées du monde moderne. Le contour de ces pierres est un ovoïde presque parfait et leurs dimensions sont à peine plus grandes que celles d’un cœur humain – formes qui s’harmonisent encore avec le style et le symbole de ce projet, une succession de 19 jardins et terraces majestueuses qui ont littéralement transformé le versant nord de ce qui est reconnu depuis des temps anciens comme la ‘Montagne du Seigneur’. Cela a pris huit mois pour trouver ces pierres, recherche qui s’est déroulée dans trois pays différents pour finalement attérrir sur une plage lointaine de l’île de Chypre. " Je voulais des pierres qui aient la même couleur et les mêmes caractéristiques que les autres éléments de ce projet " précise Fariborz Sahba, l’architecte du projet. " Ceci est un exemple de choses simples qui peuvent faire la différence. " Pourtant, l’attention à ce type de détails n’est qu’un signe parmi d’autres indiquant l’importance phénoménale accordée à ce projet par les Bahá'ís du monde, qui ont, dans un esprit de sacrifice, contribué quelques 250 millions de dollars au cours des 10 dernières années. Ces terraces et jardins, dont les cérémonies d’ouverture officielle sont prévues pour le mois de mai 2001, sont un don offert aux peuples du monde, pour méditer sur le standard bahá'í de beauté, de paix et d’harmonie. Ceux qui ont déjà eu un aperçu de ces constructions disent qu’elles feront partie, sans aucun doute, de ces grands monuments à caractère spirituel construits au cours de l’histoire de l’humanité. " Il suffit d’observer les jardins [du Mont Carmel] pour partir dans un merveilleux voyage spirituel " selon Martin Palmer, auteur de plusieurs livres de religions comparées, dont le plus récent s’ititule ‘Jardins Sacrés’. " Les Bahá'ís ont littérallement construit un panorama sur ce que signifie comprendre la Foi Bahá'íe à la fois dans son cadre historique et dans son message spirituel. "
Ces constructions, désignées par le terme générique des ‘Projets du Mont Carmel’, n’incluent pas seulement l’édification de ces 19 terraces et jardins sur le Mont Carmel – terraces qui entourent le Tombeau du Báb, le lieu le plus saint au monde pour les bahá'ís après le Tombeau de Bahá'u'lláh – mais aussi l’érection de deux majestueux édifices administratifs, également placés sur le Mont Carmel. Ces deux bâtiments, appelés le Centre d’Etude des Textes et le Centre International d’enseignement, ont été construits non loin des Archives Internationales qui abritent des reliques, des écrits et des artefacts associés à la vie des figures centrales de la Foi Bahá'íe, et du Siège de la Maison Universelle de Justice, l’institution suprême de la Foi Bahá'íe. Pour les Bahá'ís, la construction des Projets du Mont Carmel représentent un rêve centenaire, afin de mettre en place un centre spirituel et administratif, à la hauteur de la beauté des enseignements bahá'ís, et qui représentera de manière adéquate la Foi en tant que religion mondiale indépendante, actuellement la plus répandue géographiquement dans le monde après le Christianisme. Selon Albert Lincoln, Secrértaire Général de la Communauté Internationale Bahá'íe, " L’architecture est un langage et ces projets sont porteurs d’un message. En tant que communauté mondiale, nous croyions être les porteurs d’un très important message. Et ces jardins et nouveaux édifices offrent durable un témoignage quant à l’importance de ce message – qui, dans son expression la plus essentielle, affirme que Dieu a envoyé une nouvelle Révélation dont l’objet est d’adresser les problèmes de notre âge moderne et d’amener l’humanité à une nouvelle ère de paix et de justice. " Les constructions du Mont Carmel offrent sans aucun doute au monde entier un aperçu de la nature de la scoiété pour laquelle les bahá'ís oeuvrent, exprimant à travers le mélange harmonieux des styles architecturaux et floraux le principe de l’unité dans la diversité, soulignant par sa beauté la suprématie des valeurs spirituelles sur la matériel, et, de part l’invitation offerte à tous et à toutes, elles touchent tous les peuples et toutes les cultures.
L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES EXPRIME SON INQUIÉTUDE À PROPOS DU TRAITEMENT DES BAHA’IS EN IRAN
Nations-Unies, 06/12/00
Pour la 15è fois en 16 ans, l’Assemblée Générale des Nations Unies a exprimé son inquiétude à propos de la violation des Droits de l’homme en Iran, spécifiant une fois de plus le "caractère sans répit de la persécution" contre la communauté baha'ie, la plus grande minorité religieuse de ce pays, et lançant un appel pour son entière libération. Dans une résolution passée le 4 décembre 2000, l’Assemblée a appelé l’Iran " à éradiquer toutes formes de discrimination sur des fondements religieux ou contre des personnes appartenant à des minorités religieuses " et a décidé de continuer encore une année son investigation sur la situation des droits de l’homme. Approuvée à l’issue d’un vote avec 67 voix pour et 54 voix contre, et 46 abstentions, la résolution suivie d’une diffusion d’un rapport des Nations Unies mentionne que 11 membres de la communauté baha’ie d’Iran sont actuellement condamnés à mort à cause de leur croyance religieuse et que la communauté dans son ensemble continue à subir la discrimination dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, du voyage, du logement et des activités culturelles. Ce rapport, publié le 8 septembre 2000 par Maurice Copithorne, le Représentant Spécial de la Commission des Droits de l’homme dans la République Islamique d’Iran, affirme qu’il y a eu récemment des rapports sur " des situations de discrimination et de persécution " contre les Baha’is, ainsi que des "actes d’intimidation pour empêcher les Baha'is de participer à des réunions religieuses ou des activités éducatives ". Dans sa résolution, l’assemblée exprime son inquiétude car l’Iran a manqué à son devoir " de se soumettre entièrement aux standards internationaux dans l’application des procédures judiciaires, l’absence des garanties du processus de loi dans les formes, et le non-respect des protections légales reconnues internationalement … vis-à-vis des personnes appartenant à des minorités religieuses." "Nous sommes ravis que la commission suprême des Nations Unies - l’Assemblée Générale des Nations Unies - a une fois de plus pris note de la persécution continue de nos coreligionnaires en Iran," a dit Techeste Ahderom, représentant principal de la Communauté Internationale Baha’ie aux Nations Unies. "Tout comme les Nations Unies, nous restons très inquiets pour les violations des Droits de l’homme dirigées contre les Baha'is d’Iran par le Gouvernement de la République Islamique de l’Iran," a dit M. Ahderom. "Comme nous l’avons mentionné plusieurs fois, la communauté baha’ie d’Iran est entièrement non partisane dans sa nature et ne pose aucune menace pour le Gouvernement. Les Baha'is d’Iran souhaitent uniquement pouvoir pratiquer pleinement leur religion, en accord avec les nombreux accords internationaux sur les Droits de l’homme auxquels adhère l’Iran. ". Depuis 1979, lorsque la République Islamique d’Iran a été formée, plus de 200 Baha'is ont été tués ou exécutés, des centaines ont été emprisonnées, des milliers privés de leur emploi, d’éducation ou de leur propriété.
LE PROGRAMME DE LA JOURNÉE DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES S’EST CONCENTRÉ SUR LA PROCHAINE CONFÉRENCE MONDIALE CONTRE LE RACISME.
Nations-Unies, 15/12/00
A travers une vidéoconférence regroupant neuf villes différentes, la commémoration de la Journée des Droits de l’homme a eu lieu le 7 décembre. Elle s’est concentrée sur les préparatifs de la conférence mondiale contre le racisme qui se tiendra l’an prochain, avec des conférenciers soulignant la nature universelle du racisme et de l’intolérance et la nécessité de trouver de nouvelles approches qui faciliteront l’acceptation de la diversité humaine.
Les conférenciers comprenaient Mary Robinson, haut-commissaire des Droits de l’homme auprès des Nations Unies ; Jyoti Singh, coordinateur exécutif de la conférence mondiale des Nations Unies contre le racisme ; Techeste Ahderon, président de la commission des ONGs (organisations non-gouvernementales) des Droits de l’homme et représentant de la Communauté Internationale Baha’ie aux Nations unies, et Pitso Montwedi, conseiller auprès de la Mission permanente d’Afrique du sud aux Nations unies.
" Mon message principal pour la conférence mondiale est que nous sommes tous une famille humaine, sans considération de race, de couleur, de descendance, d’origine ethnique ou sociale, et que cela fait trop longtemps que la diversité est considérée comme une menace plutôt qu’un cadeau " a dit Mme Robinson, qui parlait de Santiago (Chili) où elle prenait part à une réunion préparatoire régionale pour la prochaine conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, prévue à Durban (Afrique du sud) du 31 août au 7 septembre 2001.
" Il est temps pour nous d’affiner notre compréhension et de permettre à la diversité humaine de devenir une source d’enrichissement et de bénéfice mutuels " continua Mme Robinson qui est également secrétaire général de la conférence sur le racisme. " Je crois, donc, qu’il est nécessaire de mettre en place une approche constructive, positive, et tournée vers l’avenir pour cette conférence mondiale contre le racisme, la première à être organisée par les Nations unies après la guerre froide et après l’apartheid. "
Pitso Montwedi de l’Afrique du sud a parlé également de Santiago, exprimant son espoir pour la conférence de l’an prochain et pour l’efficacité du document, qui sera reconnu comme la déclaration et la plate-forme d’action de Durban.
" Nous, hôtes de la conférence mondiale, croyons que le racisme est un problème universel" dit M. Montwedi. " Nous aimerions voir la plus grande participation possible des gouvernements, des ONGs et de la société civile parce que tous sont concernés. "
M. Ahderon, parlant de New York, présenta l’opinion des Organisations non-gouvernementales (ONGs) concernant la prochaine conférence mondiale. " Les ONGs adressent le cœur des problèmes qui seront présentés à la conférence " dit M. Ahderon, spécifiant que les ONGs ont été intensément mêlées dans les réunions préparatoires pour la conférence. " Il y a un effort à faire pour passer de la simple présentation des problèmes vers la mise en œuvre véritable des solutions. "
" Le racisme est un adversaire têtu avec des racines qui vont au plus profond du psyché humain " ajouta M. Ahderon. " Le racisme est très tenace parce qu’il n’est pas enfermé dans ses manifestations politiques. Il est endurant parce qu’il prend place dans les cœurs et les esprits des individus. "
La vidéoconférence réunit les participants de Bogota, Chicago, Genève, Mexico, New York, Rome, San Francisco, Santiago et Vienne. Elle a également permis aux participants de ces villes et à toute personne connectée à internet de poser des questions et de se joindre à la discussion.
Dans cette discussion, les participants ont exprimé un intérêt sur une large palette de problèmes liés au racisme et à l’intolérance, de l’exploitation des peuples indigènes, des travailleurs émigrants, des malades mentaux et des réfugiés aux groupes spécifiques tels que les Dalits de l’Inde.
Renata Bloom, une participante de Genève demanda, par exemple, " Comment allons-nous passer de la simple présentation des problèmes à une conviction approfondie qui considère la diversité comme un cadeau ? "
Répondant à cette question, Mary Robinson dit qu’il est nécessaire d’enseigner l’acceptation de la diversité et s’étendit sur le besoin d’une éducation dès l’école primaire. " Le racisme est un système de valeurs qui est inculqué" dit-elle. Les écoles devraient être concernées en parrainant des concours d’essai et autres compétitions afin d’engendrer une plus grande tolérance et appréciation des différences culturelles et ethniques.
" Les haines raciales sont les fruits de l’ignorance " ajouta M. Ahderon. " En l’absence de valeurs spirituelles, les gens ont besoin d’élever un groupe au-dessus d’un autre. "
Comme Mme Robinson, M. Ahderon a appelé pour une campagne d’éducation de longue portée pour endiguer l’intolérance raciale et a dit que les ONGs et la société civile devraient être au premier rang d’un tel effort, continuant à construire sur la " magnifique harmonie " qu’elles ont déjà accomplie à certains égards.
L’agenda provisoire de la conférence mondiale contre le racisme comprend cinq thèmes : Les sources, causes, formes et manifestations contemporaines du racisme, de la discrimination raciale et de l’intolérance ; Les victimes du racisme, de la discrimination raciale et de l’intolérance ; Les mesures de prévention, l’éducation et la protection visant l’extirpation du racisme, de la discrimination raciale et de l’intolérance aux niveaux national, régional et international ; Les dispositions nécessaires à des remèdes, des recours, des redressements efficaces et autres mesures aux niveaux national, régional et international ; Les stratégies pour accomplir l’égalité complète et efficace, comprenant la coopération internationale et le renchérissement des Nations unies et autres mécanismes internationaux en combattant le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie.
LES PARTICIPANTS A UN DIALOGUE INTER RELIGIEUX RENCONTRENT LE ROI DE NORVEGE
Oslo, Norvège, 18/12/00
Les participants d’un projet national de dialogue inter religieux ont rencontré en privé le Roi Harald V de Norvège le 11 décembre 2000 afin de lui présenter les résultats d’un projet d’une année et ont parlé de leurs engagements pour l’extension et la généralisation du dialogue dans le futur. L’année dernière, le Roi fut l’invité d’honneur au lancement du projet de dialogue inter religieux, tenu à l’université d’Aula avec le professeur Hans Kung et l’évêque d’Oslo, M. Gunnar Stalsett, comme principaux conférenciers. Six groupes de dialogues sur les sujets de la liberté religieuse, la vie familiale, la cohabitation, sexualité et égalité, les problèmes environnementaux, la violence et la non-violence, et, religion et valeurs éducatives, furent formés durant cet événement et ont continué à se rencontrer tout au long de l’année. " L’intérêt personnel montré par sa majesté dans le dialogue inter religieux fut profondément apprécié par tous les participants et à donné du poids au projet. " a dit Mme Strandlie Thoresen, qui représentait la Foi Bahá'íe à cette réunion. "Au cours de l’année, depuis que nous avons lancé ces activités, nous avons formé des liens de camaraderie et de compréhension entre les différentes communautés religieuses de Norvège, ce qui nous l’espérons contribuera à une atmosphère d’accueil de la diversité dans un pays de plus en plus multi-culturel. " Le projet de dialogue inter religieux fut sponsorisé par la commission norvégienne pour les valeurs humaines et le conseil pour la coopération entre les religions et les communautés de vies, une des principales organisations inter religieuses Norvégienne. Selon un communiqué de presse du gouvernement, la commission pour les valeurs humaines fut nommée en janvier 1998 avec un mandat de 3 ans pour "contribuer à généraliser la mobilisation pour les valeurs humaines et socio-éthiques ", pour "mettre en valeur les points communs positifs et resserrer les responsabilités pour l’environnement et la communauté ", et pour "travailler contre l’indifférence et promouvoir les responsabilités personnelles, la participation et la démocratie ". Les représentants qui ont rencontré le Roi furent : M. Dag Hareide, membre de la commission pour les valeurs humaines et principal instigateur du projet ; M. Egil Lothe, dirigeant de l’organisation Bouddhiste norvégienne ; M. Inge Eidsvag, Membre du bureau de la commission des valeurs humaines ; Mme Nazim Riaz du conseil islamique de Norvège ; Révérend Ornulf Steen de l’église norvégienne ; Mme Barbro Sveen, coordinatrice du conseil pour la coopération des religions et des communautés de vies ; et Mme Thoresen, membre de l’Assemblée Spirituelle Nationale des Baha’is de Norvège. La demi-heure de rencontre avec le Roi se fit dans le château Royal à Oslo. M. Hareide donna une vue d’ensemble du travail des 6 groupes de dialogue durant l’année depuis son ouverture à l’université d’Aula. " Ceci amène à généraliser la conversation au sujet de l’importance du dialogue inter religieux, ses possibilités et ses limites, et son importance comme pas en avant vers le retrait des préjudices, vers le respect mutuel et une profonde tolérance, menant vers la fin à un processus de construction de paix. " ajouta Mme Thoresen. " Sa majesté nous parla de sa scolarité et de sa préparation pour sa confirmation religieuse et dit qu’il lui fut donné une connaissance générale des autres religions depuis début 1953. Il trouva cela très valable, dit-il, car la Norvège est maintenant un pays multi-culturel et multi-religieux et qu’il représente tous les habitants de Norvège, le Roi statua sur l’importance de l’écoute entre chacun et de ne pas utiliser le projet de dialogue comme plate-forme pour la persistance dans chacun de ses propres points de vues. " Puisque le mandat de la commission pour les valeurs humaines expire à la fin de décembre 2000, le conseil de coopération entre les religions et les communautés de vies prendra le relais dans la tâche de poursuivre les dialogues.
UN NOUVEAU LIVRE DES PRESSES UNIVERSITAIRES DU MARYLAND EXPLORE LES POINTS DE VUES BAHA’IS SUR LE GOUVERNEMENT ET LA GLOBALISATION
Bethesda, USA, 24/12/00
Un nouveau livre des presses universitaires du Maryland dû au sociologue Nader Saiedi examine les fondements philosophiques et théologiques des concepts d’ordre mondial et de gouvernement trouvé dans les Ecrits de Bahá'u'lláh.
Dans "Logos et Civilisation : Esprit, Histoire et Ordre dans les Ecrits de Bahá'u'lláh", le Dr Saiedi prouve que les Ecrits de Bahá'u'lláh, malgré la grande diversité de leurs styles et de leurs sujets, sont animés par le but commun d’établir l’unité de l’humanité dans toutes les sphères qu’elles soient spirituelles, éthiques, légales ou sociales.
"Il y a eu une tendance parmi les savants de percevoir les Ecrits de Bahá'u'lláh comme un phénomène chaotique avec des contradictions internes et sans aucune unité" précise le Dr Saiedi au cours d’une interview récente. "Le livre est structuré de manière à montrer l’harmonie globale des Ecrits de Bahá'u'lláh qui furent révélés en, grossièrement, trois étapes, adressées d’abord aux mystiques, ensuite aux dirigeants divins et religieux et finalement aux rois et aux législateurs de Ses jours. Il employa différents langages - la langue des mystiques, la langue des vrais chercheurs et la langue des législateurs – mais, à tous ces niveaux, le but qui L’anime est le même".
Il y a plus de cent ans, Bahá'u'lláh écrivait au sujet de l’apparition d’un ordre social nouveau à dimensions internationales: " L’équilibre du monde a été bouleversé par l’influence vibrante de ce plus grand et nouvel ordre mondial" Il écrivait : "La vie ordonnée de l’humanité a été révolutionnée par l’entremise de ce Système unique et merveilleux – dont les yeux mortels n’ont jamais été témoins".
Le Dr Saiedi examine la conception de Bahá'u'lláh concernant les trois composantes de l’expression "nouvel ordre mondial " démontrant qu’elles correspondent aux trois étapes par lesquelles Bahá'u'lláh a révélé ses principales oeuvres.
"Les premiers travaux éthiques et mystiques de Bahá'u'lláh englobent sa conception des conditions nécessaires à l’ordre" affirme le Dr Saiedi. "Le terme ‘nouveau’ reflète la conscience historique trouvée dans ses travaux plus tardifs d’herméneutique et de théologie. La caractéristique fondamentale de la "nouveauté" de notre âge réside dans la nature globale du défi auquel l’humanité doit faire face. D’autre part, le terme ‘mondial’ définit la position de base de Bahá'u'lláh vis-à-vis de l’histoire et de la société actuelle et correspond à la phase finale de Sa révélation quand il révélait ses lois de conduite personnelle et sociale." Le Dr Saiedi discute les prémisses philosophiques du concept de globalisation insistant sur la différence qualitative entre la philosophie politique du Moyen-Orient et de l’Occident et montrant qu’elle représente une nouvelle conception de la société civile et de l’Etat.
"La solution de tout problème de notre époque doit être globale " écrit le Dr Saiedi. "Prenez pour exemple la question de citoyenneté. Cela a été largement ignoré dans les discussions sur la justice sociale, qui se sont centrées sur les questions de race, de classe ou de genre. Alors qu’aujourd’hui, notre citoyenneté nationale est un des plus grands déterminants de notre accès à la justice sociale. L’accident de la naissance détermine notre possibilité d’accès à ce qui nous revient de droit et perpétue un système d’inégalités globales."
Les premiers chapitres du livre développent l’arrière plan du Soufisme islamique des premiers travaux mystiques de Bahá'u'lláh et explorent la structure des traités mystiques de Bahá'u'lláh, Les Quatre Vallées et Les Sept Vallées qui décrivent les étapes du voyage spirituel de l’âme humaine. Les chapitres suivants discutent du Kitáb-í-Iqán (Le Livre de la Certitude), le travail principal d’herméneutique de Bahá'u'lláh et du Kitab-i-Badi (Le Livre le Plus Merveilleux) qui réaffirme les principes fondamentaux du Kitáb-í-Iqán et est largement inconnu des lecteurs occidentaux. Les derniers chapitres examinent la structure et les principes constitutifs du Kitáb-í-Aqdas (Le Plus Saint Livre) considérée comme la charte ou le livre de lois pour une civilisation mondiale.
Le Dr Saiedi est diplômé d’économie de l’Université Pahlavi à Shiraz, Iran et de sociologie de l’Université du Wisconsin.
HOMMAGE DE LONDRES A AMATU’L-BAHA RUHIYYIH KHANUM POUR SA CONTRIBUTION A LA CONSERVATION DE LA NATURE ET AUX ARTS.
LONDRES, Royaume-Uni, 15/06/01
Feu Madame Rúhíyyih Rabbání, dignitaireinternationale bien connue de la Foi bahá'íe, a reçu là un hommagele 15 Mai 2001. Dans l’assistance quelques 150 personnalités étaient présentes, dont Son Altesse le Prince Philip, duc d’Édimbourg.
Organisé par Les Arts pour la Nature, association fondée il y a 13 ans qui vise à attirer les artistes et les acteurs vers l’avant-garde environnementale, l’hommagea été rendu à la maison du Canada à Trafalgar Square. C'était une soirée de musique et de théâtre, pour la plupart produite spécialement pour cette occasion, et utilisant les écrits de Madame Rabbání.
"Nous pouvons être convaincus académiquement et intellectuellement que la conservation de la nature est importante, mais ce qui est aussi important c’est que nous soyons impliqués émotionnellementdans ce but" a dit le Prince Philip dans une allocution improvisée à la fin de la soirée. "Madame Rabbánía apporté une énorme contribution afin d’accroître la conscience dans ce domaine, et cela a été une merveilleuse expérience et une splendide soirée".
Auteur, scénariste et conférencière, qui s'est occupée d'environnement et de peuples indigènes, Rúhíyyih Rabbání est morte le 19 Janvier 2000. Elle était aussi Main de la Cause, la plus haute position occupée par un individu dans la Foi bahá'íe, et ajoué un rôle important dans la promotion de l’unité et l’intégration de la communauté bahá'íeà travers les années.
La soirée d’hommage, dans une largemesure organisée par la duchesse d’Abercorn présidente des Arts pour la Nature, a commencépar un dîner et la visite d’une partie de la collection privée de tableaux de paysage du Prince Philip, en particulier le travail sur la vie sauvage d’artistes canadiens. De plus, des dessins architecturaux de William Sutherland Maxwell, architecte canadiennotoire et père de Madame Rabbání ont été exposés.
Le principal événement de la soirée était une représentation théâtrale intitulée "Une si noble vie ", inspirée de la vie de Rúhíyyih Khánum. Écrite par l’écrivain et actrice Beverley Evans canadienne de naissance et dirigée par Annabel Knight, la pièce montrait quatre aspects majeurs de la vie de Khánum et de son caractère et les personnifiait par quatre actrices racontant son histoire en utilisant des mots puisés dans les conférences et les écrits de Rúhíyyih Khánum elle-même.
Les actrices Maria Freidman, Beverley Evans, Sarah Clive et Kerry-Ann Smith transmettaientavec une force et une émotion extraordinairesl’étendue de la réussite de Madame Rabbání . Il y a eu de profonds moments d’émotion dont la scène décrivant les funérailles de Shoghi Effendi quanddes centaines de pétales de roses pleuvaient sur la scène. Tout au contraire, ses grands voyages à travers le monde étaient décrits avec esprit et verve, tandis qu’une liste de sesanimaux de compagniepréférés causait un grand amusement.
Les actrices étaient aidées par quatre autres femmes venant du Botswana, de Macao, de Bolivie et d’Iran tissant une tapisserie florale durant le déroulement de l'histoire, métaphore de la tapisserie riche et variée qu'a été la vie de Madame Rabbání.
D’autres points forts incluaient une représentation musicale composée par William Lovelady, inspirée des paroles d’un poème de Rúhíyyih Khánum, "Ceci est la foi". La soirée s'est terminée par la diffusion d’un enregistrement de sa propre voix, parlant durant une réunion à Belfast, où elle disait à l’auditoire à quel point elle détestait dire au revoir.
Madame Rabbání, a dit la Duchesse d’Abercorn à l’auditoire , a laissé un monde meilleur que celui dans lequel elle est arrivée, nous enjoignanttous à contribuer, comme Madame Rabbání, de notre "propre fil " à la tapisserie de la vie. "J’espère que chacun ici prendra son propre fil de créativité et de qualité d’esprit et de cœur et l’apporteradans chaque aspect de sa vie, car c’est de cela que le monde a désespérément besoin " a-t-elle dit.
Violette Nakhjavání qui accompagnait Ruhiyyih Khánum durant ses voyages et a récemment écrit un livre sur sa vie était présente parmi les invités. "Je trouve que cela a été très bien fait " a dit Madame Nakhjaváníau sujet de la pièce narrative. "J'ai été très surprise par la réaction chaleureusedes spectateurs aux détails personnels de la vie de Rúhíyyih Khánum et je pense qu'elle aurait approuvé la présentation des idées bahá'íes d’une façon aussi audacieuse".
Née Marie Maxwell à New York en 1910, Madame Rabbání était la veuve de Shoghi Effendi qui a dirigéla Foi bahá'íe de 1921 à 1957. En cela elle était le dernier lien avec la famille d’Abdu’l-Bahá, qui a dirigéla Foi de 1892 à 1921 et qui était l'aîné des fils du fondateur de la Foi, Bahá’u’lláh.
Dans son rôle de Main de la Cause, Madame Rabbání a intensivement voyagé, visitant 185 pays et territoires afin d’encourager le développement spirituel et moral des communautés bahá'íes. Elle a aussi recherché tout au long de sa vie à promouvoir la conservation de l'environnement. Elle a été par exemple un des membres fondateurs de L’Alliance des Religions pour la Conservation de la nature, une importante organisation inter-religieusequi encourage l’implication de groupes religieux dans les efforts de conservation de la nature.
Madame Rabbánía aussi encouragéla première manifestation des Arts pour la Nature tenue le 26 Octobre 1988 à Syon House à Londres. Elle a prononcé, au côté du Prince Philip, l'allocution- programmede cette manifestation, organiséepar le Fond Mondial pour la Nature (G-B) et la Communauté Internationale Bahá'íe.
Diana Jervis-Read, attaché culturel du Canada, a dit que la commissionétait ravie d’accueillirla soirée à la maison du Canada,d'autant plus que Madame Rabbání avait grandi au Canada.
Chaque invité a reçu une brochure produite pour la soirée par Peter Maguire et George Ballentyne de UK Bahá'í Publishing, ainsi qu’une compilation spéciale illustrée de l’anthologie appelée "Terre Sacrée"et une copie du livre de Madame Rabbání "Prescriptions pour vivre".
Les fonds recueillis ont été versés au festival de Mendelsohn on Mull et au Canada Arts Trust. "Il y a de nombreuses soirées de charité qui peuvent être ennuyeuses, mais celle-ci était complètement différente." a dit Miria Crawley, co-président de la soirée, qui a aussi écrit aussi une chanson en l'honneur de Madame Rabbání. "Certaines des personnes ici ce soir connaissaient personnellement Madame Rabbání, d’autres avaient seulement connaissance de son travail extraordinaire,et d'autres gens dans l’assistance entendaient parler d’elle pour la première fois ce soir."
"La pièce incitait vraiment à la réflexion et captait la personnalité de Madame Rabbání, qui était quelqu’un dont le travail a fait du monde un endroit meilleur, et je pense que chacun de ceux qui sont venus ce soir sont repartis avec quelque chose de très particulier ".
( Compte-rendu de Corinne Podger et Rob Weinberg.)
LA COMMUNAUTE BAHA’IE D'OUGANDA CELEBRE SON 50EME ANNIVERSAIRE.
Kampala, Ouganda, 05/08/01
Début Août la communauté bahá’ie ougandaise commémorait le 50ème anniversaire de sa fondation par toute une semaine de célébrationdébutant par les battements joyeux des tam-tams africains et la présentation d’une allocution du Président ougandais Yoweri Kaguta Museveni.
La communauté bahá’íe ougandaise a été établie le 2 Août 1951 par 1’arrivéeen Ouganda d’un petit groupe de Bahá’ís de Grande-Bretagne et d’Iran dans l’intention d’enseigner la Foi bahá’íe à la population.
Les principes d’unité et de progrès social de la Foi ont vite trouvé créance auprès des habitants de chacune des régions du pays et de la plupart des principales tribus. Deux ans plus tard, la communauté comptait presque 300 membres dans quelques 25 localités représentant 20 tribus.
Aujourd’hui, la Foi bahá’íe compte environ 105 000 membres en Ouganda, organisés en quelques 200 conseils locaux, dans plus de 2800 localités. Ses membres représentent virtuellement chaque tribu et chaque origine religieuse.
"Vous trouverez des Bahá’ís dans toutes les régions du pays, dans les régions de l’ouest, du nord, de l’est, du sud et du centre de l’Ouganda, " disait George Olinga, directeur des affaires extérieures de la communauté bahá’íe ougandaise. "Et vous pourrez clairement voir que toute la diversité de l’Ouganda se retrouve dans notre communauté et dans nos activités. "
Le message principal de l’allocution du Président Museveni, lue le 2 Août 2001 par le capitaine Michaël Mukula Ministre d’État à la Santé, devant une foule de quelques 2000 personnes dans la Maison d’Adoration de Kampala, était de louer la Foi pour son effort à promouvoir l’harmonie et le développement dans un pays si souvent divisé par le tribalisme.
"En Ouganda nous nous battons continuellement contre le sectarisme, ethnique et religieux, et notre politique s’est définie et polarisée sur ces grandes ligneserronées pendant très longtemps. " écrivait le président Museveni, expliquant que son gouvernement visait à "rassembler tous les gens sans distinction de foi, de race, de couleur ou d’ethnie. "
"Nous sommes en train de faire ce que vous, dans la Foi bahá’íe, avez commencé depuis longtemps. " déclarait le président Museveni, "Votre message est très utile et peut grandement contribuer à la construction d’une nation. "
L’allocution du président Museveni continuait en soulignant la nécessité de combattre les démons de la corruption et la nécessité de réduire la pauvreté – buts que, disait-il, lui et son gouvernement partagent avec la communauté bahá’íe.
Le président Museveni ajoutait que son gouvernement prend l’engagement d’établir l’égalité entre les femmes et les hommes. "Je fais appel aux membres de la Foi bahá’íe, pour qui l’égalité des droits et des opportunités entre les femmes et les hommes est un acte de foi et un principe fondamental, pour qu’ils se joignent à notre croisade pour l’habilitation (empowerment) des femmes. " déclarait le président Museveni.
Autres moments forts de cette semaine de célébration débutée le 31 Juillet à Kampala et terminéele 5 Août à Tilling, dans le district de Kumi, à l'est de l'Ouganda, la présence de quatre des six membres fondateursde la communauté, celle de plusieurs officielsdu gouvernement ougandais et la large couverture par les médias.
Parmi les membres fondateurs de la communauté, citons la présence de M. Ali Nahhjaváni, actuellement membre de la Maison Universelle de Justice, l'organe international dirigeant la Foi bahá'íe. Il a parlé, à plusieurs reprises au cours decette semaine, sur le thème de "La destinée spirituelle de l'Afrique".
Devant quelques 2500 personnes à Tilling, le 5 Août, par exemple, M. Nakhjaváni a rappelé qu'à son arrivée en Ouganda en 1951, la Foi était comme "des gouttes d'eau ici et là. "Maintenant les Bahá’ís sont comme un lac " a ajouté M. Nakhjaváni "Mais ils doivent transformer ce lac en océan. " Il a ajouté que les Africains – et toute l’humanité – ont une seule origine et que nous devrions nous regarder comme une seule famille " dans le monde.
Philip Hainsworth, un autre des six fondateurs, de retour pourla célébration, a dit comment la jeune communauté bahá’íe d’Ouganda était devenue un important noyau pour la propagation et l’expansion de la Foi dans les pays voisins dans les années 1950 et 1960, en hébergeant diverses conférences internationales et, en 1957, avec les débuts de la construction de la première Maison d’Adoration bahá’íe sur le continent africain. Terminée en 1961, la Maison d’Adoration bahá’íe ougandaise aux neuf côtés est maintenant un endroit bien connu à Kampala.
Ces dernières années , la communauté bahá’íe ougandaise a parrainé de nombreux projets de développement socio-économique. La Foi fait fonctionner deux écoles primaires, à Odusai dans le district de Pallisa et à Tilling dans le district de Kumi. Avec environ 1000 élèves et une solide réputation d'excellence, l’école de Tilling est maintenant considérée comme la meilleure école du District.
Dans les années 90, dans quelques 30 villages des districts de Kumi et Sorotti dans l’est de l’Ouganda, l’Institut Bahá’í d’Ouganda pour le Développement a entrepris un projet afin de former et d'assister les travailleurs de santé de communautés locales volontaires, dont l’efficacité à améliorer la santé de base et le système sanitaire de la région a été remarquée par plusieurs organisations extérieures.
Une organisation non-gouvernementale d’inspiration bahá’íe a également commencé un projet d’alphabétisation dans la région nord-est de l’Ouganda, où le taux d’alphabétisation est très bas. Concentré autour de la ville de Pachwach dans le district de Nebbi, le projet s’occupe d’environ 200 personnes dans quelques six communautés.
Les officiels du gouvernement présents aux évènements du jubilé ont fait l’éloge de la contribution de la communauté bahá’íe au développement du pays. Lors de la cérémonie d’ouverture le 31 Juillet, l’Honorable Zoe Bakoko Bakoru, Ministre du Genre, du Travail et du Développement Social, était l'orateur vedette. Mme Bakoko Bakoru a loué les Bahá’ís pour leur unité et pour leur soutien de l’égalité des droits pour les femmes. Elle a vivement conseillé à la communauté bahá’íe de travailler plus dur pour répandre de tels enseignements et d’entreprendre plus de projets de développement. La Ministre était aussi présente le 5 Août lors de la cérémonie de clôture à Tilling.
A l’un des événements du jubilé le 3 Août au centre bahá’í de Bweyeyo, dans le district de Luwero, l’invité d’honneur était Edward Masiga, commissaire principal du district pour Luwero. La communauté locale bahá’íe y dirige une école communautaire de 40 élèves. M. Masiga a conseillé aux bahá’ís de répandre leurs principes "agressivement ", ajoutant qu’il espérait qu’ils entreprendraient plus de projets de développement comme l’école.
Au moins trois stations de télévision ( CTV, UTV et WBS) ont présenté des reportages de deux à trois minutes pendant leurs nouvelles télévisées du soir. Les journaux gouvernementaux"The New Vision " et " Etop " ont publié des articles avec des photos en couleurs des évènements du jubilé. Les journaux " Monitor " et " Sunrise " et plusieurs stations radio ont également couvert le jubilé.
Comme la plupart des Ougandais, la communauté bahá’íe a souffert dans les années70 sous le régime de répressif de Idi Amin. La Foi, ainsi que de nombreux autres groupes religieux a été interdite en 1977. Cependant, après l'éviction d'Amin en 1979, la Foi a été légalement reconstituée et, après une période d’instabilité politique, la communauté a repris son expansion.
"La période de 1977 à 1981 a été une période de grandes difficultés pour la communauté ougandaise en général, et il existe de nombreuses histoires d' exploits et de sacrifices de Bahá’ís pendant cette période, " a dit John Anglin, secrétaire de l’Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís d’Ouganda, l' instance dirigeante nationale bahá’íe. "Mais les années 90 ont été une période de reconstruction de notre capacité et de notre force antérieures. "
"Maintenant, dans les dix prochaines années, nous espérons voir une croissance régulière aussi bien en nombre qu'en capacité et en maturité, " a continué M. Anglin, "Le succès des évènements du jubilé est un des signes de cette capacité et de cette bonne volonté nouvelles à agir. "
DECLARATION DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE BAHA’IE A LA CONFERENCE MONDIALE CONTRE LE RACISME.
DURBAN, Afrique du Sud, 25/08/01
La Communauté Internationale Bahá'íe a préparé la déclaration suivante pour la Conférence mondiale des Nations Unies contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, prévue à Durban en Afrique du Sud du 31 août au 7 septembre 2001 :
Le racisme trouve son origine non dans la peau mais dans l’esprit humain. Les remèdes aux préjugés raciaux, à la xénophobie et à l’intolérance doivent, par conséquent,s’adresser d’abordet principalement à ces illusions mentales qui, pendant des milliers d’années, ont donné naissance à des conceptions fausses de supériorité et d’infériorité parmi les populations humaines.
À la racine de toute forme de discrimination et d’intolérance se trouve l’idée que l’humanité est composée, d’une certaine manière, de races, de castes oude peuples distincts et séparés et que ces sous-groupes possèdent, de naissance, des capacités intellectuelles, morales et/ou physiques variées qui, à leur tour, justifient différentes formes de traitements.
La réalité est qu’il n'y a qu'une race humaine. Nous sommes un seul peuple, habitants de la planète Terre, une famille humaine dont les membres sont liés par une destinée commune, une seule entité créée d'une même substance et sensée agir comme une seule âme.
La reconnaissance d’une telle réalité est l’antidote au racisme, à la xénophobie et à l’intolérance soustoutes leurs formes. Cette idée devrait être le principe conducteur des discussions, délibérations et décisions ultimes de la Conférence mondiale contre le racisme.
La compréhension correcte de ce fait peut conduire l’humanité à dépasser, non seulement, le racisme, les préjugés raciaux et ethniques et la xénophobie mais aussi au-delà, les notions intermédiaires de tolérance ou de multiculturalisme, pierres angulaires de la construction si longtemps espérée d’un monde pacifique, juste et uni, mais concepts insuffisants pour permettre l’éradication de fléaux aussi profondément enracinés que le racisme et ce qui l'accompagne.
Le principe de l’unité de l’humanité touche une corde sensible au plus profond de l’esprit humain. Ce n’est pas une autre manière de plus de parler de l’idéal de fraternitéou de solidarité. Ni un espoir vague ou un slogan. Cela reflète, plutôt, une réalité éternelle, spirituelle, morale et physique, , quiapparaît au centre des préoccupations d’une humanité devenue collectivement adulte en ce XXe siècle. Son émergence est, aujourd’hui, plus visible parce que, pour la première fois dans l’histoire, tous les peuples de la terre ont la possibilité de percevoir leur interdépendance et de devenir conscients de leur globalité.
Les sciences confirment l’idée de l’unité humaine. L’anthropologie, la physiologie, la psychologie, la sociologie et, plus récemment, la génétique, en décodant le génome humain, démontrent qu’il n’y a qu’une seule espèce humaine et une infinie variété d’aspects secondaires de la vie. Les grandes religions mondiales, pareillement, soutiennent ce principe, même si leurs fidèles se sont, à un moment, égarés dans des notions fallacieuses de supériorité. Les Fondateurs des grandes religions ont tous promis le règne de la paix, de la justice et l’unité de l’humanité.
La réalisation contemporaine de l’unité collective de l’humanité apparaît après un processus historique par lequel les individus se sont fondus en de plus grandes unités. Ayant traversé les stades du clan, de la tribu, de la ville-état, de la nation, l’inévitable pas suivantpour l’humanité,n’est rien moins que la création d’une civilisation globale. Dans cette nouvelle civilisation globale, gens et peuples sont les parties composantes d’un seul grand organisme qui est la civilisation humaine elle-même. Comme l’a déclaré Bahá’u’lláh il y a plus de cent ans, " La terre est un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens ". De plus, comme Bahá’u’lláh l’explique dans les Écrits bahá'ís, l’unité de l’humanité "implique un changement organique dans la structure de la société actuelle, un changement tel que le monde n’en a pas encore connu… Il n'appelle àrien moins qu’à la reconstruction et à la démilitarisation du monde civilisé, monde organiquement unifié dans tous les aspects importants de sa vie, politique, aspirations spirituelles, commerce et finances, écriture et langue et, pourtant, infiniment diversifié dans les caractéristiques nationales de ses unités fédérales.
En analysant les sujets de la Conférence mondiale contre le racisme, on se rend compte que le thème de l’unité de l’humanité sous-tend un grand nombre d'implications de ces sujets.
Cela implique que les lois, traditions ou constructions mentales qui autorisent des droits supérieurs ou des privilèges à un groupe humain vis-à-vis d’un autre ne sont pas seulement moralement fausses mais fondamentalement opposées aux intérêts de ceux-là mêmesqui se considèrent comme supérieurs. Cela implique que les états-nations, éléments de construction d’une civilisation globale, doivent établir des règles communes de droits et prendre une part active à l’élimination dans leurs lois, traditions et pratiques, de toute forme de discrimination basée sur la race, la nationalité ou l’origine ethnique.
Cela implique que la justice doit être le principe régulant l’organisation sociale, principe qui fait appel à des mesures largement répandues de la part des gouvernements, de leurs agences et de la société civile à l'égard de l'injustice économique à tous les niveaux. Les Écrits bahá'ís font appel à la fois au don volontaire et aux mesures gouvernementales telles que "l'égalisation et la distribution" des excès de richesse, afin que les grandes disparités entre riches et pauvres soient éliminées. Les Écrits bahá'ís prescrivent également des mesures spécifiques telles que le partage des profits et l’équilibre entre le travail et le service, qui favorisent la prospérité économique générale de toutes les classes.
Des questions comme la xénophobie en relation avec les problèmes contemporains des diasporas minoritaires, l’application inégale des lois civiques et la réinsertion des réfugiés peuvent être, ainsi, mieux abordées à la lumière de l’unité de l’humanité et duconcept de citoyenneté mondiale. ainsi que l’indique Bahá’u’lláh,
De plus, le principe de l’unité de l’humanité réduit à néant toute tentative de distinguer, dans le monde contemporain, des races ou des peuples séparés. Alors que l’héritage racial, national et/ou ethnique peut être considéré comme une source de fierté voire même comme la toile de fond d’un développement social positif, cela ne devraient pas être à l'origine de nouvelles formes de séparation ou de supériorité, peut être encore plus subtiles.
Pendant des années, en accord avec les Nations Unies, la Communauté Internationale Bahá'íe a soutenu ou initié des actions spécifiques en faveur de l’unité de l’humanité et de la lutte contre le racisme telles que:
? La promotion sur une large échelle de campagnes éducatives internationales enseignant l’unité organique de l’humanité, réclamant des Nations Unies elles-mêmes qu'elles facilitent un tel effort en impliquant les gouvernements locaux ou nationaux aussi bien que les organisations non-gouvernementales.
? L’adhésion aux instruments internationaux et leur ratificationinstruments qui représentent la conscience collective de l’humanité et peuvent aider des régimes légauxcompréhensifs à combattre le racisme et la discrimination raciale, comme la Convention Internationale pour l'élimination de toute forme de discrimination raciale.
? La promotion mondiale d'une éducation des droits de l'homme dans le but de créer une culture des droits de l'homme.
La communauté internationale bahá'íe a aussi parrainé ou participé à des activités dont le but était l’éradication du racisme et de la discrimination raciale. Œuvrant principalement à travers ses 182 organisations nationales, la Communauté a, par exemple, parrainé de nombreuses rencontres publiques, des conférences, des programmes éducatifs, des articles de journaux, des programmes radiophoniques et des expositions cherchant spécifiquement à combattre le racisme.
De plus, comptant sur l’esprit créatif de la base, les Bahá'ís, dans de nombreux pays, ont établi des Comités d’Unité Raciale composés de membres d’origine multiraciale qui ont développé des programmes visant à combattre les préjugés raciaux et à créer, dans leurs communautés locales,des liens de respect mutuel entre les peuples de races différentes. Ces comités ont aidé les Bahá'ís à se défairede leurs propres préjugés raciauxde même qu'ils ont contribué à l’élimination des préjugés raciaux dans la société en collaborant avec des responsables gouvernementaux, éducatifs ou religieux. Les communautés bahá'íes à travers le monde ont, tout spécialement, parrainé de nombreux ateliers pour les jeunes qui servent la cause de l’unité raciale, participé à des milliers de journées publiques pour la paix, lancé des campagnes télévisuelles afin de promouvoir l’harmonie raciale, encouragé le dialogue sur l’unité raciale et collaboré à différentes commissions nationales combattant le racisme.
Ceux qui cherchent à mieux comprendre la mise en pratique de l’unité de l’humanité pourraient utilement examiner l’expérience de la Communauté Internationale Bahá'íe elle-même qui offre un modèle, en perpétuelle transformation, de vie harmonieuse et unifiée entre individus très divers. Avec plus de 5 millions d’adhérents, la communauté bahá'íe mondiale est composée d’individus venant de tous les horizons. Plus de 2.100 groupes raciaux et tribaux y sont représentés de même que, virtuellement, des individus de chaque nationalité, héritage religieux et classe sociale.
Malgré cette grande diversité, qui reflète celle de la population mondiale, la communauté mondiale bahá'íe est un des ensembles de peuples les plus unifiés de la planète. Ce sens de l’unité va au-delà d'une théologie partagée. Les individus de ces différents héritages se marient entre eux, ce qu'encouragent les enseignements bahá'ís et/ou travaillent ensemble dans des communautés, servant au niveau local ou national, dans les instances dirigeantes. Un examen attentif de la communauté mondiale bahá'íe révèlerait un ensemble de peuples très étendus et cependant singulièrement impliqués dans la création consciente d’une culture mondiale, dont le but est l’établissement de la paix, de la justice et d'un développement soutenu, n’élevant aucun groupe au-dessus de l'autre.
Les Bahá'ís pensent que leur propre succès dans la construction d'une communauté unifiée découle simplement des enseignements spirituels de Bahá’u’lláh qui a longuement écrit sur l’importance et la réalité de l’unité et sur le besoin impératif de créer une civilisation mondiale pacifique. Il y a plus de cent ans, Il a écrit les phrases suivantes comme fondation à la Foi bahá'íe. :
" Ô enfants des hommes ! Ne savez vous pas pourquoi Nous vous avons tous créés de la même poussière? C'est pour que nul ne s'élève au-dessus des autres. Méditez sans cesse sur la manière dont vous fûtes créés. Puisque Nous vous avons tous faits d’une même substance, il vous incombe d'être comme une seule âme, allant d'un même pas, mangeant d’une même bouche et habitant la même terre afin que, du tréfonds de vous-mêmes. par vos actes et par vos œuvres, les signes de l’unité et l’essence du détachement puissent se manifester... " Bahá’u’lláh, Les paroles cachées.
PLUS DE 54.000 PERSONNES ONT VISITE LES TERRASSES BAHA’IES DU MONT CARMEL DEPUIS LEUR OUVERTURE EN JUIN.
HAIFA, Israël, 28/08/01
Plus de 54.000 personnes ont fait des visites guidées pré-réservées des terrasses de jardins en cascade qui entourent le tombeau du Báb sur le Mont Carmel depuis leur ouverture en juin, ceci indiquant que ce site deviendra probablement bientôt l’une des plus grandes attractions touristiques d’Israël.
De plus, des milliers d’autres personnes ont visité les trois sections des jardins ouvertes pour diminuer le nombre de visiteurs. En tout, 400.000 entrées ont été enregistrées depuis le 4 juin 2001, date officielle d’ouverture des terrasses au public, et à ce rythme, le nombre d’entrées par an va atteindre plus d’un million et demi.
"On peut remarquer que ce nombre important de visiteurs arrive à un moment où le tourisme en Israël a chuté de 30% au cours des six derniers mois. Au contraire, à Haïfa, nous avons enregistré seulement 8% de baisse", affirme Moshe Tsur, directeur général de l’office du tourisme de Haïfa. "Il n’y a aucun doute sur le fait que les jardins bahá’ís ont joué un grand rôle dans la sauvegarde de l’industrie touristique de Haïfa".
La majorité des visiteurs sont des Israéliens venant de divers endroits du pays. "95% du tourisme est familial", selon Mr Tsur. "Le nombre de visiteurs par jour a triplé depuis l"ouverture des jardins. De nombreux touristes descendent dans des hôtels locaux avec un forfait incluant une visite des jardins."
L’entrée des jardins et les visites guidées sont gratuites, mais Mr. Tsur estime que les autres dépenses, telles que la nourriture, les rafraîchissements et les transports, ont contribué par millions de dollars à l’économie locale depuis l’ouverture des jardins.
L’effet de cette vitalité économique est particulièrement visible le soir, après la fermeture des jardins, lorsque les terrasses et le tombeau sont illuminés. Le long de l’avenue Ben Gourion, qui s’étend en ligne droite de la base des terrasses au port de Haïfa, les cafés et restaurants des promenades des deux côtés de l’avenue sont maintenant remplis, même les soirs de milieu de semaine, alors qu’il y a juste quelques mois, l’endroit était très calme après le coucher du soleil. Les terrasses illuminées s’élèvent au-dessus de l’avenue qui traverse la colonie historique des Templiers allemands. L’ensemble du voisinage, incluant les maisons aux tuiles rouges alignées, construites par les colons allemands à la fin du 19ème siècle, a été récemment restauré par la ville de Haïfa.
L’office du tourisme de Haïfa se trouve dans l’une de ces maisons. C’est là que les visites guidées des terrasses sont enregistrées. Cinq opérateurs téléphoniques travaillent à plein temps pour prendre les appels sur les lignes de réservation des visites.
"Les lignes sont continuellement occupées et les gens se plaignent qu'on ne réponde pas à leur appel", dit Mr.Tsur. " La demande de visites ne diminue pas. Plus de 70.000 personnes sont enregistrées pour les mois à venir et décembre est presque complet".
Deux visites différentes sont proposées: la première part de la plus élevée des neuf terrasses, de la crête de la montagne, et descend jusqu’au tombeau, situé à mi-chemin de la pente; la seconde visite part du tombeau et descend le long des neuf terrasses jusqu’à l’entrée principale sur l’avenue Ben Gourion. Il y a en tout 19 terrasses qui s’étendent sur un kilomètre du pied du Mont Carmel au sommet.
Les terrasses et deux bâtiments administratifs adjacents ont été récemment terminés, après 10 ans de travaux, pour un coût de 250 millions de dollars de dons volontaires de la communauté mondiale bahá’íe qui compte cinq millions de croyants. Les terrasses ont été construites principalement dans le but de constituer pour les pèlerins bahá’ís un chemin d’approche au tombeau du Báb, second lieu le plus saint pour les Bahá’ís. Les terrasses offrent également un symbole de paix et d’espoir au monde entier, et les visites guidées apportent le message suivant: l’harmonie et la coexistence sont possible.
Par groupe de 40 à 50 personnes, les touristes sont conduits par des guides israéliens recrutés et formés par le centre Beit Hagefen, centre culturel juif-arabe connu à Haïfa pour ses programmes de promotion de la coexistence entre les groupes ethniques de la ville. De nombreux guides sont étudiants et présentent une grande diversité d’origine: chrétiens, druzes, juifs, musulmans, émigrants russes et autres.
Hila Naftali est étudiante à l’université de Haïfa. Elle a répondu à une annonce affichée à l’université en mars dernier pour devenir guide des terrasses. Elle guide maintenant près de quatre visites par jour. Pendant une pause, elle explique qu’elle croit que la camaraderie développée entre les guides de différentes origines est l’un des effets cachés des terrasses.
"J’ai en fait l’opportunité de parler avec de nombreuses personnes que je ne pourrais pas rencontrer autrement", dit-elle. "L’un de mes amis maintenant est un autre guide, un druze du Golan. Nous avons atteint un niveau de compréhension complètement différent, basé sur l’amitié plutôt que sur la politique".
"Haïfa est un lieu spécial et unique en Israël. Les gens connaissent cette ville pour la coexistence des Juifs et des Arabes, mais aussi des Chrétiens, des Druzes et des Bahá’ís", affirme M.Zorea. "Les visiteurs peuvent voir nos guides travailler ensemble, et ils le font remarquer".
"Israël est un pays difficile. Les gens sont stressés et nerveux à cause des évènements", dit-il. "Nos guides sont les premières personnes qu’ils rencontrent lorsqu’ils entrent dans les jardins, et lentement, nous essayons de leur montrer une perspective différente, en leur donnant un aperçu de la vision bahá’íe du monde et d’une certaine façon, nous les éduquons sur le fait que le monde peut être meilleur."
Environ 35 guides ont été recrutés et ont participé à une session de formation intensive de trois jours. Le programme de formation, qui sera répété périodiquement pour les nouveaux guides recrutés, inclut des sessions avec l’architecte des terrasses, Fariborz Sahba, et le gardien des lieux saints bahá’ís, Jamshid Ardjomandi.
Madame Naftali affirme avoir été profondément touchée pendant la formation, et tous les guides partagent l’idée que ce qu’ils font est beaucoup plus qu’un travail.
" Lorsque M. Ardjomandi a décrit la signification de ces lieux saints, et lorsqu’il nous a parlé du dialogue de Bahá’u’lláh avec la montagne (dans la Tablette du Carmel) cela a été si fort que j’ai réalisé que c’est une mission. J’ai commencé à m’intéresser plus, à faire plus. Les jardins touchent l' âme des gens".
Deux des visites qu’elle a guidées lui sont particulièrement restées en tête: un groupe d’adultes retardés et un groupe de jeunes soldats partant pour leur service à Gaza.
"Je devais parler à un niveau différent pour les adultes retardés, et cela a été une joie, probablement parce qu’ils ont ressenti les choses plus profondément, de façon plus vraie. Les soldats, qui devaient avoir entre 18 et 20 ans, sont arrivés en plaisantant et en se défiant les uns les autres de faire la course jusqu’en bas. Mais après avoir marché une minute dans les jardins, il se sont calmés et ont été prêts à écouter".
Les visites guidées donnent à de nombreux Israéliens leur premier aperçu d’une communauté religieuse qui est restée remarquablement discrète durant un long siècle de présence sur le Mont Carmel. Depuis que le fondateur de la Foi bahá’íe a été emprisonné dans la ville voisine d’Akka en 1868, par les Turcs Ottomans, , la communauté a observé la politique stricte de ne pas chercher ou accepter de convertis en Terre Sainte, une politique restée en vigueur jusqu’à aujourd’hui. Il en résulte que les seuls Bahá’ís vivant en Israël font partie du personnel du Centre mondial bahá’í, quelques 800 croyants venant de plus de 75 pays pour offrir une période temporaire de service volontaire.
Récemment, un après-midi, on a pu voir sur le pont qui surplombe la rue Hatzionut et qui relie les terrasses supérieures au tombeau, un groupe de visiteurs descendant de la montagne et un autre groupe approchant du pont depuis la porte latérale pour commencer la visite des terrasses inférieures. Les visites des terrasses supérieures et inférieures se croisent sur ce large pont tapissé d’un jardin, qui surplombe l’une des rues les plus fréquentées d’Haïfa. Plus de 20 visites, chacune durant de 45 minutes à une heure, commencent ou finissent ici chaque jour.
L’une des visiteurs faisant une pause sur le pont avec des membres de sa famille, Lynn Taubkin, réside à Haïfa depuis 22 ans.
"Les jardins représentent une contribution merveilleuse à la ville", dit-t-elle "Si je devais parler au nom des habitants de Haïfa, je dirais que je n’ai entendu que des remarques positives sur les jardins. Et on les apprécie encore plus sachant que tout cela est basé sur des contributions volontaires et du travail bénévole.
"Il y a ici de la beauté faite d'harmonie, d'équilibre et de symétrie - et une composante spirituelle que même ceux d’entre nous qui n’appartiennent pas à cette religion peuvent saisir", dit-elle. "Les jardins ont un caractère propre qui semble personnifier la religion."
Orit de Kadima, également en visite, convient que ce qu’elle a entendu sur la Foi bahá’íe renforce l’impression donnée par les jardins.
"L’impression de symétrie, d’ordre et de simplicité, évoque la présentation de la Foi bahá’íe. Le principe d'harmonie et d'unité est très prononcé dans les jardins. C’est beau et très inspirant", dit-elle.
Reuven Gover, l’un des guides touristiques, a observé que les visiteurs remarquent souvent combien les jardins sont bien entretenus. "Ils voient les jeunes Bahá’ís du monde entier entretenir bénévolement les jardins, ils voient leur dévouement et leur sens du détail. C’est un exemple merveilleux pour les Israéliens de voir quelque chose d'aussi merveilleusement préservé et surveillé", dit-il.
Un autre guide, Yoha Devir, a rassemblé son groupe autour de lui sur le pont, et parle dans un petit micro portable attaché à sa ceinture. Il indique les imposants bâtiments en marbre, à gauche des terrasses, et décrit leur fonction de centre administratif international d'une religion mondiale. Levant les yeux vers les terrasses, il montre les trois zones distinctes des jardins: l’axe central dessiné, entouré de chaque côté par des jardins naturels et des parterres résistants à la sécheresse, qui finissent par se fondre dans le milieu naturellement boisé de la montagne; puis décrit les techniques de pointeutilisées pour la conservation de l’eau dans les jardins.
M. Devir, étudiant en génie électrique de l’université Technion de Haïfa, conduit ainsi le groupe du côté du tombeau du Báb, dans un endroit ombragé, où il explique l’histoire du Báb - sa déclaration d’une nouvelle révélation de Dieu, au milieu du 19ème siècle en Iran, l’impact dramatique de sa déclaration sur la société perse, son exécution par un peloton d’exécution en 1850, et comment sa dépouille fût cachée par ses disciples pendant près de 60 ans jusqu’à ce qu’elle soit apportée au mausolée pour y être enterrée, sur les pentes du Mont Carmel. Il parle de Bahá’u’lláh, le messager promis prédit par le Báb, arrivé en Terre Sainte en 1868 comme prisonnier des autorités ottomanes, qui a indiqué l’endroit précis ou les restes du Báb devaient être enterrés, et qui a choisi le Mont Carmel comme futur centre de sa Foi.
Le groupe continue de descendre dans les jardins naturels jusqu’à l’escalier central des terrasses situées juste au-dessous du tombeau. Ils font à nouveau une pause sur le pont de la rue Abbas, quatre terrasses au-dessus du pied de la montagne. Là, M. Devir expose les principes fondamentaux de la Foi bahá’íe, ses activités internationales, et l’importance de la promotion de l’unité du genre humain et de l’élimination de toutes les formes de préjugés.
Les visiteurs, particulièrement les jeunes gens, posent de nombreuses questions: "Comment coupent-on l’herbe sur ces pentes abruptes? Combien cela coûte-t-il d’entretenir les jardins? A quels autres jardins dans le monde ceux-ci peuvent ils être comparés? Qui est enterré dans le tombeau? Pourquoi est-ce en Israël? Quelle est la signification des symboles calligraphiques sur le tombeau?"
L’une des visiteurs, Susan Soto de Karmi’el, un village situé à 45 minutes au nord de Haïfa, dit qu’elle est venue à une visite guidée car elle a vu les jardins à la télévision. "Ces jardins sont devenus célèbres. Ils sont beaux et très impressionnants. Les Bahá’ís croient en de bonnes choses. Ils croient en un seul Dieu, à la paix. C’est bien pour tout le monde", dit-elle.
Une autre visiteur, Inbal Shabtai, est venue avec ses parents de Ashdod, à environ deux heures et demi en voiture de Haïfa. "C’est charmant", dit-elle. "Tout ce qui attire les yeux attire le coeur. C’est très attrayant. Voici une religion qui accepte l’égalité des hommes et des femmes. Ces croyances sont bien pour la vie moderne."
Lorsque le groupe termine la visite des jardins, quatre couples de jeunes mariés prennent leurs photos de mariage et des vidéos sur la place entourant la fontaine, à la base des terrasses, une pratique devenue très commune pour les jeunes mariés de Haïfa.
DES BAHA’IS PARTICIPENT A UN DIALOGUE INTER-RELIGIEUX SUR LA FOI ET L'ECOLOGIE.
CINCINNATI, États-Unis, 06/09/01
Début septembre à l’Université Xavier, lors d’une conférence inter-religieuse sur la religion et l’écologie, le point de vue bahá’í concernant l’environnement a été présenté. Ceci reflète l’implication croissante des Bahá’ís dans le dialogue inter-religieux et la consultation concernant des questionssociales importantes.
Ce Symposium sur la Religion et l’Écologie qui s’est tenu ces 5 et 6 septembre, était le premier colloquedu Centre Brueggeman pour le Dialogue Inter-religieux, inauguré l’année dernière.
Le programme comportait la présentation des perspectives chrétienne, bouddhiste, hindoue, juive et amérindienne sur l’environnement et leurs relations avec la foi religieuse
Le Dr Roxanne Lalonde, assistante au Département des Sciences de la Terre et de l’Atmosphère de l’Université d’Alberta à Edmonton, Canada et M. Peter Adriance, assurant la liaison entre les ONG et l’Assemblée SpirituelleNationale, Bureau des Affaires Extérieures à Washington, ont présenté la perspective bahá’íe.
Le Dr Lalonde a exposé les principes spirituels sous-tendant l’approche bahá’íe de l’environnement alors que M. Adriance a montré les efforts réalisés par les Bahá’ís au niveau international afin de faire avancer ces principes.
Dans sa présentation, le Dr Lalonde a fait remarquer que les Écrits Bahá’ís envisagent la nature comme un reflet du divin et voient toute vie inter-reliée et interdépendante. Les enseignements bahá’ís insistent sur les principes de modération, d’humilité et de respect de l’équilibre écologique.
"Lavision bahá’íe d’une civilisation qui couvre des milliers d’années implique une profonde responsabilité des êtres humains vis-à-vis de la protection de la création de Dieu " a expliqué le Dr Lalonde, ajoutant qu’une vision planétaire est essentielle dans la mise en place de cette protection.
Elle a souligné que, dans les enseignements bahá’ís, le principe de l’unité de la famille humaine et son acceptation par toute l’humanité est clairement la condition préalable d’un développement durable et elle a cité la phrase de Bahá’u’lláh : " L’unité de l’humanité est la condition préalable à l’instauration de son bien-être, de sa paix et de sa sécurité. "
L’intervention de M. Adriance s’est focalisée sur trois cas où les Bahá’ís s’efforcent de faire progresser de tels principes spirituels : l’implication des Bahá’ís dans le Sommet de la Terre de ’92, la contribution bahá’íe au développement de la Charte de la Terre et l’application des mesures de conservation dans les jardins et les terrasses bahá’íes sur le Mont Carmel.
" Lors de la préparation du Sommet de la Terre, la Communauté Internationale Bahá’íe a présentéde nombreuses propositions officielles se basant sur ces principes spirituels et elle a initié des projets qui appliquent ces principes d’une manière ou d’une autre." a dit M. Adriance se référant à la Conférence sur l’Environnement et le Développement des Nations Unies qui s’est tenue à Rio de Janeiro en 1992.
Les projets parrainés par la Communauté Internationale Bahá’íe au Sommet de la Terre comprenaient un symposium sur la qualité de l’encadrement nécessaire à une civilisation durable, un livre de créationset d’essais sur le futur par des enfants, un monument dédié à la Paix et, dans le cadre du Forum Mondial de ’92 qui s’est tenue pendant le Sommet., une série d’événements culturels ayant l’unité pour objet ainsi qu’une rencontre avec des ONG.
M. Adriance a également rappelé que des représentants bahá’ís ont contribué au développement de la Charte de la Terre – proposition de règles éthiques pour une vie durable sur terre et produit attendu du Sommet de ’92.
" Le contenu déterminant de la Charte de la Terre a évolué pendant 10 ans de consultations " a précisé M. Adriance. " Pendant la durée de ce processus, les principes de consultation ont permis de créer l’unité parmi les divers participants. Lorsque la version final de la Charte de la Terre a été publiée, début 2000, elle reflétait de nombreux principes importants pour lesBahá’ís. "
La position des Bahá’ís concernant la Charte a également été clarifiée par M. Adriance. " N’adhérant pas officiellement à la Charte de la Terre, la Communauté Internationale Bahá’íe considère les efforts réalisés pour sa rédaction et les activités qui soutiennent ses objectifs principaux, hautement recommandables et continuera à participer à ces activitéstelles que conférences, forums et autres."
La dernière partie de l’exposé de M. Adriance concernait les jardins et terrasses récemment terminés à Haïfa, en Israël. Au-delà des mesures pratiques entourant le développement des jardins et terrasses – tels qu’économie d’eau, méthodes biologiques de plantation, réduction des pesticides et herbicides et principes éducatifs que cela implique – M. Adriance a mis l’accent sur le rôle spirituel des jardins, qui préparentpèlerins et visiteurs à la visite des lieux sacrés bahá’ís.
Sa présentation, illustrée de photos, a montré les résultats unanimement loués du projet. Les auditeurs ont été enthousiasmés par la manière dont les jardins reflètent un équilibre dynamique entre les exigences pratiques et les valeurs spirituelles.
De la part de l’Assemblée Spirituelle Nationale, M. Adriance a présenté au Frère Joseph Bracken, directeur du Centre Brueggeman, un livre de photos des nouveaux jardins en terrasses publié par l’Office du Tourisme de Haïfa.
La participation bahá’íe à ce symposium a été rendue possible grâce aux efforts de Faramarz Samadany, membre de la communauté bahá’íe de Cincinnati et administrateur du Centre Brueggeman. En 1999, lors de l’inauguration du Centre, plus de 8.000 personnes ont participé à une rencontre sur la paix,. Un groupe de jeunes bahá’ís y a présenté une danse sur le thème de l’unité des religions.
Le centre Brueggeman a reçu son nom d’un membre de la faculté Xavier connu pour son rôle dans la promotion de la compréhension entre Catholiques, Protestants, Musulmans et Juifs. " En permettant à divers groupes de se rencontrer, le Centre bénéficie d’un éventail de points de vues concernant les solutions à apporter aux défis humains et environnementaux auxquels l’humanité doit faire face " a fait remarquer le Frère Bracken.
Ces dernières années, la Communauté InternationaleBahá’íe a participé à de nombreuses rencontres inter-religieuses portant sur des questions sociales, depuis le Sommet des Religions et de la Protection de la Nature qui s’est tenu, en 1995, au château de Windsor en Grande-Bretagne jusqu’au Développement du Dialogue entre Religions Universelles, parrainé par la Banque mondiale.
LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE BAHA’IE REPOND AUX ATTAQUES TERRORISTES AUX USA PAR DES PRIERES ET DES OFFRES DE SERVICES.
NEW YORK, États-Unis, 01/10/01
Aux niveaux international, national et local, face aux attaques des terroristes aux États-Unis, les communautés bahá'íes du monde entier ont réagi par des prières, des actes de service volontaires, des dons et des messages de condoléances.
Plusieurs des 182 Assemblées Spirituelles Nationales bahá'íes à travers le monde ont fait des déclarations, envoyé des messages de condoléances et appelé à des réunions de prières.
À New York même, des membres de la communauté locale bahá'íe se sont précipités sur place au World Trade Center pour offrir leurs services. Plusieurs ont donné de leur temps en travaillant dans des restaurants préparant de la nourriture pour les sauveteurs. D’autres Bahá'ís ont donné du sang ou bien des vêtements et de la nourriture.
Dans les quatre arrondissements de la ville de New York, des Bahá'ís ont organisé des réunions de prières tout de suite après l’attaque. Le Centre bahá'í de New York, situé sur la 11e rue, a été inaccessible au public une partie de la semaine parce qu’il se trouve au-dessous de 14e rue, dans l’aire isolée par la police. Lorsque cette aire a été réouverte, le vendredi 14 Septembre, la communauté a organisé un service au Centre dans le cadre d’une journée nationale de prière et de deuil.
Le même jour, dans des villes grandes et petites, des milliers de Bahá'ís dans des centaines de communautés se sont rassemblés pour prier, allumer des chandelles et se souvenir des milliers de personnes disparues au cours des attaques. Dans la Maison d’Adoration Bahá'íe d’Amérique du Nord, située à l’extérieur de la ville de Chicago, 800 personnes se sont réunies le vendredi à midi pour des prières.
EN SUISSE, L’UNIVERSITE INTERNATIONALE LANDEGG, FRANCHIT UNE ETAPE IMPORTANTE, EN OBTENANT UN NOUVEAU NIVEAU DE RECONNAISSANCE DU GOUVERNEMENT.
WIENACHT, Suisse, 14/10/01
Bien qu’Africaine, Nieri Mwagiru était déçue par les brochures des meilleures universités américaines et canadiennes annonçant des clubs spéciaux pourAfricains, Indiens et autres importants groupes ethniques et raciaux.
"Il semblait y avoir beaucoup de séparations sur ces campus," dit la jeune Kenyane de 20 ans, en parlant de sa décision de venir plutôt à l’Université internationale Landegg, une institution d’enseignement supérieur d’inspiration bahá’íe au pied des Alpes suisses. " Il me semblait que les choses étaient conçues pour maintenir les distances entre les gens de différentes cultures. "
" Ici à Landegg, on met l’accent sur le mélange de personnes de cultures différentes – et c’est justement ce que je cherchais. "
Mlle Mwagiru, qui commence sa troisième année de licence es lettres à Landegg, est contente de son choix, quoique un peu aventureux du fait que ces programmes n’existent que depuis cinq années.
Mais elle a trouvé cette unité dans la diversité qu’elle recherchait, et croit aussi qu’elle reçoit un enseignement de haut niveau, de ceux qui pratiquent une approche particulière.
" L’objectif est pluridisciplinaire, ce qui ajoute du sens et l’enseignement est orienté vers la vie", dit Mlle Mwagiru, inscrite à un programme alliant psychologie, développement humain et éducation.
"Cela m’a apporté tout ce que j’attendais sur le plan de l’enseignement", continue-t-elle. " Nous avons beaucoup de contacts avec les professeurs et de nombreuses conversations approfondies. La croyance générale à l’école est que chaque individu est unique – et en même temps que nous sommes tous unis. "
La description faite par Mlle Mwagiru de son expérience à Landegg correspond exactement aux objectifs déclarés de l’université, qui sont de développer et pratiquer une nouvelle approche intégrative de l’éducationcombinant une pensée scientifique moderne avec des valeurs éthiques et spirituelles aptes à répondre aux besoins d’une civilisation mondiale interdépendante.
" Nos programmes visent à s’assurer que les étudiants reçoivent non seulement l’information scientifique et académique la plus récente dans les domaines qu’ils étudient, mais aussi qu’ils ont connaissance des différentes considérations éthiques s’y rapportant – et qu’ils vont donc apprendre à les appliquer au monde réel", dit Hossain Danesh, le président de Landegg.
Le 20 septembre 2001, Landegg a vu son approche reconnue à un niveau nouveau et important, lorsqu’elle a été officiellement inscrite par les autorités cantonales et fédérales en tant qu’université privée en Suisse. Pour cela, l’université a dû se conformer aux rigoureux critères établis par le gouvernement au niveau aussi bien cantonal que fédéral.
" Une des implications les plus significatives du nouveau statut de Landegg est que le Gouvernement suisse a reconnu la légitimité d’une approche éducative de portée mondiale comportant à sa base l’idée d’une spiritualité appliquée dans le cadre d’un système d’études ", dit Michael Penn, vice-recteur à Landegg de 1998 à 2000 et actuellement professeur affilié.
" C’est une reconnaissance de l’idée qu’une institution d’enseignement supérieur peut, de façon rigoureusement académique, appliquer des principes éthiques à l’examen des problèmes sociaux dans le monde ", dit le Dr Penn, qui est professeur de psychologie à l’Université Franklin et Marshall en Pennsylvanie aux États-Unis.
Landegg est aussi en train de gagner la reconnaissance en d’autres domaines importants . Un pourcentage élevé de ses étudiants diplômés poursuivent des programmes prestigieux de doctorat dans des universités telles que Stanford et Cambridge. Elle a aussi lancé un grand projet d’éducation pour la paix en Bosnie/Herzégovine, qui remporte des éloges de la part des responsables gouvernementaux.
Une évolution graduelle.
L’évolution de Landegg en une université à part entière a été un processus graduel. Située sur quelques 12 hectares (31 acres), sur le flanc d’un coteau donnant sur le Lac Constance dans le rustique village suisse de Wienacht, l’Université Internationale Landegg était auparavant connue sous le nom d’Académie Landegg, et principalement utilisée comme centre de conférences.
Dans ce cadre, Landegg a été le lieu de nombreuses réunions importantes, dont une série de " Dialogues internationaux sur la transition vers une société globale. " Le premier de ces Dialogues a eu lieu en septembre 1990 et comptait parmi ses participants Federico Mayor, alors Directeur général de l’UNESCO, Karan Singh, éminent auteur et diplomate indien et Bertrand Schneider, à cette époque secrétaire général du Club de Rome.
En plus de ces rencontres de haut niveau, Landegg a également accueilli plusieurs programmes internationaux destinés aux jeunes, centrés sur l’étude de la paix et de l’ordre mondial.
Comprenant actuellement neuf bâtiments, le campus a été originellement construit, au XIXe siècle, pour être un centre de vacances. Acquis par une famille bahá’íe en 1982, les propriétés furent données à la Fondation internationale bahá’í Landegg nouvellement créée. Opérant sous l’égide de la Communauté bahá’íe suisse, elle entreprit la rénovation des principaux bâtiments et en fit un centre de conférence.
Vers le milieu des années 90, la Fondation décida que le rôle de Landegg comme centre d’enseignement devait devenir officiel, et les fonctions de Landegg furent transférées à un conseil indépendant, dont la chartestipule que l’université doit fonctionner en tant qu’université indépendante, dirigée par un conseil d’administration international. Une des responsabilités les plus importantes de ce conseil est d’assurer l’excellence académique et l’indépendance de l’université.
En septembre 1997, Landegg inaugurait officiellement un nouveau programme de formation supérieure, offrant une maîtrise en lettres dans huit domaines, dont résolution des conflits, psychologie, éducation, et religion. En 1998, Landegg commençait aussi à offrir des diplômes de premier cycle et vers 2000, elle recherchait la reconnaissance officielle en tant qu’université.
Au cours des années, Landegg a ouvert des programmes d’échange de chercheursavec plusieurs universités dans le monde entier, dont l’Université hébraïque de Jérusalem, l’Université Beijing en Chine, l’Université de l’État de Sergipe au Brésil, et l’Université de Wisconsin à Oshkosh, aux États-Unis.
Actuellement, Landegg offre des diplômes de premier cycle dans quatre domaines: sciences économiques & développement international, sciences politiques & relations internationales, psychologie, développement personnel & éducation et étude intégrative de la religion. Les étudiants peuvent également, parmi les cours offerts, déterminer leur propre domaine d’intérêt, sous la direction du bureau académique.
Les programmes des cycles supérieurs couvrent six domaines : consultation & résolution des conflits, éducation morale, éthique appliquée, étude intégrative de la religion, direction & administration, psychologie spirituelle. Un programme en vue d’un diplôme a également été lancé cette année en technique d’information.
La façon dont le domaine d’intérêt de chaque diplôme associe des champs d’études dans diverses disciplines nous laisse entrevoir comment l’école fournit une approche intégrative.
La pierre angulaire de cette approche intégrative, explique le Dr Danesh est tout d'abord l'étude de tous les modèles et théories pertinents existant actuellement dans un champ donné. Les professeurs et les élèves eux-mêmes sont alors encouragés à créer un nouveau modèle se fondant sur les découvertes nouvelles concernant la nature humaine et sur ces principes éthiques et spirituels universels présentsdans l'héritage spirituel et philosophique de l'humanité, et à vérifiersi un tel modèle peut avoir une application pratique.
"Par exemple, si nous étudions la résolution des conflits , nous examinons d'abord toutes lesthéories et modèles différents de résolution de conflits" dit le Dr Danesh "et nous les gardons. Mais nous avons aussi
développénotre propre modèle que nous appelons : résolution de conflits sans conflit ( CFCR)".
"Le nouveau modèle CFCR" , déclare le Dr Danesh ,"refuse que le conflit ou l'agressionsoit nécessairement une caractéristiqueinévitable de la nature humaine. Notre nouvelle théorie suggère plutôt que leconflit est l'image des différents stadesdedéveloppement de l'homme et de son évolution et qu'il reflète l'absenced'unité" dit le DrDanesh, dont les travaux personnels dans les domaines de la psychologie et de la spiritualité ont aidé à poser les fondations du nouveau modèle .
Le Dr Daneshdéclare que la théorie de résolution des conflits sans conflit manifeste que la meilleure façon de résoudre un conflit est de rechercher des niveaux d'unité de plus en plus élevés.
En se basant sur le modèle CFCR, Landegg a développé un programme subsidiaire appelé :"Éducation pour la paix", qui vise à aider des communautésdéchirées par la guerreàincorporer l'éducation à la paix dans les programmes scolaires des écoles secondaires. Actuellement , l'Éducation pour la paix (EFP)met sur pied un projet pilotedans 6 écoles de trois différentes communautés de Bosnie-Herzégovine, touchant quelques 6000 élèves.
Un campus mondial .
Bien que le campus de Landegg soit relativement petit , avec une capacité moyenne d'environ 100 étudiants résidents à temps complet, son influence est mondiale. A n'importe quel moment , un tiers seulement des étudiants sont présents sur le campus. Les autres bénéficient d'un enseignement à distance et utilisent la gamme des technologies d'enseignement à distance dont essentiellement le courrier électronique et le Web.
La diversité mondiale du corps étudiant est une autre caractéristique de l'expérience de Landegg. Par exemple les quelques 30 jeunes de l’année de licence proviennentde20 pays différents. La population des étudiants licenciés, 120 environ, est aussi diverse.
" Nous avons des étudiants de pays aussi différents que la Mongolie, la Russie, les États-Unis, le Venezuela, le Canada et la Chine" nous déclare Graham Hassall , doyen des études de licence , " La nature mondiale de notre petit campus est une des merveilles de Landegg ."
Nyambura Mwagiru,21 ans, la soeur de Njeri, dit aussi qu'elle trouve que l'un des meilleurs atouts de Landegg est la diversité mondiale de son corps étudiant "Pouvoir s'asseoir et bavarder en compagnie de gens venus d'endroits aussi différents est une des meilleures choses à Landegg" dit Nyambura qui, à l'instar de sa sœur, suit de cours de psychologie , développement humain et éducation. "Nous apprenons au contact des autres et avons le temps de réfléchir et de grandir ".
Nyambura ajoute, qu'elle était en route pour King's Collège à Londresquand elle s'est arrêtée avec sa soeur pour visiter Landegg.Elle a été tellement impressionnée par l'ambiance, qu'elle est restée, bien que celasignifiait le renoncement au diplôme d'une école bien plus réputée partout dans le monde.
"Ça a été une décision importante, mais je ne crois pas avoir fait le mauvais choix" affirme Nyambura " c'est passionnant de participer à quelque chosequi grandit et qui est si différent".
La faculté de Landegg elle-même est mondialedans sa diversité. Parmi plus des 70 professeurs, dont beaucoup dépendent d'autres instituts et universitéà travers le monde, seulementune dizaine sont sur le campus en permanence. Néanmoins, la capacité d'attirer des universitairesréputés de plus de 20 pays contribue grandement au caractère international du projet éducatif de Landegg .
L'école a aussi un taux surprenant de réussite concernant le placement de ses diplômés.Bien qu’à peu près 30 étudiants seulement soient diplômés de Landegg jusqu'à présent, un bon nombre continuent dans des établissements universitaires prestigieux.
Jenni Menon, de Hamilton, Ontario, Canada par exemple, a été acceptée cette annéepour préparer un doctorat en psychologie et éducation à l'université de Stanfordaux U.S.A ; Tania Sargent du Zimbabwe est actuellement en seconde année à l'École supérieure d'éducation à l'Université dePennsylvanie aux USA ; et Meiko Bond du Japoncontinue en maîtrise de criminologie à Cambridgeen Angleterre.
"Landegga contribué à m'aider à préparer le doctorat de Philosophie " déclare Mlle Menon qui a obtenu une maîtrise d'éducation morale à Landeggau début de l'année. Elle cite deux facteurs clés pour son entrée à Stanford : son expérience en tant que l’un des coordinateurs de la phase pilote du projet Éducation pour la paix en Bosnie, et en second "l'attention constante, chaleureuse et réfléchie ainsi que les conseils prodigués par les professeurs à Landegg ".
"En tant qu’étudiante à Landegg, j’ai bénéficié d’un enseignement orienté à la fois vers la rigueur théorique et l’application pratique" dit Melle Menon."Bien sûr, beaucoup d'universités ont cette approche théorie/pratique, mais un aspect unique à Landegg est que cette approche se fait à travers un effort pour intégrer les côtés scientifiques, éthiques & moraux et spirituels de la connaissance et de la recherche. Je pense que cette approche intégrative unique à trouvé un écho à Stanford, indiquant qu’ils sont en quête d’approche nouvelle."
De même, Mlle Sargent, pense que son expérience à Landegg a grandement contribué à son acceptation comme candidate au doctorat de Philosophie à l'université de Pennsylvanie l'an dernier ." C'est très difficile d'intégrer cette école" déclare Mlle Sargent qui a terminé son cycle à Landegg par une maîtrise d'éducation moraleun an auparavant,"et je pense que l'une des raisons pour lesquelles j'ai été acceptée a été le mémoire que j’ai passé à Landegg ", sur " La culture chinoise de l'intelligence : coûts et bénéfices de la motivation à la réussite en Chine".
"Malgré tout j'ai été très surprise quand on m'a acceptée et offert une bonne bourse d'étude " dit Mlle Sargent "Certains me demandaient‘pourquoi allez-vous dans une école aussi nouvelle, n'avez vous pas besoin d'obtenir de vraies références ?’.Mais l'obtention d'une maîtrise à Landegg n’empêcheapparemment pas d'aller ailleurs ".
De même Mlle Bond a découvert que ses amis s’interrogeaient sur sa décision d'aller à Landegg pour obtenir une maîtrise en "résolution de conflits" en 1996. Ils disaient ‘Cela sera-t-il reconnupar une grande université ?’‘Est-ce que ça fera bien sur ton CV?’ " dit Mlle Bond, qui prépare actuellement un doctorat de Philosophie à l'université de Manchester ."Mais je pensais que ce serait un endroit passionnant pour étudier. Et à la fin j'ai terminé à Cambridge. A présent mes amis ont changé d'avis."
UNE ONG D’INSPIRATION BAHA’IE REÇOIT UNE SUBVENTION POUR UN INSTITUT DE FORMATION PROFESSIONNELLE EN AMAZONIE.
Manaus, Brésil, 16/11/01
Dans le cadre d’un programme gouvernemental de réduction du chômage, une ONG d’inspiration bahá’íe basée en Amazonie a reçu une importante subvention de la part du Ministère de l’Éducation afin d’élargir son programme de formation professionnelle dans la région et d’offrir des cours à plus de 4 000 élèves par an vers 2006.
La subvention, d’un montant équivalent à 850 000 $US, permettra à l’ADCAM, (Association pour le Développement Cohérent de l’Amazonie) de faire construire et d’aménager un institut technique de trois étages dans le quartier de San José, banlieue de Manaus. Le début de la construction est programmée pour Décembre, et la fin des travaux pour Juillet 2002.
" C’est une importante opportunité de développement de la formation professionnelle dans la région, indispensable à cause du fort taux de chômage dans le bassin amazonien, spécialement chez les jeunes " dit Ferial Sami Farzin, directrice générale de l’ADCAM. " Notre but est denous efforcer d’améliorer la qualité de la vie et de réaliser le potentiel de la population rurale afin qu’elle devienne acteur de son leur propre développement. "
Selon les termes du contrat de subvention, 50% de l’argent doit être utilisé pour la construction du bâtiment et 50% pour les équipements, ordinateurs, chaises, tables, instruments, tableaux noirs. L’ADCAM assumera les coûts d’exploitation, comptant pour cela sur les frais de scolarité et les contributions volontaires. Selon les termes du contrat au moins 50% des étudiants recevront une scolarisation à temps complet.
La nouvelle construction s’appellera l’Institut Technologique Masrour. Les plans actuels prévoient les sections suivantes : design, informatique, air conditionné, langues, musique, céramique, textile, chimie, environnement, électronique, et esthétique sur une superficie totale de 2800 m2.
Au début seront donnés des cours en management d’entreprise, aide au développement social et technologie environnementale. Vers 2003, des cours en design, informatique, technologie de l’air conditionné seront ajoutés et le nombre de professeurs accru. Un certain nombre de cours de base condensés, sur des sujets similaires, seront aussi offerts sous forme modulaire.
En assurant des cours le matin, l’après-midi, et le soir, et autant de sessions que possible l’Institut espère exploiter au maximum ses possibilités. Vers 2006 l’équipe au complet, pourra accueillir 640 étudiants par an pour les cours principaux, et 4 350 autres par an pour les cours modulaires.
" L’ADCAM s’occupe de gens défavorisés qui, pour la plupart, resteraient sans assistance, éducation ou services sociaux si ce projet de développement n’existait pas. " dit MmeFarzin. " Nous sommes au coeur d’un des quartiers les plus pauvres de Manaus, nous occupant de gens qui n’auraient aucune autre opportunité de développer leurs capacités innées si ce projet n’existait pas ici. "
Le premier projet de l’ADCAM, il y a 16 ans, était un orphelinat.Avec mission d’agir selon les principes bahá’ís, l’ADCAM a très vite ajouté d’autres projets destinés àaider les jeunes de Manaus. Actuellement, l’ADCAM s’occupe de trois projets: une école élémentaire, un projet d’encadrement des jeunes et un projet de suivi du service des jeunes. Ces programmes touchent actuellement plus de 700 jeunes.
" Dans tous nos programmes, l’objectif principal est d’équilibrer instruction matérielle et éducation individuelle, spirituelle et morale afin d’aider les gens de l’Amazonie à développer leurs capacités naturelles et à devenir autonomes dans leur développement économique et social. " dit Mme Farzin. " Nous nous efforçons d’adapter ces programmes aux besoins propres à la région, profitant de notre longue expérience ici avec d’autres associations, en même temps que nous appliquons les principes bahá’ís. "
Le contrat de subvention a été signé le 21 septembre 2001, au cours d’une cérémonie au Ministère de l’Éducation à Brasilia. Certains responsables fédéraux et nationaux étaient présents, dont le Ministre de l’Éducation, le professeur Paulo Renato.
L’ADCAM était représentée par Mme Farzin, l’ASN des Bahá’ís du Brésil par Carlos Alberto Silva et l’association Masrour, donatrice pour le projet de Manaus par Guitty Milani.
Mme Farzin a ajouté que l’Institut allait considérablement développer son équipe dans les prochaines années et qu’elle espérait que les Bahá’ís à travers le monde, ayant des compétences dans les domaines concernés, offriraientleurs services à l’Institut.
DECLARATION DES BAHA'IS SUR L'EDUCATION ET LA LIBERTE DE CONVICTION.
MADRID, Espagne, 25/11/01
La Communauté internationale bahá'íe a présenté une déclaration, intitulée " Conviction et tolérance : deux lumières dans l'obscurité ", à l'occasion de la Conférence internationale consultative sur l'éducation scolaire en relation avec la liberté de religion et de conviction, la tolérance et la non-discrimination, conférence qui s'est tenue à Madrid, du 23 au 25 novembre 2001, sous l'égide de l'ONU. Ci-dessous l'intégralité du texte de cette déclaration :
L'esprit humain a le droit d'accéder librement au savoir. Tenter de comprendre qui nous sommes, quel est le but de notre existence et comment la vivre, relève de l'impulsion première de la conscience humaine. Cette quête de sens et de compréhension de soi est l'essence même de la vie. L'aspiration innée et fondamentale qui pousse à se questionner sur la réalité est par conséquent pour chaque être humain, un droit et une obligation. C'est pourquoi les enseignements bahá'ís affirment que " la conscience de l'homme est sacrée et doit être respectée. "1
Rechercher la vérité - autrement dit s'efforcer de voir avec " ses propres yeux et non pas ceux des autres " - c'est entreprendre un voyage spirituel, guidé par un sens aigu de la justice et dans un esprit d'ouverture. 2 C'est une quête qui porte par elle-même, à la créativité et à la transformation ; si le chercheur de savoir s'y engage avec sincérité et équité, il " se découvrira de nouveaux yeux, un nouvel entendement, un nouveau cœur et un esprit neuf. "3 L'âme rationnelle s'éveille ainsi aux facultés de bienveillance, de tolérance et de compassion qui sommeillent en elle. Manifestement, l'aspiration à la vérité est une force impossible à endiguer, et privé de savoir, l'homme demeure prisonnier de ses instincts, de l'ignorance et de l'envie.
Dans une société qui traverse une crise morale et qui est en proie à la désintégration sociale, il apparaît vital de comprendre qui nous sommes, nous, êtres humains, si l'on veut instaurer une paix et un bien-être durables. Historiquement, c'est la religion qui sensibilisait à la connaissance de soi et modelait le comportement humain. Elle remplissait ainsi une fonction essentielle en civilisant les caractères à travers les âges, en proposant une définition de l'identité humaine et en favorisant un ordre social. Mettant en avant la nature spirituelle de l'humanité, la religion ennoblit l'existence de tous les peuples et permet aux sociétés de trouver en elles-mêmes et entre elles, une cohésion et une unité de perspective. La religion, au sens véritable du terme, fournit la trame de la société - autrement dit, les convictions et la vision morales partagées par les membres d'une communauté, qui impriment une direction et un sens tangibles à la vie collective et individuelle. Le droit d'exercer sa liberté de conscience en matière de religion et de conviction est donc non seulement indispensable à l'épanouissement spirituel de l'individu, mais aussi à l'instauration de modes de vie harmonieux et équitables.
La contrainte en matière de foi corrompt la religion dans ses principes mêmes. En effet, l'engagement ne peut naître que d'une croyance librement consentie. Le droit à la liberté de pensée, de conscience et de conviction, désormais consacré par les instruments internationaux des droits de l'homme, trouve son origine directe dans les écrits des religions mondiales. Cette constatation ne peut que nous conforter dans l'idée qu'il n'y a rien à craindre de la vérité, sous prétexte qu'elle présente de multiples facettes et abrite toute la diversité de nos expressions de foi. Après tout, si les croyants ont foi en un Créateur éternel, qui est au centre de toute existence, ils ne peuvent douter qu'une quête libre et sincère puisse aboutir à la vérité.
Abolir toutes les entraves à la liberté d'explorer, d'accepter et d'exprimer des convictions religieuses est une nécessité capitale pour l'instauration d'une culture universelle des droits de l'homme. Toutefois, afin d'ouvrir un dialogue constructif sur le rôle de la religion comme facteur de justice sociale, un bilan historique s'impose. On ne peut nier que la religion ait été à l'origine de souffrances innombrables ; ni que la responsabilité de nombreuses zones d'ombre et de périodes troubles de l'histoire incombe à ceux qui se sont approprié les symboles et les instruments religieux pour servir leurs propres intérêts égoïstes. Le fanatisme et les conflits ont contaminé les sources de la tolérance et corrompu les vraies valeurs religieuses. Il faut donc veiller à préserver le pouvoir de transformation de la religion des forces extrémistes de l'orthodoxie d'une part, et de la liberté irresponsable d'autre part.
" Le but de la religion, affirmait Bahá'u'lláh, est d'établir l'unité et la concorde parmi les peuples du monde ; n'en faites pas une cause de dissensions et de luttes. "4 L'unité - une unité qui embrasse toute la diversité de l'humanité et la célèbre - permet de résoudre tous les problèmes. Si elle était appliquée à l'échelle universelle, la règle diversement prônée par toutes les grandes religions selon laquelle il faut traiter autrui comme on désire être traité soi-même, produirait certainement un effet unificateur salutaire. L'édification d'une société mondiale fondée sur la coopération, la réciprocité et l'intérêt sincère envers son prochain est la plus haute expression d'une action unifiée. En bref, les valeurs spirituelles essentielles partagées par les religions mondiales sont à elles seules des facteurs majeurs de réconciliation et de progrès pour les peuples de la terre. Ces valeurs et les engagements qu'elles inspirent sont de nature à " réformer les esprits, les cœurs et toutes les forces humaines, revivifier les perfections, stimuler à nouveau les sciences, les découvertes et la recherche, et revitaliser tout ce qui relève des vertus du monde humain. "5
Pour contribuer à dissiper le climat de préjugés et de suspicion qui règne aujourd'hui entre les communautés religieuses mondiales, leurs dirigeants doivent diriger leur attention vers les préceptes spirituels partagés en commun plutôt que de s'attacher aux différences doctrinales ou aux revendications d'exclusivité. Que chaque religion montre sa capacité à guider les habitants de la planète vers la coexistence pacifique, la rectitude morale et la compréhension mutuelle, au lieu de semer l'inimitié, la crainte et l'intolérance. La récente tendance au dialogue inter-religieux observée dans le monde entier offre un exemple positif de communautés disparates œuvrant ensemble pour élargir leur vision et parvenir à un discours officiel unificateur. Les chefs religieux sont bien placés pour attirer l'attention sur ce que les affaires humaines, en l'état actuel des choses,peuvent offrir comme potentialités et promesses, et encourager ainsi à l'action tous les principaux acteurs de la société. Une multiplication des échanges entre eux et leurs fidèles, en particulier les enfants, permettra certainement d'apporter de nouveaux éclairages sur les perspectives qui s'ouvrent aux êtres humains et sur les façons de cultiver des modèles pacifiques de vie collective. " Fermez les yeux à l'aliénation, puis fixez votre regard sur l'unité ", conseillait Bahá'u'lláh. " Adhérez avec ténacité à ce qui mènera au bien-être et à la tranquillité de toute l'humanité. Cette étendue de terre n'est qu'une seule patrie et une seule demeure. "6
Pour la Communauté internationale bahá'íe, préserver les libertés humaines relève d'une entreprise plus ambitieuse encore qui vise à cultiver chez l'homme des attitudes et des pratiques destinées à révéler ses véritables potentialités. Elle estime qu'il ne peut y avoir de progrès social véritable sans une prise de conscience spirituelle et un apprentissage des vertus. De ce point de vue, éthique universelle de la tolérance et développement moral et spirituel sont intimement liés.
L'éducation apparaît donc comme un outil indispensable et efficace pour le développement moral. Pour atteindre les objectifs exigeants que sont le " plein épanouissement de la personnalité humaine et la conscience de sa dignité " ainsi que " la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux, ethniques ou religieux ", l'éducation doit tendre à développer un ensemble cohérent de facultés intellectuelles, artistiques, sociales, morales et spirituelles.7 C'est la seule façon de former des acteurs positifs de la société, attachés à instaurer de bonnes relations entre eux, soucieux du bien-être des autres, et désireux de montrer l'exemple de la probité. " Voyez en l'homme une mine riche en gemmes d'une inestimable valeur, exhortait Bahá'u'lláh. Mais seule l'éducation peut révéler les trésors de cette mine et permettre à l'humanité d'en profiter. "8 Ces " trésors " doivent être sciemment cultivés car même si la noblesse, la bonté et la beauté sont des aspects innés de la nature humaine, celle-ci peut devenir la proie d'inclinaisons perverses, qui risquent d'éteindre la flamme de l'amour.
Le cursus scolaire ne peut donc pas se limiter à la connaissance des phénomènes physiques et sociaux, mais doit également viser l'autonomisation morale et spirituelle des élèves. Compte tenu du lien profond qui existe entre le bien-être de l'individu et celui de la société, les programmes scolaires devraient encourager les enfants à se fixer un double objectif moral : une transformation personnelle, par le biais du développement intellectuel, matériel et spirituel; et la transformation des structures et du fonctionnement même de la société, défi ô combien difficile à relever. Pour atteindre ce double objectif de transformation individuelle et collective, certaines facultés morales spécifiques sont à cultiver ; notamment, les notions, les valeurs, les attitudes et les talents qui permettent à chacun de faire des choix moraux appropriés et de promouvoir des modèles créatifs d'interaction et de coopération.9 En toile de fond, il y a la volonté de rechercher la vérité et de l'appliquer à tous les domaines de l'activité humaine. Puisque le comportement moral est une expression concrète de la nature spirituelle de l'humanité, l'éducation morale devrait systématiquement puiser à la fois dans la méthode scientifique et la connaissance de la religion.
Toute initiative morale ou spirituelle en matière d'enseignement doit intégrer les notions d'unité et d'interdépendance du genre humain. L'unité et la diversité sont complémentaires et indissociables. Que la conscience humaine agisse nécessairement au travers d'une infinie variété d'opinions et de motivations individuelles, n'affecte en rien son unité essentielle. En fait, c'est précisément cette diversité intrinsèque qui distingue l'unité de l'homogénéité ou de l'uniformité. Aussi, promouvoir le concept de l'unité dans la diversité, c'est développer une prise de conscience mondiale, un sens de la citoyenneté mondiale, et cultiver un sentiment d'amour pour toute l'humanité. L'humanité étant un tout indivisible, il apparaîtra évident que chacun de ses membres est un gage qui lui est confié dès la naissance et qui a, à son tour, une responsabilité vis-à-vis de l'ensemble. Cela implique aussi que pour instaurer une communauté internationale pacifique, il est nécessaire de laisser les uns et les autres libres d'exprimer et de cultiver la variété et la complexité de leurs cultures, et d'échanger entre eux dans le cadre de modèles de civilisation en perpétuel mouvement. " Les différences au sein de la famille humaine ", soulignent les écrits bahá'ís, " devraient être une cause d'amour et d'harmonie, de même que l'accord parfait résulte de la résonance simultanée d'un grand nombre de notes différentes. "10
Le riche héritage religieux de l'humanité peut aussi être envisagé sous l'angle de l'unité. Bahá'u'lláh affirmait : " Il ne fait aucun doute que les peuples du monde, à quelque race ou religion qu'ils appartiennent, tirent leur inspiration spirituelle d'une même source céleste et sont les sujets d'un seul Dieu. " 11 On peut donc considérer que les religions mondiales sont unies dans leur nature et leur objectif, puisque chacune est source de connaissance, d'énergie et d'inspiration. Toutes ont servi à révéler chez l'individu et dans la société un large éventail de facultés humaines, qui ont poussé le genre humain sur la voie du développement moral et spirituel. Par conséquent, on pourrait imaginer des programmes d'histoire et d'enseignement religieux qui mettraient l'accent sur les liens théologiques et moraux qui unissent les religions entre elles. À cet égard, le droit de s'interroger sur la religion et les racines spirituelles de la motivation humaine est indispensable à la mise en place d'un cadre cohérent de collaboration et de conciliation.
Promouvoir la tolérance et la compréhension mutuelles entre les divers éléments constitutifs de la famille humaine ne peut être un exercice passif ni rhétorique. Il s'agit de combattre toutes les formes d'esprit de clocher, de sentiment de repli et de préjugés. Il est regrettable de constater que les préjugés religieux exercent une influence particulièrement néfaste qui continue de faire obstacle au progrès. Pour contrer ces effets négatifs, il ne faut ménager aucun effort et concevoir des programmes novateurs en matière d'éducation fondamentale. Sans oublier de cultiver une humilité véritable chez tous ceux qui croient en un Créateur tout puissant et aimant.
Qu'il n'y ait aucun doute à ce sujet : on peut emprunter la voie de la religion tout en faisant preuve de tolérance. Faisons-le savoir aux enfants du monde. L'avenir de la civilisation en dépend. Selon les termes de Bahá'u'lláh, " observez la tolérance et la justice, qui sont deux lumières au milieu de l'obscurité du monde et deux éducateurs pour l'édification de l'humanité. "12
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Références :
1 Abdu'l-Bahá, A Traveller Narrative (Wilmette : Bahá'i Publishing Trust, 1980), p. 91, traduction libre
2 Bahá'u'lláh, Les Paroles cachées, Maison d'Éditions Bahá'íes, Bruxelles, 1988), p. 9
3 Bahá'u'lláh, Le Livre de la Certitude, Presses universitaires de France (PUF), Paris, 1965, p. 94
4 Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh révélées après le Kitáb-i-Aqdas, Maison d'Éditions Bahá'ies, Bruxelles, 1994, p. 134
5 Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace (Wilmette : Bahá'i Publishing Trust, 1995), P. 278, traduction libre
6 Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 70
7 Article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ; article 26 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
8 Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, Maison d'Éditions Bahá'íes, Bruxelles, 1979, p. 171
9 La philosophie pédagogique de l'Université Núr, la deuxième institution privée d'enseignement supérieur la plus importante de Bolivie, inspirée des écrits bahá'ís, repose pour une large part sur l'idée de cultiver les capacités morales.
10 Abdu'l-Bahá, Causeries d'Abdu'l-Bahá à Paris, Maison d'Éditions Bahá'ís, Bruxelles,1987, p. 46,
EN NORVEGE, UNE COALITION INTER-RELIGIEUSE S’ENGAGE A PROMOUVOIR LES PRINCIPES DE LA LIBERTE RELIGIEUSE.
OSLO, 09/12/01
Le 08 novembre 2001, au cours d’une cérémonie, une coalition inter-religieuse composée des principaux groupes religieux du pays, dont la communauté bahá’íe norvégienne, a signé un engagement à promouvoir les principes de tolérance religieuse incorporés dans la Déclaration d’Oslo sur la liberté de religion ou de conviction.
D’après Britt Strandlie Thoresen, secrétaire de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís deNorvège, cet acte est important en raison de la grande diversité des groupes religieux qui y ont participé et se sont engagés à soutenir la tolérance religieuse en Norvège.
" Vingt-cinq groupes ont signé la Déclaration, y compris des organisations religieuses ayant des perspectives très variées," dit Mme Thoresen, qui était aussi présidente du comité d’organisation de l’évènement.Il y avait des représentants du bouddhisme, de l’hindouisme, de l’islam, du judaïsme, des sikhs, de groupes humanistes et autres, ainsi que de diverses obédiences chrétiennes.
"C’était vraiment un évènement historique, car nous n’avions jamais vu auparavant une telle diversité de groupes ainsi réunis," dit Mme Thoresen.
La Déclaration d’Oslo sur la liberté de religion ou de conviction a été rédigée et adoptée ici en août 1998 par une coalition de gouvernements et d’organisations non-gouvernementales pendant une conférence internationale sur la liberté religieuse. La Communauté internationale bahá’íe participait à cette conférence
La Déclaration, conçue pour soutenir les efforts des Nations unies dans la promotion de la tolérance religieuse, affirme spécifiquement : " Chaque être humain a la responsabilité de condamner la discrimination et l’intolérance en matière de religion et de conviction, et doit faire appel à la religion ou à la conviction pour renforcer la dignité humaine et la paix" et elle reconnaît que " les religions et les convictions enseignent la paix et la bonne volonté."
"La Déclaration d’Oslo crée l’obligation de travailler ensemble pour la liberté religieuse, la tolérance et le respect réciproque," a déclaré Hilde Frafjord Johnsen, Ministre norvégien du développement international, dans un discours au cours de la cérémonie. "C’est, sur le plan international aussi, une avancée importante vers l’actualisation des instruments des Nations unies dans ce domaine."
"De nos jours, nous voyons pleinement la nécessité de travailler en faveur de la tolérance, de l’égalité et du respect à travers les anciennes barrières de division et de conflits, " a continué Mme Johnsen, "Le mardi 11 septembre, gravé dans notre conscience, est devenu un point tournant. Notre tâche est defaire en sorte qu’il soit un point tournant vers la réconciliation, et non de laisser les forces négatives – aussi fortessoient-elles - décider de la direction que prendront nos vies et notre communauté mondiale."
La cérémonie de signature s’est faite à l’initiative du Conseil de coopération des religions et des communautés de Life-Stance, et de la Coalition d’Oslo pour la liberté de religion ou de conviction. La communauté bahá’íe de Norvège est membre des deux groupes. La cérémonie a eu lieu à l’Académie norvégienne des sciences et des lettres en présence de plus de 100 invités dont des officiels norvégiens, des membres du Parlement, des représentants d’environ seize ambassades étrangères, de plusieurs groupes travaillant pour les droits de l’homme ainsi que d’organisations universitaires.
Au cours d’une causerie pendant la cérémonie de signature, Anne Sender, représentante de la Communauté juive de Norvège a remarqué que la politique officielle du pays en matière de religion a longtemps été dominée par l’acceptation du christianisme comme religion d’état, ajoutant qu’aujourd’hui, on ne pouvait plus rester isolé des tendances internationales.
"Aujourd’hui le plus grand défi pour les communautés religieuses et éthiques est véritablement leur rencontre avec le modernisme, la liberté individuelle, et les grands mouvements de populations," a dit Mme Sender, qui en 1998 était présidente de la Conférence d’Oslo. " Dans ces trois domaines principaux, il existe des sujets si incendiaires que, s’ils devaient s’exploser, notre existence mêmeen tant que société basée sur certaines valeurs serait remise en cause… Nous devons nous situer dans une perspective mondiale, basée sur la réalité des choses."
Des membres de la communauté bahá’íe de Norvège ont contribué de plusieurs façons au succès de l’événement. Le pianiste bahá’í Trond Schau jouait au moment où les invités arrivaient pour la cérémonie, et Maiken Schau, également bahá’íe, a joué un solo de flûte traversière pendant la cérémonie de signature elle-même.
Après la cérémonie M Gunnar Stalsett, évêque d’Oslo et président de la Coalition d’Oslo pour la liberté de religion ou de conviction, a remercié les participants, ajoutant qu’il donnerait un exemplaire de l’accord signé au secrétaire général des Nations unies, M. Kofi Annan, lorsqu’il viendrait à Oslo le 10 décembre recevoir le Prix Nobel de la paix au nom des Nations unies.
PREOCCUPATION REEXPRIMEE LORS DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES CONCERNANT LA POURSUITE DE LA DISCRIMINATION A L’ENCONTRE DES BAHA'IS D’IRAN.
Nations Unies, 09/12/01
Pour la 106e fois en 17 ans, l’assemblée Générale des Nations Unies a fait part de sa « préoccupation » sur la violation des Droits de l’Homme en Iran, en soulignant la « discrimination encore existante » à l’égard de la communauté baha’ie en Iran par un vote de 72 voix pour, 49 contre et 46 abstentions, l’assemblée a approuvé une résolution, le 19 décembre 2001, qui appelle la République Islamique d’Iran à « mettre fin à toutes formes de discrimination dans le domaine religieux », et plus spécifiquement, qui demande au gouvernement iranien de « prendre entièrement en compte les précédentes recommandations des nations Unies, à la fin de permettre aux Baha’is d’obtenir une complète liberté de pratiquer leur religion ».
La résolution fait suite à un rapport émis en août dernier par un représentant spécial de la Commission des Nations Unies des Droits de l’Homme en Iran, le Professeur Maurice Copithorne. Celui-ci signale que la communauté des 300.000 Baha’is iraniens subit toujoursla discrimination aux plans de l’éducation, de l’emploi, des déplacements, de l’habitat et de la pratique religieuse.
Plus précisément, le Professeur Copithorne dit que leur propriété continue à être l’objet de confiscation. Il indique que de nombreuses familles baha’ies ont été obligées de quitter leur maison ou leurs terres durant les premiers mois de 2001, à Kata, Buyr-Ahmand. En 2000, selon son rapport, il fut informé que quatre immeubles furent confisqués à Téhéran, trois à Shiraz et un à Ispahan.
Il rapporte aussi que ‘l’autorisation de licences professionnelles a été supprimée, quelques magasins et affaires appartenant à des baha’is ont été fermés’.
Il ajoute que les baha’is ne sont toujours pas admis dans des institutions publiques légalement reconnues. Par ailleurs, ‘récemment, furent fermées trois classes utilisées par les Baha’ispour leur propre usage’.
Dans sa résolution, l’Assemblée décide de poursuivre la surveillance de l’Iran, ‘en portant une attention très particulière aux évolutions ultérieures, notamment au sort réservé aux Baha’is et à celui d’autres groupes minoritaires’.
Depuis le régime de la révolution islamique, en 1979, les Baha’is ont été harcelés,persécutés au seul prétexte de leur conviction religieuse. Plus de deux cents Baha’is ont été exécutés, des centaines emprisonnés, des milliers privés d’emploi, privés d’éducation ou de leurs biens. En 1983, toutes les institutions baha’ies furent interdites et le sont encore officiellement aujourd’hui.
Bien que le nombre d’exécutions et d’emprisonnements ait diminué ces dernières années, les Baha’is en Iran vivent dans une absence de reconnaissance officielle ou de protection légale : ce qui pourrait les soustraire à la discrimination, affirme Bani Dugal, représentante du Comité Baha’i International auprès des Nations Unies.
« Nous observons les actions qui se poursuivent – l’emprisonnement des baha’is, la confiscation de leurs biens, leur mise à l’écart de l’éducation, les restrictions sur leurs déplacements et leur culte, ainsi que l’interdiction des institutions baha’ies – comme la preuve de la poursuite de la campagne gouvernementale enIranà la fin d’étouffer la communauté baha’ie dans ce pays : ajoute Mme DUGAL.
« La persécution est clairement fondée sur la conviction religieuse », poursuit-elle, « il a été maintes fois proposé aux baha’is d’échapper aux persécutions, s’ils s’apprêtaient à renier leur foi».
Les baha’is ainsi, continuent à être considérés comme des « infidèles non protégés », par le gouvernement iranien, sans aucune forme de protection légale, même si l’Iran est signataire de la Convention Internationale sur les Droits Civils et Politiques, qui garantit la liberté de conviction religieuse».
« Les baha’is ne cherchent aucun privilège spécifique – ajoute Mme DUGAL – ils souhaitent seulement obtenir les mêmes droits régis par la Charte Internationale des Droits de l’Homme, alors que l’Iran en est signataire, droit à la vie, droit de déclarer et de pratiquer leur religion, droit à la liberté et à la sécurité, et enfin droit à l’instruction et au travail».
VALEURS ET EDUCATION VUES COMME UNE SOLUTION POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE.
HLUBOKA NAD VLTAVOU, République Tchèque, 11/12/01
Une grande partie du travail préparatoire pour le Sommet mondial de l’année prochaine sur le développement durable (SMDD) s’est orienté vers les détails politiques, techniques et financiers aptes à amener le monde à une meilleure conformité avec la vision d’une prospérité économique saine au point de vue de l’environnement telle que mentionnée au Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro.
Avec le sentiment partagé que l’objectif défini en 1992 n’a pas été atteint, actuellement la discussion aux Nations unies et chez ses divers partenaires porte principalement sur des thèmes tels que “les actions limitées par le temps,” “les résultats tangibles,” et “les mesures concrètes” qui visent des points précis tels que la remise de la dette, le commerce, le transfert de technologie, les ressources en eau douce, l‘énergie nucléaire, le changement climatique, la désertification, les modes de consommation, et l’éradication de la pauvreté.
En octobre, néanmoins, un petit groupe de spécialistes de l’environnement a pris une direction radicalement différente en analysant comment aider l’humanité à changer ses méthodes non-durables. Leur intérêt principal a porté sur la manière dont les sujets plutôt “élémentaires” de “la connaissance, des valeurs et de l’éducation” sont liés avec le fait de s’engager et d’agir pour mettre en oeuvre l’agenda du développement durable aux niveaux local, national et mondial.
Ce groupe, le Forum international de l’environnement (IEF), est une organisation non-gouvernementale composée principalement de bahá’ís du monde entier qui ont une compétence ou un intérêt particuliers dans le domaine du développement durable. Fondé il y a cinq ans, l’IEF explore non seulement les solutions techniques et scientifiques aux problèmes de l’environnement mais aussi les possibles retombées bénéfiques de points de vue sociaux, culturels et spirituels nouveaux.
La cinquième conférence internationale de l’IEF, s’est tenue du 19 au 21 octobre 2001 à l’École internationale Townshenden en Bohème du Sud. Quelques 20 membres de l’IEF se sont réunis là et des douzaines d’autres ont participé par l’intermédiaire d’Internet. Le thème de la conférence était “La connaissance, les valeurs et l’éducation en vue d’un développement durable.”
Tandis que beaucoup de progrès ont été faits pour mettre en pratique les accords de Rio et l’Agenda 21, au moins dans certaines régions, il est clair que les gouvernements et les peuples du monde n’ont pas montré suffisamment d’engagement à avancer d’un pas ferme dans le chemin de la durabilité,” a dit Arthur Dahl, président de l’IEF. “Cette situation exige qu’on réfléchisse sérieusement sur les raisons de ce manque d’engagement, en allant en-delà des réponses classiques sur l’absence de ressources, l’absence de structures incitatrices, etc., afin d’explorer les principes de base de la société humaine.”
Le programme de trois jours comprenait un discours de Bedrich Moldan, ancien ministre tchèque de l’environnement, professeur à l’Université Charles, ainsi que diverses conférences données par les membres de l’IEF et beaucoup d’échanges entre les participants sur les points présentés.
À la fin, les participants ont conclu que les questions élémentaires de valeurs et d’éducation sont en faittotalement complémentaires avec les questions de nature technique et scientifique le plus souvent rattachées au développement durable -- et qui plus est, elles sont essentielles.
“Morale mondiale minimum”
Dans un discours important intitulé “Connaissance et indicateurs pour un développement durable,” le Professeur Moldan a soulevé l’idée de promouvoir ou d’établir une sorte de système de valeurs de “morale mondiale minimum” pour l’environnement.
Le développement durable représente beaucoup de choses pour beaucoup de gens et c’est là le problème,” a dit le Professeur Moldan, qui présidait la Commission des Nations unies sur le développement durable au printemps dernier. “Une façon de vaincre cette difficulté est de sélectionner des idées qui pourraient être partagées par tout le monde, qu’ils soient banquiers en Suisse ou habitants de l’île de Tonga, etc.”
Dans un discours intitulé “Les valeurs comme fondement d’un comportement durable,” le Dr. Dahl, a développé encore plus loin cette idée, disant que la faiblesse des efforts en vue d’un développement durable est, dans l’application, une chose à laquelle on peut remédier lorsqu’on comprend le rôle des valeurs pour déterminer le comportement.
“Il y a eu un manque de volonté politique au niveau gouvernemental, un manque d’encouragement dans le secteur privé, et un manque de désir suffisant de changer le comportement individuel,” a dit le Dr. Dahl, qui est le directeur de l’unité du récif de corail du programme de l’environnement des Nations unies (UNEP). “Puisque la motivation est intimement liée aux valeurs, cela vaut le coup d’examiner quel rôle jouent les valeurs dans l’accroissement de la durabilité.”
Pour atteindre la durabilité, a ajouté le Dr. Dahl, plusieurs types de valeurs doivent être considérés: valeurs à l’égard des autres êtres humains; valeurs en rapport avec les choses matérielles et la consommation; valeur accordée à l’environnement; et but de la vie.
Par exemple a-t-il expliqué, si le but de la vie est défini comme étant la satisfaction des besoins matériels de l’individu, l’ensemble de valeurs qui en résulte est très différent de l’ensemble de valeurs de quelqu’unvisant des buts humanistes plus élevés, ou de quelqu’un qui définit le but de sa vie par l’acquisition de qualités spirituelles.
“Les valeurs, ou l’application de principes spirituels, ont été l’ingrédient manquant de la plupart des approches passées pour un développement durable,” a dit le Dr. Dahl. “Les grandes déclarations et les plans d’actions détaillés, même approuvés par le gouvernement, ne vont pas bien loin si les gens ne sont pas motivés pour les mettre en pratique dans leur vie personnelle, et si les institutions ne sont pas rendues responsables de leurexécution.
“Ce qui est excitant lorsqu’on envisage la durabilité au niveau des valeurs c’est la possibilité de créer des systèmes humains auto-générateurs construisant une civilisation plus durable, qui ainsi progresse toujours,” a enfin dit le Dr. Dahl.” Le sommet mondial sur le développement durable devrait inclure cette dimension dans son agenda.”
L’éducation est la clé
Victoria Thoresen, auteur de cours relatifs au développement durable, lors d’un exposé intitulé “L’éducation : une contrainte ou un catalyseur du développement durable " a insisté sur le fait que l’éducation a toujours été la clé de la transmission des valeurs sociales – et que tout effort pour promouvoir un changement vers des valeurs plus durables nécessitera l’examen des systèmes éducatifs. ”
“L’éducation se dispense en divers lieux ” explique le Docteur Thoresen, assistante au University College de Hedmark en Norvège et membre de l’IEF. Les familles, les églises, les écoles, les politiques n’ont plus le monopole du processus de socialisation. Les intérêts commerciaux, les mass médias et les organisations privées sont entrés dans l’arène en force. Ils sélectionnent certaines valeurs et mettent en avant certaines normes, certaines connaissances et favorisent des types de comportements et des styles de vie qui sont aussi réels sinon plus que les processus de socialisation développés à la maison ou à l’école. ”
“Actuellement, les systèmes éducatifs sont de plus en plus occupés par la transmission de l’héritage culturel plutôt que par la préparation des étudiants à la vie dans le présent et le futur; ils se focalisent sur des perspectives nationales et régionales plutôt que mondiales, sur l’abstrait et la théorie sans liens suffisants avec l’expérience quotidienne des étudiants, sur des sujets spécifiques en ignorant, la plupart du temps, les relations entre processus, systèmes et informations et, finalement, ils encouragent la compétition au détriment de la coopération.”
Comme alternative, elle propose aux éducateurs qui veulent pratiquer une éducation basée sur les valeurs de développement durable d’adopter les orientations suivantes : reconnaître de nouveaux modèles de compréhension cognitive et de développement moral chez les enfants d’aujourd’hui, la prise de conscience du besoin urgent, chez les enfants et les jeunes, de clarifier leur propre identité et leur but dans la vie et d’être motivés par des buts nobles et désintéressés ; développer la compréhension des processus et systèmes en action à l’arrière plan du développement durable ; apprendre à chercher, trouver et utiliser les informations nécessaires.
“Les écoles, ainsi que les parents et les groupes religieux, ont la responsabilité de stimuler la réflexion des étudiants sur leur identité et leurs buts dans la vie.”ajoute le Docteur Thoresen. “ Les écoles doivent faire face au défi d’enseigner les concepts de citoyenneté mondiale et d’encourager des attitudes qui renforcent l’unité mondiale. Par exemple, les styles de vie promus par le marché sont-ils viables, ont-ils du sens et sont-ils moralement cohérents ? Contribuent-ils à un développement durable ?Donner aux enfants et aux jeunes la capacité de devenir des consommateursconscientsde l’environnement participe à l’“humanisation” du développement…(et) la réalisation individuelle doit rencontrer les besoins collectifs.” Elle suggère que les valeurs et principes de la Foi bahá’íe puissent être la source de telles orientations.
Réseau virtuel
Une grande partie de la conférence a été consacrée à une discussion générale sur les thèmes présentés ainsi que sur l’idée que la force réelle de l’IEF était sa capacité de travailler en réseau et d’échanger des idées.
“C’était, somme toute, une petite réunion, environ vingt participants, mais les présentations, contributions et discussions m’ont paru de très bon niveau” a constaté Friedo Zoelzer, Directeur des études de l’École internationale Townshend où se tenait la conférence.
Les participants étaient des chercheurs, des enseignants, des étudiants, et des professionnels du domaine de l’environnement et du développement durable. Les étudiants et le personnel de l’École Towshend ont aussi assisté à quelques sessions. Le soir des programmes, comportant de la musique, de la danse, et une pièce de théâtre sur le thème de l’environnement ont été présentés par l’École. L’École Townshend, fondée en 1992, est une initiative privée de quelques bahá’ís. Totalement accréditée, elle comprend six niveaux secondaires et compte 125 élèves.
Une version électronique de la conférence a été proposée à tous ceux qui ne pouvaient venir en République tchèque. Les participants avaient reçu à l’avance et par couriel, les textes présentés et les résumés des discussions. Ils ont ainsi pu envoyer leurs commentaires qui ont été lus à la conférence.
Peter Adriance, un des membres du bureau de l’IEF, qui participait de l’extérieur a précisé que l’organisation avait été délibérément structurée comme un réseau virtuel international. “Ce type d’organisation aurait été impossible il y a seulement quelques années mais l’arrivée d’Internet l’a rendu possible” a-t-il dit. Peter Adriance assure la liaison entre les ONG et les bahá’ís des États-Unis mettant l’accent sur les questions de développement durable. “Par exemple, l’année passée, 85 participants étaient inscrits à la conférence annuelle de l’IEF – et plus de 60 d’entre eux, de 30 pays différents, ont participé par Internet.”
“Faire connaître la façon d’appliquer les enseignements bahá’ís à la conservation de l’environnement et au développement durable est le but premier de l’IEF. Nous sommes nombreux à être engagés professionnellement dans ce travail, d’autres ne le sont pas, mais nous pouvons apprendre mutuellement et partager nos projets et nos programmes. C’est aussi une manière d’attirer l’attention de la communauté bahá’íe sur ces problèmes – et de stimuler une éducation à l’environnement dans la communauté au sens large.” a précisé M. Adriance.
Le Docteur Thoresen, membre de l’IEF depuis 1999, pense que le groupe peut avoir un impact sur les prises de décisions au niveau international : “Le changement a toujours été initié par des petits groupes qui finissent par en englober d’autres. Dans notre société moderne, la transparence et la connaissance des processus de prise de décisions sont importants quand on sait que des groupes d’intérêts (ou lobbyistes) essaient de faire triompher leur point de vue. L’IEF, bien qu’ayant peu de membres, sait travailler en réseau et établir des relations cordiales avec des personnalités aussi bien que maintenir le contact aux niveaux debase.”
UNE ECOLE BAHA’IE EN TANZANIE REÇOIT UNE SUBVENTION POUR UN NOUVEAU DORTOIR POUR FILLES.
IRINGA, Tanzanie, 01/01/02
Le lycée Ruaha, parrainé par la communauté bahá’íe, a reçu une subvention de 122 000 $ US sur deux ans pour la construction d’un nouveau dortoir, pouvant héberger jusqu’à 120 élèves.
Cette subvention de 141 630 Euros, a été accordée par une agence de développement d’inspiration bahá’íe du Luxembourg, la Unity Foundation. Le premier versement a été effectué le 19 décembre 2001.
"Un des buts principaux de laFondation est de favoriser l'éducation des filles et des femmes" explique Alex Schoos, trésorier de la Fondation. "C'est la raison pour laquelle nous voulions appuyer ce projet à l’École Ruaha."
Située à Iringa, l’école Ruaha reçoit environ 400 élèves. L’école a été fondée en 1986 et est gérée par l'Assemblée spirituelle nationale des bahá’íe de Tanzanie, le corps dirigeant élu par la communauté bahá’íe d’ici.
La mission principale de l'école est de servir la communauté tanzanienne en général en dispensant, à prix abordable,une éducation de qualité. Un de ses principauxobjectifs est l'éducation des filles. Plus des deux tiers de ses élèves sont de sexe féminin, alors que dans lepays moins de la moitié des étudiants inscrits dans les lycées sont des filles.
"Nous nous concentrons sur l'éducation des filles, ce qui est très important ici puisquetraditionnellement seuls les garçons sont instruits; c’est à eux que l’on accordetraditionnellement la priorité"a déclaré Becky Fairley, la directrice de Ruaha, dans une entrevue récente. "Nous essayons d'encourager les filles à améliorer leurs résultats.Nous croyons que ceci contribue à élever le statut des femmes. Cela modifie leur façon d’éduquer leurs enfants et l’effet sur la communauté est considérable."
La construction du nouveau dortoir prévoitune surface de 1040 mètres carrés, y compris une cour de 405 mètres carrés. Actuellement, 260 filles sont logées dans quatre dortoirs plus petits.Le nouveau dortoir augmentera de 46 pour cent la capacité d’hébergement.
La Unity Foundation, organisme non-gouvernemental fondé en 1991 par un groupe de bahá’ís, a aussi financé, récemment, un projet de dépistage de santéen Guyane ainsi qu’une imprimerie à but non lucratif au Congo-Kinshasa, produisant, à faible coût, du matériel pédagogique tantpour le développement communautaire que pour d’autres projets partout dans le pays.
Les fonds de la Unity Foundation proviennent de donateurs européens, mais principalement de Luxembourgeois.Un grand nombre des donateurs sont bahá’ís. Dans le cas de la construction du nouveau dortoir, la Fondation a reçu en contrepartie, une subvention équivalant aux deux tiers, de la part du Gouvernement du Luxembourg.
EN INDE, LA PLUS GRANDE ECOLE DU MONDE REUSSIT A SE CONCENTRER SUR LE GLOBALISME ET LA MORALITE.
LUCKNOW, Inde, 02/01/02
Frais émoulu de l'université et jeune marié, Jagdish Gandhi savait, il y a 42 ans que le but principal de sa vie était de servir l’humanité. Il pensa alors que l’éducation des enfants serait un bon moyen d’y parvenir.
Il emprunta donc 300 roupies (un peu moins de 10 dollars), loua quelques salles, et fonda la City Montessori School dans cette capitale historique d'une province du nord de l’Inde. La première classe de cette école comptait cinq élèves.
Monsieur Gandhi n'imaginait pas qu'elle deviendrait un jour la plus grande école privée du monde, ni qu’elle serait réputée pour l'accent particulier mis sur la façon d’enseigner aux étudiants la valeur de la citoyenneté mondiale et de la tolérance religieuse.
“Il y a ici des centaines d’autres écoles bien établies”, dit monsieur Gandhi, 66 ans, fondateur avec sa femme de l’école en 1959. “Nous n’avons donc pas réalisé que nous allions devenir la plus grande école du monde—ou que nous allions nous concentrer à ce point sur la transmission du globalisme éducatif.
Avec 22612 étudiants en 1999, CMS, le nom usuel de l’école, a gagné en 2000 une place dans le livre Guinness des records mondiaux en tant que plus grande école du monde pour le nombre d’élèves inscrits. Elle compte maintenant plus de 25000 élèves, de la maternelle à la fin du secondaire.
D’après les parents et les enseignants, le nombre élevé d’inscriptions n’est pas un hasard ou la conséquence de particularités comme des frais d’instruction extrêmement bas ou une équipe de sport très performante. Ils disent que CMS attire plutôt énormément les élèves pour deux raisons: 1) La réputation de son excellent enseignement, 2) Son programme distinctif d’éducation morale.
En terme d’enseignement, les élèves de CMS enlèvent donc les meilleures places aux examens du gouvernement ainsi que dans les écoles supérieures et universités prestigieuses de toute l’Inde. Pour l’année scolaire 2000-2001, par exemple, sur les 1192 étudiants de CMS qui se sont présentés au certificat d’études, examen national du système scolaire indien, 1179 l’ont obtenu, dont 1099 avec une note globale supérieure à 60 sur 100, ce qui est considéré comme une mention “très honorable”. Environ 79 étudiants ont obtenu une note supérieure à 90 sur 100.
Enseignement mis à part, les parents disent qu’ils ont aussi choisi d’envoyer leurs enfants à CMS en raison de son effort remarquable pour fournir aux étudiants les outils spirituels, moraux et intellectuels nécessaires au succès dans un monde de plus en plus global, un monde dans lequel la capacité à vivre avec des personnes de toutes religions, origines ethniques et nationalités sera d’une importance extrême.
“Exposition au globalisme”
L’accent mis par l’école sur cet objectif est très clair. Son prospectus annonce “une interaction internationale et une exposition au globalisme”, tandis que les bannières et posters sur les différents bâtiments de l’école proclament: “Chaque enfant est potentiellement la lumière du monde”, et que d'autres soulignent les principes d’harmonie et de tolérance inter-religieuse.
“Pourquoi autant de parents y envoient-ils leurs enfants?” “La raison, je pense, est que les parents veulent que leurs enfants soient bien”, affirme monsieur Gandhi. “Oui, ils veulent leur offrir une bonne éducation. Ils veulent de bons résultats et nous les leur donnons. Mais ils veulent aussi que leurs enfants aient une bonne moralité, ce que nous nous efforçons de leur donner également.”
“De plus, les parents savent que leurs enfants vont être exposés à un environnement international”, ajoute monsieur Gandhi, soulignant que l’une des caractéristiques distinctes de l’école est d’accueillir de nombreuses conférences internationales sur des sujets allant de la musique et de la culture à l’informatique et à la robotique, ce qui amène de nombreux visiteurs de l’étranger.
“Ici les enfants se pénètrent d'une vision de globalisme”, poursuit monsieur Gandhi. “De telle façon qu’ils puissent accéder à une fonction qui leur permettra de changer le monde. Je souhaite que nos diplômés soient des agents motivés du changement social, servant les meilleurs intérêts de la communauté et du monde perçu dans sa totalité”.
Techniquement parlant, CMS n’est pas tant une école qu’un secteur scolaire, avec une vingtaine de branches dispersées dans Lucknow. Chaque branche étant un petit campus en lui-même, avec généralement le bâtiment principal de l’école et plusieurs structures annexes. En moyenne, chaque branche accueille quelques 1250 élèves.
Certains de ses campus ont été construits spécifiquement pour CMS, et cette infrastructure scolaire est l’une des plus modernes parmi les nombreuses écoles privées de Lucknow, si ce n’est de l’Inde. De plus, par leur qualité de construction, de conception et d’agencement, ils devraient être comparés plus précisément aux campus d’un petit collège ou d'une université plutôt qu’à ceux d'une école élémentaire et secondaire.
Le programme couvre tous les sujets traditionnels nécessaires pour que les élèves passent les examens nationaux, mais avec un accent particulier mis sur l’éducation morale. Et à CMS, l’éducation morale intègre le concept de citoyenneté mondiale et d’harmonie inter-religieuse.
“La source des valeurs morales”
Les valeurs morales promues à CMS viennent directement des enseignements de la foi bahá’íe. Au début de leur vie commune, monsieur et madame Gandhi étaient profondément influencés par les idées humanitaires du Mahatma Gandhi - influence qui, en partie, a conduit monsieur Gandhi à fonder CMS. En 1974, monsieur et madame Gandhi sont devenus bahá’ís. Depuis ce moment, ils ont progressivement introduit les principes sociaux et spirituels de la Foi dans le programme spirituel et moral de CMS.
Cela ne veut pas dire toutefois que l’école impose la foi bahá’íe à ses élèves. En fait, l’école cherche avant tout à soutenir les valeurs enseignées par toutes les religions et à respecter les croyances de tous les étudiants et de leurs parents, qui reflètent la diversité de Lucknow, composée d’environ 70 pour cent d’hindous, 25 pour cent de musulmans et 5 pour cent de chrétiens et de sikhs.
“Dans notre écolenous respectons chaque religion”, affirme Bonita Joel, principale de la branche Indira Nagar de CMS, elle-même chrétienne. Aucune religion n’est enseignée ici. C’est une école laïque. Mais nous enseignons aux enfants à respecter chaque religion.”
Madame Joel et d’autres à CMS estiment que l'accent porté sur le pluralisme religieux est indissociable de celui porté par l’école sur le globalisme.
“L’école professe que nous croyons fondamentalement dépasser les limites étroites de notre pays pour avancer vers d’autres nations et cultures.”, dit madame Joel. “Avec la mise en place de la globalisation, nous sentons que les élèves ne peuvent plus continuer à être confinés dans des pensées restreintes à leur voisinage, leur culture ou leur pays. Qu'ils doivent avancer vers un monde plus large.”
Madame Sadhna Chooramani, principale de la branche Chowk de CMS, croit que l’accent porté sur le globalisme et la tolérance religieuse aident beaucoup à préparer les élèves au succès dans le monde actuel”.
“Nos élèves n’ont pas d’inhibitions à sortir et à travailler avec d’autres, quelle que soit leur religion ou leur origine ”, affirme madame Chooramani, 38 ans qui est hindoue. “ Ils acceptent les gens tels qu'ils sont. Le sentiment d'unité de la race humaine est profondément enraciné en eux ”.
Madame Chooramani croit que, à CMS, la promotion de longue date de la tolérance et du principe d’unité a contribué à l’harmonie communautaire à Lucknow. En 1992, lorsque des émeutes se sont produites dans de nombreux centres urbains après que des fondamentalistes aient détruit la mosquée Babri de la ville de Ayodhya, Lucknow a échappé à ces troubles sérieux et elle est réputée pour être une ville paisible.
Selon madame Chooramani, avec autant d'élèves et un niveau d’engagement parental aussi élevé, CMS contribue très certainement à ce sens de l’harmonie à Lucknow.
“Les gens de Lucknow commencent à sentir que ce concept d’unité de l’humanité est le seul moyen par lequel nous pouvons progresser vers l’harmonie, la paix et une meilleure façon de vivre.”
Pendant la crise de Ayodhya en1992, Madame Chooramani a organisé une réunion de voisinage, et elle y a lancé un appel au calme. “ J’ai dit qu’aucune religion n’enseigne ce type de violence ”, rapporte-t-elle.
Pendant cette période, d’autres branches de CMS ont également organisé des réunions similaires ou des activités, et l’école entière a organisé une marche générale pour la paix. “Des centaines d’enfants marchaient avec une banderole proclamant “ Dieu est un et toute l’humanité est une”, dit madame Barthi Gandhi, directrice du groupe CMS. “Et à cette époque, il n’y a eu aucun accident à Lucknow, même si ailleurs, des hindous tuaient des musulmans et des musulmans tuaient des hindous, ”
L’école cherche à renforcer son idéal d’internationalisme non seulement dans son programme, mais encore, comme le souligne monsieur Gandhi, en parrainant diverses conférences internationales. Dans certains de ses plus grands campus, des dortoirs bâtis sur le modèle d’hôtels et des services de restauration rendent de tels événements possibles à un coût relativement bas.
Actuellement chaque année, l’école accueille une variété d’événements internationaux, incluant “Macfair International”, une exposition sur l’informatique et les mathématiques, “Celesta International”, un festival de culture et de musique internationale, les Olympiades internationales d’astronomie, l’Olympiade scientifique des mathématiques, de l’informatique et de la robotique, un “échange international d’expériences entre écoles”, et une “école d’été internationale pour enfants”. En 2000, CMS a organisé et/ou accueilli neuf événements de ce type et onze étaient prévus pour 2001.
L’école s’efforce également d’innover en matière d’éducation. Elle a ainsi adopté des pratiques de gestion variées, telles que les cercles de qualité, qui encouragent la naissance et le développement d’idées nouvelles. Elle possède également sa propre “aile d’innovation” avec 25 personnes entièrement orientées vers la recherche, le développement et la mise en place de nouvelles méthodes d’enseignement pour le groupe CMS. Dans cet objectif, les chercheurs puisent des idées en Inde et à l’étranger.
Quant aux parents, ils sont heureux de la direction prise par l’école. Le nombre d’élèves continue à augmenter, atteignant 25172 élèves cette année.
“Il y a de nombreuses écoles qui donnent un bon enseignement, mais celle-ci va plus loin, en donnant à tous les meilleurs atouts: le développement personnel, un bon niveau scolaire et des valeurs morales” affirme Manoj Agrawal, ingénieur électricien de 35 ans qui a deux enfants à CMS.
“Ils font sortir le meilleur de l’enfant” ajoute Deepa Agrawal, sa femme. “Ils leur donnent des opportunités et un encouragement juste”.
Les Agrawal et d’autres parents font aussi l’éloge de l’importance qu'accorde l’école à des relations fortes entre parents et enseignants. Des visites régulières des enseignants aux familles sont encouragées et les parents sont invités à des manifestations elles aussi régulières à l’école. “Cela développe certains rapports entre enseignants et parents”, selon madame Agrawal.
Om Prakesh Patel, un fermier de 32 ans du district Kaimur, à quelque 390 kilomètres dans l’état de Bihar, avait tellement envie d’inscrire son fils à CMS qu’il a déménagé avec ses beau-parents pour s’installer à Lucknow - ce qui va complètement à l’encontre des traditions.
Lui et sa femme, Sunita, ont choisi CMS à cause de sa réputation scolaire, de la grande interaction entre parents et enseignants et de l'accent mis sur l’éducation morale.
“L’importance accordée à la morale est un point supplémentaire”, dit Mr. Patel, dont le fils de neuf ans, Harsh, fréquente CMS depuis cinq ans. “ Nous sommes un pays laïque et l’esprit communautaire grandit en Inde. Nous pensons donc que nous avons besoin d’une société plus tolérante envers les religions. Et à notre époque matérialiste l’éthique morale est très importante.”
LA COMMUNAUTE BAHA’IE DES ÉTATS-UNIS PUBLIE UNE IMPORTANTE DECLARATION SUR LE DESTIN DE L’AMERIQUE ET LA PROMESSE DE LA PAIX MONDIALE.
NEW YORK, USA, 03/01/02
En relation avec l’actuelle atmosphère de "troubles mondiaux", la communauté bahá’íe des États-Unis a publié une importante déclaration offrant une perspective du destin de l’Amérique en tant que promoteur de la paix dans le monde.
Pleine page publicitaire parue le 23 décembre 2001 dans The New-York Times, cette déclaration exprime que les bahá’ís croient que la nation américaine évoluera à travers des épreuves et des défis pour devenir un pays de grande spiritualité, un exemple de justice et d’unité parmi les peuples et les nations, et un puissant serviteur de la paix éternelle.
S’inspirant de précédentes déclarations et d’extraits des écrits bahá’ís, ce document définit six conditions préalables pour l’établissement de la paix mondiale : la "reconnaissance universelle" de l’unité de l’humanité ; l’éradication du racisme ; l’émancipation totale des femmes ; l’élimination des "conditions extrêmes" de richesse et de pauvreté ; la fin du "nationalisme débridé" ; et l’harmonie entre les différents chefs religieux.
Au dire de Robert Henderson, secrétaire de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís des États-Unis, bien que cette déclaration ne mentionne pas de manière spécifique les attaques terroristes du 11 septembre ou l’actuelle guerre opposant le gouvernement américain au terrorisme, elle offre une vision nouvelle de ces événements.
Et le Dr. Henderson de continuer : "L’Assemblée spirituelle nationale a le sentiment que nos compatriotes ont besoin d’avoir une compréhension nouvelle de leur destinée en tant que nation ; nos écrits regorgent de références au rôle de l’Amérique en tant qu’agent de paix dans ce monde qui est en train de rétrécir à l’échelle d’un village."
Après une introduction qui met en exergue l’appel de Bahá’u’lláh à l’unification de l’humanité, le document nous conduit à un passage des écrits bahá’ís paru en 1938 sous la plume de Shoghi Effendi, qui dirigea la Foi bahá’íe de 1921 à 1957.
"Le monde est en train de changer. Les événements se succèdent de manière sinistre et à une vitesse déconcertante. Le tourbillon de ses passions est très rapide et d’une violence alarmante. Le nouveau monde est insensiblement entraîné dans ses remous."
Et il continue : "Le monde rétrécit à l’échelle d’un village. L’Amérique, qu’elle le veuille ou non, doit affronter cette nouvelle donne. Sans même tenir compte de motivation humanitaire, mais uniquement dans un but de sécurité nationale, elle se doit d’assumer les obligations engendrées par cette nouvelle proximité. Aussi paradoxal que cela puisse sembler, le seul espoir qu’a notre pays de se dégager de ces périls est de s’engager résolument dans le réseau associatif mondial que semble tisser la main invisible de la Providence."
Le Dr. Henderson ajoute : "Ce sont ces paroles qui furent prononcées il y a environ 60 ans par Shoghi Effendi et que nous voyons se réaliser de nos jours sous nos propres yeux.
"Nos écrits établissent clairement que la paix n’est pas uniquement un problème de signature de traités ou de protocoles diplomatiques. Elle implique tout un processus de principes spirituels – véritable architecture de la paix – comprenant l’unité du genre humain, l’abolition du racisme, l’égalité des droits entre hommes et femmes, l’élimination des extrêmes de richesse et de pauvreté et bien d’autres principes.
"Notre but est d'indiquer à nos concitoyens les principaux éléments menant à la paix et de montrer que l’Amérique a un rôle à jouer dans son établissement." Dit le Dr Henderson.
Cette déclaration s'achève par quelques lignes d’une prière d’ Abdu’l-Bahá, le fils aîné de Bahá’u’lláh, qui dirigea la foi bahá’íe de 1892 à 1921.Le Dr. Henderson conclut : "Nous pensons que cette prière exprime magnifiquement ce qu'assume le pays dans son rôle de 'champion' des relations internationales selon le dessein de Dieu."
Cette déclaration dit-il,a déjà reçu un certain nombre de réponses positives, sous forme de lettres ou d'appels téléphoniques, parfois en des termes excessifs de louanges.
La déclaration sera publiée dans d'autres journaux importants dans les semaines qui viennent. La communauté bahá’íe des États-Unis compte l’adresser également aux membres du Congrès, à des gouverneurs d’états, à certains grands penseurs et dans un futur proche au Président des États-Unis.
Ci-dessous l’intégralité de cette déclaration, telle que publiée dans The New York Times :
Le destin de L’Amérique et la promesse de la paix mondiale.
En cette période d’agitation mondiale, la communauté bahá’íe des États-Unis offre une vision du destin de l’Amérique dans la promotion de la paix mondiale.
Il y a plus de cent ans, Bahá’u’lláh, le fondateur de la foi bahá’íe, s’adressant aux chefs d’états du monde, proclama que l’âge de maturité de l’ensemble de l’humanité était arrivé. L’unité du genre humain devait être maintenant établie afin de fonder la plus grande paix, marquant le point culminant de l’évolution spirituelle et sociale de l’humanité. Pour ce faire, des changements révolutionnaires et éprouvants seraient inévitables.
Les écrits bahá’ís affirment :
Le monde est en pleine progression. Les événements se succèdent de manière sinistre et avec une rapidité déconcertante. Le tourbillon des passions est étourdissant et d’une violence alarmante. Le Nouveau Monde est irrésistiblement attiré en son centre…. Des dangers jamais imaginés et imprévisibles le menacent tant de l’intérieur que de l’extérieur. Ses gouvernants et son peuple sont entraînés dans la spirale de crises cycliques et de polémiques féroces…
Le monde se rétrécit à l’échelle d’un village. L’Amérique volontairement ou non, se doit d’affronter cette nouvelle donne. Sans même tenir compte de motifs humanitaires, mais dans un but uniquement de sécurité nationale, elle doit assumer les conséquences de cette nouvelle proximité. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, son seul espoir de se dégager des périls qui l’entourent, est de s’engager résolument dans le tissu associatif mondial que semble tisser la main invisible de la Providence.
Les bahá’ís pensent que la nation américaine évoluera à travers moult épreuves et défis pour devenir un pays de grande spiritualité, champion de la justice et de l’unité parmi tous les peuples et les nations et un puissant serviteur de la cause de la paix éternelle. Ceci est la paix promise par Dieu dans les textes sacrés de toutes les grandes religions révélées du monde.
L’établissement de la paix n’est pas uniquement le fait de signer des traités et des protocoles d ‘accord ; c’est une tâche complexe nécessitant de nouveaux engagements à des niveaux en général peu liés à la recherche de la paix.
L’acceptation universelle du principe spirituel de l’unité du genre humain est essentielle à tout essai d’établissement de la paix dans le monde.
Le racisme, un des maux les plus pernicieux et les plus tenaces, est une barrière infranchissable pour la paix.
L’émancipation des femmes, l’accession à l’égalité de droit des deux sexes est l’une des conditions essentielles, bien que peu reconnue, à l’avènement de la paix.
L’excès de disparité entre riches et pauvres maintient le monde dans une instabilité empêchant l’établissement de cette paix.
Le nationalisme débridé, à distinguer d’un patriotisme raisonnable et légitime, doit céder la place à une loyauté plus large : l’amour pour l’humanité dans son ensemble.
Les querelles religieuses, causes d’innombrables guerres et conflits par le passé, sont un obstacle majeur au progrès. Le défi lancé aux dirigeants religieux du monde est de regarder, le cœur rempli de compassion et en quête de vérité, la complexité de la société humaine, et de s’interroger s’ils ne peuvent, en toute humilité devant leur Seigneur, fondre leurs différents théologiques dans une plus grande tolérance spirituelle leur permettant ainsi de travailler ensemble à une meilleur entente entre les humains et en vue d’établir la paix.
Les bahá’ís aspirent à ce "que cette démocratie américaine soit la première nation à établir la fondation d’un accord international. Qu’elle soit la première nation à proclamer l’unité du genre humain. Qu’elle soit la première à déployer l’étendard de la Plus grande paix."
Pendant ces heures de crises, nous affirmons notre foi inébranlable dans le destin de l’Amérique. Nous n’ignorons pas que le chemin de sa destinée est long, tortueux et plein d’embûches, mais nous sommes confiant que l’Amérique émergera de ces épreuves, unie et invaincue. "
-Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís des États-Unis.
LA CONFERENCE DU FEU DANS LE PACIFIQUE CELEBRE LE 100EME ANNIVERSAIRE DE LA FOI BAHA'IE A HAWAII.
Honolulu, Hawaii, États-Unis, 28/01/02
Plus de 1000 bahá'ís venant d'environ 53 pays se sont joints, en décembre, aux bahá'ís des îles hawaiiennes pour une célébration de 4 jours du centenaire de l'établissement de la foi bahá'íe à Hawaii.
Intitulée "Feu dans le Pacifique", la conférence incluait musiques, danses, ateliers, et discours commémorant l'histoire de la foi à Hawaii et projetant son futur ici et dans la région du Pacifique.
Des sessions de la conférence se sont entre autre concentrées sur les questions sociales dans la région, dont l'éducation morale et spirituelle des jeunes et des enfants, la contribution potentielle des peuples de la région à la civilisation mondiale, l'utilisation du théâtre et des arts pour un changement social positif, et la formation à la diversité.
Nombre de personnalités éminentes assistaient aux événements du 20 au 23 décembre 2001 qui ont été largement couverts par les médias. À l'ouverture la princesse Tooa Tosi Malietoa de Samoa a présenté des souhaits au nom de son père, son éminence Susuga Malietoa Tanumafili II, chef d'état de la nation indépendante de Samoa. Ka'ulu Kukui Thomas, juge en retraite à la cour d'état à Hawaii et administrateur du fonds de la reine Liliuokalani, a souhaité la bienvenue aux participants au nom du peuple hawaiien. Et le maire d'Honolulu Jeremy Harris, a accueilli le public de la conférence en séance plénière le samedi matin.
"Un trait dominantdu rassemblement a été l'imprégnation de tous les événements d'un esprit reflétant les cultures de toute la région du Pacifique." dit Chris Cholas, secrétaire de l'Assemblée spirituellenationale des îles Hawaii. "Une grande importancea été donnée aux intervenants et artistes locaux. Il y avait des artistes et des représentants non seulement d'Hawaii mais aussi de Polynésie, de Mélanésie, et de Micronésie, et beaucoup de participants ont remarqué que cette manifestation de diversité et de respect pour des cultures différentes a créé un formidable esprit de joie et d'unité.
Parmi les points marquants de la conférence, citons un défiléd'environ 600 participants, le 20 décembre, vers le tombeau d'Agnes Baldwin Alexander, la première à introduire la foi bahá'íe auxîles Hawaii, et d'ailleurs dans toute la région du Pacifique, en décembre 1901. Née à Hawaii, petite fille de missionnaires, Mme Alexander, entendit parler de la foi bahá'íepour la première fois durant un voyage en Europe. De retour à Hawaii le 26 décembre 1901, elle voua le reste de sa vie à diffuser les enseignements de Bahá'u'lláh dans le Pacifique et plus tard au Japon.
Pour Emily Chew, bahá'íe venant d'Australie, visiter le tombeau de Mme Alexander"lui a semblé juste parce que cela montre du respect", pour les premiers qui ont amené la Foi dans la région. "C'était une modeste mais merveilleuse façon de commencer cette conférence historique." La principale chaîne de télévision d'Honolulu, la station KHON a largement couvert ce défilé, qui était une vitrine de la diversité humaine.
La conférence comportait plus de 80 ateliers, conférences et représentations. Les participants pouvaient choisir des séances sur des thèmes allant de la présentation des succès d'une école professionnelle bahá'íe à Kiribati à des discussions sur la manière de mieux utiliser la consultation, forme non-conflictuelle de prise de décision dans la communauté bahá'íe.
Il y a aussi eu de nombreuses représentations d'artistes bahá'ís. Le musicien K.C. Porter, vainqueur d'un Grammy Award et d'autres artistes locaux ont provoqué un "embouteillage" dans l'une desplus petites salles de conférence; l'acteur australien Philip Hinton a présenté "Les voies de la liberté", histoire de Howard Colby Ives ; et Nadema Agard, spécialiste des relations extérieures du Musée national smithsonien des Indiens d'Amérique a présenté un atelier sur la présence féminine sacrée dans les arts des natifs américains.
En sessions plénières, le thème portait principalement sur la manière dont les enseignements bahá'ís --comme l'égalité hommes et femmes et la reconnaissance de l'unité essentielle de l'humanité-- peuvent être utilisés au profit des communautés dans la région du Pacifique.
Le 21 décembre par exemple, au cours d'une séance, le docteur Sirus Navaqui, professeur de médecine et son collègue Dean de la Western Clinical School de l'université de Sydney, ont parlé des écrits bahá'ís concernant le Pacifique, et des similitudes entre les enseignements de Bahá'u'lláh et les croyances traditionnelles des habitants des îles du Pacifique. Ces similitudes peuvent être facilement utilisées pour promouvoir l'unité et la coopération, ont-t-il dit.
Le samedi 23 décembre, la conférence a parrainé un Ho'olaule'a traditionnel, (ou festival en extérieur), au pavillon Mc Coy du parc balnéaire Ala Moana. L'Ho'olaule'a présentait des artistes locaux connus, Amy Hanaiali'i, Hapa'sBarry Flanagan, Martin
Pahinui, Sean Na'auao et Ernie Cruz, ainsi que M. Porter qui produit et participe à l'album de Santana "supernatural" vainqueur d'un Grammy Award. Les danseurs, les arts, l'artisanat et les produits alimentaires d'autres îles du Pacifique faisaient partie de la manifestation, ainsi que des mets hawaiiens.
Les participants à la conférence venaient d'Hawaii, de la région Pacifique, des États-Unis, du Canada, d'Alaska, d'Europe, d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique.
Précision de la part de l'A.S.N. des Bahá’ís de France :
Suite à l'envoi de l'article intitulé 'La conférence du feu dans le Pacifique célèbre le 100ème anniversaire de la foi bahá'íe à Hawaii', le secrétariat de l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá’ís de France nous a demandé de signaler qu'il y avait également une représentation officielle de la France et de Monaco à cette occasion.
LA JOURNEE MONDIALE DE LA RELIGION A ETE CELEBREE PAR LES COMMUNAUTES BAHA’IES DANS LE MONDE.
STUTTGART, Allemagne, 20/02/02
En commémoration de la journée mondiale de la religion plus de 400 personnes se sont réunies le 20 janvier 2002 pour une discussion inter-religieusesur le thème "Les religions contre la violence".
C’était une commémoration parmi les douzaines sinon les centaines de célébrations de la journée mondiale de la religion qui se sont tenues, cette année, dans le monde entier.
Instituée en 1950 comme essaipour favoriser la compréhension inter-religieuse, la journée mondiale de la religion est maintenant commémorée dans le monde entier le troisième dimanche de janvier.
À Stuttgart la commémoration était parrainée par la Communauté bahá’íe d’Allemagne et a eu lieu à Neues Schloss, un château du 18ème siècle construit par les rois du Wurttemberg . Parmi les participants à la discussion sur le thème de la violence religieuse, étaient présents Meinhard Tenné du Conseil central juif d’Allemagne ; le Dr Paul Köppler de l’Union bouddhiste d’Allemagne ; le Prof. Urs Baumann, du département de théologie à l’université de Tübingen ; le Dr Nadeem Elyas président du Conseil central musulman d’Allemagne ; le Dr Johannes Frühbauer de la Fondation Hans Küng pour les éthiques du monde et Christopher Sprung de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís d’Allemagne.
La discussion a porté sur les facteurs qui dans les religions favorisent la paix aussi bien que sur leur potentiel à engendrer conflits et guerres. Tous étaient d’accord sur le fait que les religions du monde, si elles sont vues dans leur essence véritable, sont contre la violence. "La devise de la discussion était, essentiellement, que les véritables croyants sont contre la violence et le terrorisme" et "qu'ils devraient considérer sérieusement ce que leur foi leur dit" a dit M. Sprung.
Les participants ont également noté que des revendications concurrentes de vérité exclusive empêchent souvent les religions d’établir un climat d’harmonie et d’unité. Le Prof. Baumann, théologien catholique, a dit que l'idée qu’une religion est "l’unique chemin vers la vérité et le salut" a trop souvent été considérée comme "le plus grand motif de violence", spécialement quand une telle revendication se trouve institutionnalisée par un gouvernement ou des politiques.
Le Dr. Frühbauer a souligné l’urgence de reconnaître un ensemble de principes éthiques communs à toutes les religions et cultures. Cet "ensemble minimal" devrait être adopté en totalité par tous pour sauvegarder et encourager le progrès social en ces temps de globalisation. M. Sprung a répondu en suggérant que les religions, notamment, doivent élaborer ensemble "un ensemble maximal" de principes éthiques et religieux communs, autrement la force sociale de toute religion disparaîtra.
Les représentants juifs et bouddhistes ont tous les deux évoqué la justice des religions, disant que "les religions sont comme des cartes topographiques différentes" donnant l’orientation à leurs adeptes. L'événement a été longuement rapporté dans plusieurs journaux régionaux importants.
D’autres commémorations importantes de la journée mondiale de la religion ont eu lieu le 20 janvier en Bulgarie notamment, en Mongolie, au Pakistan et aux États-Unis, où de nombreuses communautés locales bahá’íes ont parrainé des célébrations. Un site web dédié à la Journée mondiale de la religion ( www.worldreligionday.com) compte 15 pays qui ont programmé cette année des célébrations dont l'Albanie, l'Australie, l'Autriche, le Canada, Hong Kong, l'Inde, l'Ireland, l'Italie, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, Panama, la Slovaquie, la Suisse, le Royaume-Uni et Vanuatu.
En Bulgarie, environ 45 personnes se sont réunies au Centre national bahá’í de Sofia. Les participants comprenaient des adeptes de diverses religions, des académiciens et des représentants d’organisationsnon-gouvernementales. Le programme comportait la lecture de prièrespar des membres de différentes religions, bahá’ís, catholiques, orthodoxes, hindous et musulmans. Après le programme de dévotion, Théodore Bourilkov, membre de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís de Bulgarie qui parrainait cet événement, a fait une conférence sur le thème "Tolérance religieuse - survol historique et compréhension moderne".
En Mongolie, plus de 100 personnes se sont réunies à Ulan Bator pour célébrer la journée. Des représentants de la foi bahá’íe, du bouddhisme, du christianisme et de l’islam étaient présents, ainsi que plusieurs personnalité gouvernementales et quatre assistants du département des études religieuses de l’université nationale.
"Le thème de la réunion était ‘l’unité de l’humanité’ et le programme consistait en courtes prières de chaque foi, entrecoupées de musique sacrée et de brèves causeries" a dit Dulamsuren, secrétaire de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís de Mongolie qui parrainait l’événement, événement couvert par deux chaînes de télévision nationales.
Au Pakistan plus de 50 personnes se sont réunies pour un programme à la salle de conférences bahá’íede Karachi. Des membres de la communauté Zikri du Pakistan y ont participé. La communauté Zihri est une secte pacifiste soufi de l’islam.
Aux États-Unis, des manifestations ont été programmées entre autre en Arizona, Arkansas, Californie, Colorado, Floride, Illinois, Indiana, Louisiane, Minnesota, Massachusetts, New Hampshire, New York, Caroline du Nord, Oregon, Pennsylvanie et Utah, selon le site web de la journée mondiale de la religion.
La journée mondiale de la religion a été instituée en 1950 par l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís des États-Unis. Les bahá’ís célèbrent la journée en organisant des discussions, des conférences et autres évènements qui encouragent la compréhension et la communication entre adeptes de toutes les religions. En 1985, le Gouvernement du Sri Lanka a émis un timbre postal en commémoration de cette journée.
Le but de la journée mondiale de la religion est d’attirer l’attention sur l’harmonie des principes spirituels et sur l’unité des religions du monde et de faire ressortir qu’une religion mondiale sera la force motivante de l’unité du monde. Comme mentionné dans les Écrits bahá’ís, "… la religion devrait être une cause d’amour et d’accord, un lien pour unir toute l’humanité car, c’est un message de paix et de bon vouloir de Dieu aux hommes" et "la religion est le plus grand de tous les moyens pour l’établissementde l’ordre dans le monde et pour la tranquillitéde tous ceux qui y habitent."
LE DERNIER VOLUME DU BAHA'I WORLD PARLE DU TERRORISME MONDIAL ET DES EVENEMENTS ORGANISES PAR L'ONU POUR CELEBRER L'ENTREE DANS LE NOUVEAU MILLENAIRE.
HAÏFA, Israël, 27/02/02
Le dernier volume de la collection “The Bahá'í World”, désormais disponible au Service des publications du Centre mondial, décrit notamment le point de vue bahá'í sur le terrorisme mondial ainsi que la participation de la Communauté internationale bahá'íe au Sommet du Millénaire des Nations unies et aux célébrations connexes.
Le “Bahá'í World 2000 – 2001” est le neuvième volume d'une publication annuelle du Bureau d'information de la Communauté internationale bahá'íe. Destinée à la fois au grand public et à des lecteurs bahá'ís, la collection présente un panorama annuel des activités de la communauté et de ses perspectives d'avenir. Le présent volume couvre la période du 21 avril 2000 au 21 avril 2001.
“Notre objectif est d'établir un inventaire général faisant foi, des activités entreprises par la communauté bahá'íe dans le monde, tout au long de l'année” déclare Ann Boyles, rédactrice en chef de la publication. “Nous espérons qu'il serve de document de référence précieux à la fois pour les bahá'ís et pour l'ensemble des lecteurs, chercheurs, journalistes et de manière générale tous ceux que la foi bahá'ie et son évolution intéressent.
Le volume de cette année aborde de manière plus spécifique l'inauguration en janvier 2001 du Centre international d'enseignement, un des bâtiment du Centre mondial bahá'í; le Colloque sur la science, la religion et le développement, organisé en novembre 2000 à New Delhi par l'Institut d'études de la Communauté internationale bahá'íe sur la Prospérité mondiale; et la première Conférence internationale organisée par l'Université hébraïque de Jérusalem.sur les religions modernes, en décembre 2000.
On y trouve également des articles de fond présentant le point de vue bahá'í sur des thèmes contemporains. Notamment, un article de Robert Atkinson, "Culture and the Evolution of Consciousness" (Culture et évolution des consciences), qui décrit les liens unissant le développement de la culture et la conscience grandissante que l'humanité a de son unité essentielle. "Symbols of Transformation: The Gardens and Terraces on Mount Carmel," (Symboles de transformation: les jardins et les terrasses du Mont Carmel), par Elham Afnan, qui évoque la dimension religieuse des terrasses récemment inaugurées sur le Mont Carmel. Enfin une description de l'Institut de développement Badi pour la formation des femmes en milieu rural, établi en Inde, qui décrit la façon dont une organisation non gouvernementale, inspirée par des principes bahá'ís, peut réussir à promouvoir la condition de la femme par des programmes associant formation pratique et éducation morale.
Particulièrement intéressant cette année est l'article du Dr. Boyles, qui expose les conclusions de l'observation rigoureuse que l'auteur a menée sur le terrorisme mondial, et qu'elle décrit bien avant les attaques terroristes du 11 septembre à New York. Elle y constate une augmentation générale de l'activité terroriste, énumère les solutions généralement envisagées, et donne son point de vue de bahá'íe, favorable à l'établissement dans le monde d'un “cadre universel propice à une stabilité réelle et durable”.
“La collaboration des services de renseignements pour recueillir des informations précises, la signature de traités et de protocoles internationaux, et l'application de divers types de sanctions, toutes ces mesures représentent incontestablement un progrès dans la lutte contre le terrorisme”, écrit Mme Boyles. “Toutefois, il serait vain de vouloir résoudre isolément un problème comme le terrorisme, indépendamment des nombreuses autres questions qui affligent et déstabilisent la société. Au lieu de se contenter de répondre au coup par coup à des problèmes disparates, les nations devraient envisager d'instaurer un ordre international global reposant sur la justice sociale et la sécurité collective, qui donnerait à tous la possibilité de vivre dignement. Ce serait là le facteur le plus décisif en faveur d'un changement durable.
L'article portant sur le Sommet du Millénaire aborde non seulement la participation de la communauté au Sommet de l'ONU en septembre 2000, mais aussi son engagement dans les événements préparatifs du Sommet. Il décrit en particulier, l'importance du rôle joué par la communauté pour soutenir le Forum du Millénaire, qui a rassemblé les organisations non gouvernementales en mai 2000, et le Sommet mondial pour la paix des dirigeants religieux, en août de cette même année.
“N'est-il pas révélateur, par exemple, que ce soit un représentant de la Communauté internationale bahá'íe qui occupait la vice-présidence du Forum du Millénaire en mai 2000, et que ce soit lui qui ait représenté les organisations non gouvernementales devant les chefs d'État de la planète, réunis au Sommet du Millénaire en septembre ?”, demande Mme Boyles. “Notre article explique ce qui s'est passé dans les coulisses de ces événements.”
Au nombre des rubriques périodiques de la collection, on trouve une introduction générale à la communauté bahá'íe; des sélections des Écrits saints bahá'ís; les idées forces des messages de la Maison universelle de justice et des déclarations de la Communauté internationale bahá'íe, au cours de l'année écoulée; la chronique “The Year in Review”, qui décrit les activités de la communauté bahá'íe dans le monde; une mise à jour de la situation des bahá'ís en Iran; un rapport sur l'état des projets du Mont Carmel au Centre mondial bahá'í; une rubrique nécrologique à la mémoire d'éminents bahá'ís; des statistiques sur la communauté bahá'íe; un guide des services offerts par la communauté bahá'íe; enfin une sélection des nouvelles publications.
Aux dires des rédacteurs de l'ouvrage, condenser les activités de toute une communauté religieuse pendant un an en un seul volume n'est pas chose aisée, et l'ampleur des informations interdit à elle seule la publication d'un ouvrage exhaustif.
“Nous recueillons des informations provenant de 180 entités nationales pour réaliser ce panorama des activités bahá'íes”, déclare le Dr. Boyles. “ Nous savons qu'il est impossible de tout y mettre, mais notre but, est d'esquisser les grandes tendances et les activités les plus représentatives de l'ensemble de la communauté, de manière à rendre compte de son rythme de croissance.”
Cette croissance apparaît dans le fait que la communauté bahá'íe, qui ne comptait que 100 000 membres en 1926, date de la publication du premier volume de la collection, en compte aujourd'hui plus de 5 millions, résidant dans 245 nations et territoires dépendants.
C'est sous la direction de Shoghi Effendi, qui était aux commandes de la foi bahá'íe de 1921 à 1957, que la publication a été lancée. Les volumes paraissaient alors une fois tous les deux ans, et ce jusqu'en 1940, date à partir de laquelle, ils ne paraîtront plus que sporadiquement pour cause de restrictions budgétaires. En 1992, la Maison universelle de justice, le conseil administratif international de la communauté bahá'íe, demande une révision de la présentation de l'ouvrage, qui “mette en valeur un bilan annuel bien écrit, abondamment illustré et agréablement conçu, pour permettre aux amis et aux Assemblées spirituelles de disposer… d'informations courantes” sur la communauté bahá'íe.
La Maison universelle de justice estime aujourd'hui qu'il est temps de réévaluer la publication”, a déclaré le Dr. Boyles, “et de la recentrer sur les objectifs fixés par Shoghi Effendi dans les années 1920… Désormais les volumes contiennent un panorama des activités de la communauté bahá'íe présentant un intérêt pour les générations à venir”.
Le volume comporte 320 pages et contient de nombreuses photos couleur, pour le prix de US.95 en version reliée ou US.95 en version brochée. Il peut être commandé au Service des publications du Centre mondial par le biais du Service de distribution bahá'í des États-Unis : United States Bahá'í Distribution Service, 4703 Fulton Industrial Boulevard Atlanta, GA 30336-2017, USA (telephone: (800) 999-9019; email: bds@usbnc.org).
AU TAJIKISTAN, DES BAHA’IS ONT ETE TUES POUR LEUR CROYANCE.
HAÏFA, Israël, 05/03/02
À Dushanbe, auTajikistan, deux bahá’ís ont été tués pour leurs convictions religieuses. Rashid Gulov a été tué par arme à feu le 23 octobre 2001 alors qu'il rentrait chez lui après son travail. Une seconde personne, Mosadegh Afshin Shokoufeh, a été touché par une arme à feu le 3 décembre 2001 et est mort de ses blessures sur le chemin de l'hôpital. Lesautorités du Tajikistan ont déclarés après enquête que les deux hommes avaient été tués à cause de leurs convictions religieuses. Tous les deux, ainsi que leurs épouses et leurs familles étaient actifs dans la communauté bahá’íe et étaient membres du corps administratif local bahá’í de Dushanbe. M. Shokoufeh avait aussi précédemment été membre du corps administratif national bahá’í pour le Tajikistan. Ces morts font suite à l'assassinat de Abdullah Mogharrabi en septembre 1999. Le meurtre de M. Mogharrabi, un autre bahá’í vivant à Dushanbe, avait été déclaré motivé par des raisons religieuses.
LA CONFERENCE DES JEUNES AU BRESIL SE CONCENTRE SUR LA PREPARATION DES JEUNES AFIN QU’ILS DEVIENNENT PROMOTEURS DU CHANGEMENT GLOBAL.
SÃO PAULO, Brésil, 08/03/02
Avec comme but de débattre de la manière dont les jeunes peuvent avoir un impact plus positif sur le monde, plus de 600 jeunes de 15 pays différents sont venus ici au Neuvième congrès du mouvement des jeunes bahá’ís des Amériques du 17 au 21 janvier 2002 afin de parler de paix, de changement et du futur. Tenu au Centre d’éducation bahá’íe de Soltanieh aux abords de Mogi Mirim, à quelques 150 kilomètres de São Paulo, le programme de quatre jours de la conférence comprenait des causeries données par des membres du bureau des Conseillers pour les Amériques, des manifestations artistiques, des ateliers par petits groupes et des présentations audio-vidéos. Organisé par le Comité national bahá’í des jeunes du Brésil, l'objectif de cette conférence était de rassembler les jeunes de différents pays et de différents milieux afin de partager des idées sur la manière d'améliorer le monde. Le congrès était le dernier évènement d’un Mouvement international de jeunes bahá’ís focalisé sur les Amériques.
“Cela rassemble les jeunes, les unit, leur donne un sens de la culture bahá’íe,” dit Massoud Moslehi, 33 ans, de Victoria au Canada, en ajoutant: “Culture bahá’íe veut dire vivre en accord avec les enseignements de la foi bahá’íe, ce qui non seulement favorise le développement de l’unité du genre humain mais aussi exhorte les bahá’ís à une vie active de service pour l’humanité et à rectifier leur conduite personnelle.”
Le premier de ces congrès s’est tenu à Santiago du Chili, où quelques 650 jeunes de 25 pays se sont rassemblés en janvier 1998. Des milliers de jeunes provenant de douzaines de pays se sont regroupés en congrès internationaux en 2000 et 2001, au Canada, en Équateur, au Salvador, en République Dominicaine, au Paraguay. “Les jeunes ont joué un rôle particulier et unique dans chaque génération,” rapporte un article sur le site internet du congrès, expliquant les buts et les motivations du Mouvement des jeunes bahá’ís.“Ils ont souvent servi de force catalytique positive poussant la société vers quelque chose de meilleur. Libres des pressions imposées par le travail et les responsabilités familiales, leur énergie, leur enthousiasme et leur zèle peuvent être utilisés afin d’encourager le développement d’un mouvement de changement positif au sein de la société, assurant un meilleur avenir, à eux-mêmes et à leurs enfants.”
Les participants au dernier congrès en fait, sont apparus tout revigorés par cet évènement, exprimant ainsi qu’ils ont le pouvoir d'améliorer le monde, en se concentrant sur des actions positives et sur leur propre développement moral. “Nous ne sommes pas des révolutionnaires au sens habituel du terme, nous n’essayons pas de faire tomber les gouvernements ou de mener une guérilla,” dit Gaël Masrour, un bahá’í de 28 ans habitant au Chili. “Mais nous essayons de changer le monde tel qu’il est aujourd’hui. Je pense que ces conférences ne sont qu’une étape dans ce processus, non pas un but, mais une étape.”
“L’humanité traverse une phase dans laquelle il n’y a pas de place pour les vaines imaginations et les loisirs inutiles,” poursuivit Masrour. “Ne pas agir quand on est à ce point du développement du monde, est un suicide. Si nous voulons le changement,” dit il, “nous avons besoin de nous transformer nous-mêmes ainsi que la société dans un processus parallèle. Nous devons devenir des leaders moraux et nous démarquer par un dur travail et par l’exemple.”En plus des causeries données par des conseillers bahá’ís, il y avait de nombreuses présentations faites par les jeunes eux-mêmes, allant de la musique et de la danse, à une vidéo envoyée par des jeunes ayant participé à la Conférence des jeunes de Sherbrooke au Québec, Canada, en juillet 2001.
Lena Delchad, 23 ans, de San Diego aux États-Unis, dit que le rassemblement de tant de jeunes venant de tant de paysdéploie une énergie unique – qui a été la raison principale de sa venue. Les conférences de jeunes comme celle-ci, dit-elle, “envoient un courant d’énergie à travers les jeunes directement vers leurs propres communautés”.
Les jeunes ont terminé les quatre jours de conférence en s’engageant à mener des actions durant l’année suivante afin de réaliser un changement positif au sein de leur communauté.
Quelques unes de ces actions comprennent des classes d’éducation morale pour les enfants, utilisant l’art comme outil éducatif, le démarrage de groupes théâtraux sur l’éducation morale, et l'implication dans des projets de construction des communautés.
Plusieurs groupes de jeunes, juste après le congrès, ont lancé une campagne de deux semaines pour répandre les principes de la foi bahá’íe.
Le site internet du congrès http://www.mjbahai.com/brasil, contient des informations sur le congrès, sur le message du Comité des jeunes bahá’ís du Brésil, des documents provenant des précédents Congrès des jeunes, et des informations sur le Mouvement des jeunes bahá’ís.
CONFERENCE REVOLUTIONNAIRE A LONDRES : UNE EXPLORATION DE L’ETHIQUE DANS LA SCIENCE.
LONDRES, Royaume-Uni, 06/04/02
Existe-t-il un fondement scientifique pour l’éthique ? Une place dans le cerveau humain, où résiderait la capacité à l’éthique ? Ce furent précisément deux questions qui invitent à la réflexion, et qui furent posées lors d’une conférence révolutionnaire sur la ‘Science de l’Ethique’ tenue à Londres le 8-9 février 2002.
Animée par le Docteur Graham Walker, chirurgien, elle s’est tenue au Collège Royal des Médecins, Regent’s Park : lors de ce rassemblement, il était envisagé d’analyser la preuve scientifique d’un emplacement neurologique, d’un fondement génétique et/ou d’une aptitude innée pour l’éthique.
‘On peut chercher n’importe où, à l’intérieur comme à l’extérieur, on rencontre un conflit, notamment à propos de la diversité morale générée par les caractéristiques divergentes de culture, de religion et d’âge’. –dit le Dr Walker, éminent praticien londonien, spécialiste de neurochirurgie crânienne et cervicale, membre de la communauté baha’ie de Royaume Uni. ‘Afin d’éliminer ce conflit, nous allons trouver un terrain d’entente’.
Le Dr Walker souhaite commencer en élaborant un ensemble de preuves convenables et confirmées d’un fondement scientifique sur l’éthique agissant comme un locus[1] où peuvent se rencontrer et s’accepter des disciplines variées.
Plus de soixante délégués représentant un vaste échantillon de disciplines médicales, scientifiques et philosophiques assistaient à la conférence. Parmi les intervenants, il y eut Ian Graig, un spécialiste de renommée mondiale en génétique de l’Institut de Psychiatrie de Londres. La baronne Susan Greenfield, professeur de pharmacopée neurale à l’Université d’Oxford et présidente de l’institut Royal ; Faraneh Vargha-Khadem, professeur de sciences neurales à l’Institut de Santé infantile, University Colège, Londres; et Hossein Danesh, professeur en psychiatrie et président de l’Université Internationale Landegg en Suisse.
Se sont joints à l’événement, Robin Dunbar, professeur de sciences biologiques à l’Université de Liverpool ; Michael Penn, professeur de psychologie, au Franklin et Marshall College de Pennsylvanie ; Sean Spence, psychiatre et radiologiste; Adam Zeman du département des sciences cliniques à Edinburgh ; Bill Hatcher, professeur de mathématiques et de philosophie à l’Université de Laval au Québec.
‘Cette conférence est un événement historique, en ce sens qu’elle rassemble un certain nombre de chercheurs mondiaux rompus à une recherche de la vérité, sérieuse, ouverte et cordiale, pour explorer les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux qui apparaissent comme responsables d’un développement éthique sain’, dit le Dr Penn, qui présenta un article proposant que le préalable indispensable au développement éthique est la compréhension de la justice. ‘Les scientifiques et les philosophes qui participent à cette conférence sont largement respectés- et c’est cette qualité d’érudition et de recherche qui est en elle-même, très inspirante.
Le Dr Danesh a fait le discours d’ouverture, en explorant la conformité entre sciences, religion et éthique. Sa thèse consistait en l’évolution de l’humanité, depuis un fondement égocentrique et de survie vers un futur orienté vers la paix.
‘ En raison de ce fait, et selon lequel tous les individus et toutes sociétés sont soumis à la loi universelle du développement et du progrès, nous sommes en mesure d’identifier trois visions du monde distinctes, présentes dans toutes sociétés humaines, d’un niveau inférieur à un niveau supérieur’. Dit le docteur Danesh. ‘’Ces visions du monde sont le reflet des particularités de trois phases distinctes dans le développement de chaque individu ou de chaque société, qui sont respectivement qualifiées de phase de survie, puis de phase d’identification, et enfin phase de paix.’
La baronne Greenfield entama un large débat sur sa thèse : il n’existe pas d’endroit spécifique à l’aptitude de l’éthique au niveau du cerveau : elle est plutôt et essentiellement ‘connectée’ pour répondre aux épreuves de la vie et à la génétique’ : dit le Dr Walker.
‘Elle dit qu’il n’y a pas de centre de la conscience dans le cerveau’ dit le Dr Walker. ‘ La conscience est plutôt indéfinie sur le plan spatial dans le cerveau. En même temps -dit-elle-elle est temporellement unifiée’.
D’autres intervenants, dit le Dr Walker, ont présenté la preuve selon laquelle la zone frontale au niveau des orbites du cerveau doit être l’endroit du centre moral ; les Dr Vargha-Khadem et Dr Spence du Département de Psychiatrie de l’Université de Sheffield (Royaume Uni) ont parlé de certaines étudies qui ont démontré des blessures dans cette zone avant l’âge de 1’-15 ans se soignent, alors que des blessures produites plus tard dans la vie, semblent avoir privé un individu de jugement moral.
‘La dernière émergence du sociopathe se profile chez l’enfant qui a souffert très tôt de lésions orbito-frontales bilatérales : ce qui laisse supposer que ces régions assurent peut-être leur importance fonctionnelle plus tard pendant l’enfance, peu après le commencement de la puberté, ‘ dit le Dr Vargha-Khadem en réponse aux questions après la conférence.
Pendant une vive discussion, le Dr Walker dit que les participants attendaient une conclusion telle que ‘il existe un aspect neurologique à la moralité, ou au développement de la moralité’.
‘Cette conclusion implique que s’il y avait une telle aptitude, vous pourriez vous persuader de bon droit d’abandonner celle-ci aux expérimentations. ‘ dit le Dr Walker. D’autre part, il dit que cet abandon à l’expérimentation négative place l’individu ‘sur le sentier qui le conduirait à devenir immoral, ou plutôt plus proche du criminel ou du sociopathe.’
Le Dr Walker dit qu’il fut amené à organiser cette conférence par sa pratique de la foi baha’ie. ‘Si la relation entre religion et science n’est pas particulière à la foi baha’ie, elle n’y est certainement pas un dogme rigide’ –dit-il – ‘S’il existe une consonance entre la science et la religion, elle pourrait s’étendre jusqu’aux concepts comme la spiritualité et la moralité, qui est l’un des piliers principaux dela religiosité.’
Un livret sur le cours de la conférence fut commandé par le Collège Royal des Médecins (britannique).
U.K.-R.W.020408-1-MORALITY-155-S.
Ethique : Du latin endroit, terme actuellement utilisé en génétique pour désigner l’endroit où se trouve un gène dans la séquence génétique.
UNE ONG S’INSPIRANT DES ENSEIGNEMENTS BAHA'IS ŒUVRE EN VUE DE CONSOLIDER LA SOCIETE.
Buenos-Aires, Argentine, 09/07/02
Au mois de novembre dernier, les habitants de cette grande ville cosmopolite sont descendus dans les rues en frappant violemment sur des casseroles pour protester contre l’effondrement économique qui a fait sombrer un des pays les plus riches d’Amérique latine dans une crise profonde et persistante.
Au mois de janvier, les protestations ont pris une nouvelle forme au fur et à mesure que, dans plusieurs quartiers, des gens créaient des «assemblées de quartier» afin de parler de ce qu’ils pouvaient faire eux-mêmes pour résoudre quelques-uns des problèmes qui perturbent la société. Des projets ont ainsi été entrepris, allant de l’achat de nourriture en gros à prix réduits jusqu’à la création de banques de quartier.
Que le phénomène persiste ou non, l’organisation spontanée de gens dans des parcs et places de quartiers de cette ville de 12 millions d’âmes, reflète la conviction croissante que les problèmes sociaux et économique de l’Argentine ne peuvent être traités que grâce à la participation active de la société civile.
L’UNIDA, organisation non gouvernementale (ONG) s’inspirant des enseignements bahá'ís, qui se concentre sur la formation en vue de consolider la société civile et de promouvoir le développement au moyen de la participation, prône cette idée depuis longtemps. L’UNIDA constate un intérêt croissant pour ses programmes depuis le début de la crise, avec pour résultat, en juin 2002, le niveau le plus élevé d’inscriptions.
D’après Haleh Maniei coordonnatrice des étudiants et de la promotion pour l’UNIDA «Ces assemblées de quartier ont vu le jour parce que les gens ici, croient maintenant qu’ils doivent prendre en main la responsabilité d’agir. Et, par conséquent, ils savent qu’il leur faut davantage d’éducation dans ce domaine de planification, stratégique pour les ONG, qu’ils doivent savoir démarrer leurs propres projets, et ainsi de suite. Il y a beaucoup plus de gens qui appellent ces jours-ci pour se renseigner sur les programmes de l’UNIDA.»
Fondée en 1996 par un groupe de bahá'ís, l’UNIDA – Universidad de las Naciones, Integracion, Dessarrollo, et Ambiente (Université pour les nations, l’intégration, le développement et l’environnement) – offre des cours de troisième cycle dans quatre disciplines: le développement durable, l’anthropologie sociale, le développement humain et les processus d’organisation.
Les quatre programmes abordent l’étude du développement à l’échelle humaine et des méthodologies connexes concernant les bases de la communauté, de même que la prise de décisions par la participation, qui, selon les fondateurs de l’UNIDA, sont les clés d’une action sociale efficace.
«Ces quatre disciplines ne sont en réalité que des portes d’entrée différentes pour arriver au même endroit», dit Lucio Capalbo, coordonnateur général de l’UNIDA, et un de ses fondateurs. «Au cœur même de ce que l’UNIDA essaie de faire réside l’effort pour rendre la société civile plus forte en formant ses responsables à l’utilisation de nouvelles méthodes de prise de décisions basées sur la consultation et la participation, qui peuvent aider les gens à mieux fonctionner en groupes. C’est là le cœur même de la prise de pouvoir par la société civile.»
L’année passée, avant même la crise qui sévit actuellement, l’UNIDA s’est vu accorder plusieurs subventions importantes. En novembre, c’était une des huit ONG retenues à égalité par l’Organisation des femmes, dans un concours dont le prix était une subvention de la Banque interaméricaine de développement. L’UNIDA a ainsi reçu la somme de 8 900 $ US pour un programme visant à donner à des responsables locales une formation dans le domaine de la direction (leadership) éthique.
Au cours de l’année, l’UNIDA a reçu des fonds de la Communauté européenne pour assurer une formation sur la résolution des conflits aux responsables locaux intervenant dans des communautés pauvres. La ville de Buenos-Aires a en outre offert une subvention pour un nouveau projet sur «Les rôles nouveaux dans le travail» visant la formation de 20 chômeurs dans le recyclage des meubles.
Depuis sa fondation, les effectifs de l’UNIDA sont en constante augmentation, atteignant récemment un pic de 128 étudiants. Et, malgré la récession économique, elle a réussi cette année à dispenser ses cours dans deux autres villes argentines : Rosario et Viedma.
«Nos programmes de formation sont exactement ce dont le pays a besoin en ce moment», dit M. Capalbo. L’UNIDA enseigne notamment dans tous ses cours «la consultation» dont les principes ont leurs origines dans les enseignements bahá'ís.
«Lorsque les gens comprennent le processus de consultation, ils commencent à penser d’une nouvelle manière», dit M. Capalbo, expliquant que, de l’avis des fondateurs de l’UNIDA, plusieurs des problèmes de la société actuelle ont leurs origines dans des modèles de prise de décisions qui dressent les différents groupes les uns contre les autres. «Ils réfléchissent alors en fonction de l’unité dans la diversité, et non de l’esprit de parti ni des conflits. Et l’UNIDA apprend aux gens à prendre des décisions et à collaborer avec les autres au moyen de la consultation, à élaborer, exécuter et évaluer les programmes de participation, grâce à la collaboration de tous.»
Selon les diplômés de l’UNIDA, le résultat est une méthode efficace et pratique qui donne à la société le pouvoir d’agir.
«Cela a été très utile, surtout à cause du concept d’économie à échelle humaine et d’approche systématique, ainsi que d’autres outils de planification», dit Fabian Roman, chef de Plan21, une ONG oeuvrant dans le domaine de l’environnement à Buenos-Aires. M. Roman a suivi, en 1999, un cours de l’UNIDA sur la gestion de l’environnement et le développement durable. M. Roman, professeur adjoint de tourisme, développement et environnement à l’Université La Plata, dit qu’il enseigne maintenant la consultation dans ses cours.
Mario Daniel Caputo, juge dans la province de Buenos-Aires, a suivi, en 2000, le cours de l’UNIDA sur les droits de la personne et travaille maintenant à mettre sur pied une ONG pour aider les réfugiés et immigrants sans papiers en Argentine à avoir accès aux études, aux soins de santé et à l’emploi.
«Les outils offerts par l’UNIDA, tels que les nouveaux concepts de développement, la technique conceptuelle de la consultation et d’autres éléments, m’ont beaucoup servi pour ce qui est de la planification du projet », dit le juge Caputo. «Ils m’accompagnent comme de nouveaux bagages me permettant d’appliquer concrètement de tels concepts.»
AU SOMMET MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE, LES BAHA'IS METTRONT L’ACCENT SUR LES VALEURS SPIRITUELLES
Johannesburg, 23/08/02
Lors du Sommet mondial du développement durable, les représentants bahá'ís mettront en évidence l’importance des valeurs spirituelles. Trente représentants de six organisations bahá'íes ou d’inspiration bahá'íe prendront part au Sommet qui a pour objectifs de mesurer les progrès réalisés dans le domaine du développement durable depuis le Sommet mondial de Rio de Janeiro en 1992. L’élément central de la participation bahá'íe sera une déclaration préparée par la Communauté internationale bahá'íe, intitulée «Religion et développement à la croisée des chemins : convergence ou divergence?».
«La déclaration lance un appel vigoureux et plein de défis aux Nations unies et aux responsables des religions mondiales,» a dit Peter Adriance, porte-parole au Sommet de la Communauté internationale bahá'íe. « Les Nations unies y sont invitées à mieux prendre en compte le rôle central que la religion doit jouer dans la recherche d’un développement durable et, les dirigeants des religions à rejeter toute forme de fanatisme faisant obstacle au développement et à la paix.» (Le texte complet de la déclaration est sur http://www.bic-un.bahai.org/02-0826.htm ).
Programmé du 26 août au 4 septembre, le Sommet permettra la rencontre de milliers de participants parmi lesquels des chefs d’état et de gouvernement, des délégués nationaux et dirigeants d’organisations non-gouvernementales (ONG), des représentants d’entreprises et autres groupes importants. Organisé par les Nations unies, le Sommet a pour objectif d’inspirer des actions orientées vers la construction d’un monde plus sain prenant en compte les besoins humains en nourriture, eau, abri, équipements sanitaires, énergie, services de santé et sécurité économique.
Les rencontres se dérouleront en trois lieux différents : le Sommet lui-même qui concernera essentiellement les négociations entre gouvernements, se tiendra au Centre des Conventions Sandton, à la périphérie de Johannesburg, un Forum pour les Organisations non-gouvernementales aura lieu, séparément, à Nasrec, à 25 km de là et un espace aménagé non loin du Centre Sandton, appelé le Village Ubuntu, sera ouvert aux dirigeants de gouvernement, aux ONG, aux autres groupes importants comme celui des entreprises ainsi qu’au public. Des expositions, des représentations culturelles et d’autres événements s’y dérouleront, offrant ainsi l’opportunité de nouveaux partenariats en vue du développement durable.
Les bahá'ís participeront à des activités dans ces trois lieux. Des délégations, de la Communauté internationale bahá'íe ainsi que des communautés officielles bahá'íes du Brésil, du Canada et d’Afrique du Sud, ont été accréditées au Sommet. Deux organisations d’inspiration bahá'íe, mais sans liens formels avec des institutions bahá'íes, le Forum international sur l’environnement (IEF) et le Forum européen bahá'í des entreprises (EBBF), ont également été accréditées au Sommet et enverront des délégations. Trente bahá'ís au total ont été accrédités pour ces organisations» a précisé M. Adriance.
Ces mêmes délégations participeront aux activités du Forum des ONG et du Village Ubuntu. La Communauté internationale bahá'íe et la Communauté bahá'íe d’Afrique du Sud ont réalisé deux expositions, l’une au village Ubuntu, l’autre au Forum des ONG. Ces expositions mettent en évidence l’approche bahá'íe du développement et seront une vitrine pour les projets bahá'ís qui reflètent les valeurs et les principes qui sont « au cœur du développement » tels que la confiance, l’égalité de l’homme et de la femme et la justice.
L’IEF et l’EBBF partageront le même stand au Forum des ONG. Ils ont également prévus plusieurs ateliers sur des sujets tels que: «Les dimensions multiples de la mondialisation», «Les indicateurs de la durabilité», «Intégrer les sciences dans les communautés locales», «Les valeurs du développement durable» et «Les valeurs d’une éducation au développement durable».
«À maints égards,» a expliqué M. Adriance,«le programme des ateliers et des activités de ces organisations d’inspiration bahá'íe soutiennent le thème central que les bahá'ís ont voulu traiter lors de ce Sommet –montrer que le développement durable est impossible dans le vide spirituel.»
«Les travaux de l’IEF ainsi que ceux de l’EBBF ont mis en évidence l’importance de valeurs spirituelles, l’IEF se concentrant sur le rôle des valeurs relatives aux questions scientifiques et techniques liées à l’environnement et l’EBBF sur celles en rapport avec l’éthique dans les affaires.» a ajouté M. Adriance. «Nous pensons que la religion a un rôle essentiel à jouer en inculquant les valeurs nécessaires à la naissance d’une société en développement durable. Et de nombreux groupes reprennent ce message et le transmettent aux Nations unies et aux autres organisations internationales.»
De plus, deux troupes artistiques de jeunes «Beyond Words» et «Ablaze» soutiendront certaines initiatives choisies et il y aura une exposition «L’art des enfants au service de l’environnement» à partir d’une compétition annuelle organisée par les bahá'ís dans la région de Cape Town.
MESSAGE ADRESSE AU SOMMET MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE PAR LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE BAHA'IE.
NEW YORK, USA, 23/08/02
(Note de la traduction : les citations sont librement traduites)
NEW YORK, le 23 août 2002. La Communauté internationale bahá'íe a fait une déclaration,‘Religion et développement à la croisée des chemins: convergence ou divergence’, au Sommet mondial pour le développement durable, conférence organisée par les Nations unies à Johannesburg, République d’Afrique du Sud, du 26 août au 4 septembre 2002. Ci-dessous le texte complet de cette déclaration :
Tout au long du 20ème siècle, les préjugés ethniques, raciaux et nationaux ont progressivement donné lieu à la prise de conscience que l’humanité forme une seule famille et la terre un seul pays[1]. Les Nations unies (ONU), créées en réponse à cette prise de conscience, ont travaillé sans relâche afin de faire émerger un monde, dans lequel tous les hommes et toutes les nations puissent vivre ensemble, dans la paix et dans l’harmonie.Pour porter secours à ce monde, les Nations unies ont tissé un remarquable réseau d’institutions, d’organisations, de conventions internationales et de plans d’actions globales qui ont contribué à éviter les conflits et les guerres, à protéger les droits de l’homme, à encourager l’égalité entre hommes et femmes et à améliorer les conditions matérielles d’innombrables individus et communautés.
En dépit de ces victoires significatives, les Nations unies doivent cependant comprendre à la fois le rôle positif que peut jouer la religion en créant un ordre mondial de paix et de prospérité, et l’impact destructeur que le fanatisme religieux peut avoir sur la stabilité et le progrès du monde. Ce manque de considération à l’égard de la religion peut être notamment observé dans le domaine du développement, où les Nations unies ont, pour une grande part, considéré les communautés religieuses comme de simples canaux pour l’acheminement de biens et de services, comme des moyens de réaliser des politiques et des programmes de développement. Plus même, lorsque les instruments des Nations unies[2] en faveur des droits de l’homme ont été utilisés pour condamner l’intolérance et la persécution religieuses[3], les politiques et les programmes de développement des Nations unies[4] ont stigmatisé la bigoterie religieuse comme l’obstacle majeur à l’établissement de la paix et du bien-être dans le monde.
La religion : fondement de civilisation et de progrès.
Il devient de plus en plus évident que le passage au point culminant du long processus millénaire d’organisation de la planète comme un seul pays pour la famille humaine tout entière, ne pourra se réaliser dans un vide spirituel. Selon les écrits bahá'ís, la religion est ‘source d’illumination, cause de développement et l’impulsion animatrice de toute progression humaine’[5] et ‘fut la base de toute civilisation et de tout progrès dans l’histoire de l’humanité’[6]. Elle est source de sens et d’espoir pour la vaste majorité des habitants de la planète, et elle a un pouvoir infini pour inspirer le sacrifice, l’évolution et l’engagement à long terme de ses disciples[7]. Il est donc inconcevable qu’une société globale, pacifique et prospère, -société qui abrite une diversité spectaculaire de cultures et de nations- puisse s’établir et se maintenir sans impliquer, directement et substantiellement, les grandes religions mondiales dans ses projets et ses appuis[8].
On ne peut nier, en même temps, que le pouvoir de la religion a été perverti pour tourner le prochain contre son prochain. Les Écrits bahá'ís déclarent que ‘la religion doit être source de fraternité, cause d’unité et de proximité de Dieu pour l’homme. Si elle éveille haine et lutte, l’absence de religion est alors préférable et, l’homme sans religion est meilleur que celui qui la professe.’ [9] Tant que les animosités religieuses peuvent déstabiliser le monde, il sera impossible d’instaurer un modèle global de développement durable, but fondamental de ce Sommet.
Religion et Nations unies : Un travail commun pour la paix et la justice.
Compte-tenu de l’histoire du fanatisme religieux, il est compréhensible que les Nations unies soient encore hésitantes à inviter les religions dans leurs négociations. Cependant, les Nations unies ne peuvent plus ignorer le bien incommensurable que les religions ont fait et continuent à faire dans le monde, ou les contributions salutaires et de grande portée qu’elles peuvent apporter à l’établissement d’un ordre global, durable, pacifique et prospère. En fait, les Nations unies ne réussiront à établir cet ordre global que dans la mesure où seront utilisées la puissance et la clairvoyance de la religion. Ceci exige d’accepter la religion non seulement comme un moyen de véhiculer et d’exécuter des initiatives de développement, mais aussi comme un associé actif dans la conceptualisation, l’organisation, l’exécution et l’évaluation des politiques et des programmes mondiaux[10]. Le mur, historiquement justifié séparant l’ONU et les religions[11] doit tomber devant les impératifs d’un monde luttant pour l’unité et la justice[12].
La responsabilité réelle cependant réside dans les religions elles-mêmes. Les disciples, et plus encore les dirigeants des religions, doivent démontrer qu’ils sont les dignes partenaires de la mission importante qui consiste à construire une civilisation mondiale durable. Cela requiert que les dirigeants religieux travaillent consciencieusement et sans relâche à éradiquer la bigoterie et la superstition[13] à l’intérieur de leurs propres traditions religieuses. Ceci demande qu’ils acceptent la liberté de conscience pour tous, y compris pour leurs disciples[14], et renoncent aux revendications d’exclusivité et d’irrévocabilité religieuses[15].
Il paraît inimaginable que l’acceptation de la religion comme partenaire des Nations unies soit autrement que progressif, ou que les hostilités religieuses soient instantanément résolues. Mais les besoins désespérés de la famille humaine ne peuvent souffrir aucun délai supplémentaire pour reconnaître le rôle de la religion.
Religions et ONU : Les prochaines étapes possibles.
Pour sa part, l’ONU pourrait commencer le processus consistant à impliquer de manière appréciable la religion dans les délibérations sur le futur de l’humanité, en organisant unpremier rassemblement des dirigeants religieux, à l’initiative peut-être du Secrétaire Général. En priorité, les dirigeants pourraient demander qu’une convention sur la liberté de religion et de croyance soit élaborée et ratifiée, aussi vite que possible, par les gouvernements du monde, avec l’appui des communautés religieuses[16]. Une telle action menée par les dirigeants religieux, marquera leur volonté de reconnaître la liberté de conscience pour tous, et réduira de manière significative, les tensions dans le monde. Ce rassemblement pourraitaussi discuter la mise en place d’un forum religieux permanent au sein de l’Organisation des Nations unies, dans un premier temps sur le modèle du forum permanent récemment instauré par l’ONU pour les Questions indigènes. La création de ce corps serait une étape importante vers une pleine intégration de la religion dans le travail de l’ONU pour établir un ordre mondial pacifique[17].
De leur côté, les dirigeants religieux devront démontrer qu’ils sont dignes de participer à ce forum. Seuls, les dirigeants religieux, qui clarifieront à leurs adeptes que les préjugés, la bigoterie et la violence n’ont pas de place dans la vie d’un croyant, seront invités à participer au travail de ce forum.
Le règne promis de paix et de justice.
Il est évident que plus l’ONU retardera l’implication significative de la religion dans ses travaux, plus l’humanité subira les ravages de l’injustice et de la désunion[18]. Il est aussi clair que, tant que les religions mondiales ne renonceront pas au fanatisme et ne travailleront pas consciencieusement à l’éliminer de leurs propres rangs, la paix et la prospérité resteront du domaine de l’illusion. En fait, la responsabilité de la situation lamentable de l’humanité dépend, pour une bonne part, des dirigeants religieux mondiaux. Ce sont eux qui doivent élever leur voix pour en finir avec la haine, l’exclusion, l’oppression des consciences, la violation des droits de l’homme, le déni d’égalité, le refus de la science, la glorification du matérialisme, la violence et le terrorisme, qui sont perpétrés au nom de la vérité religieuse. De plus, ce sont les adeptes de toutes les religions qui devront transformer leur propre vie et revêtir le manteau du sacrifice au service du bien-être des autres, contribuant ainsi à la réalisation du règne depuis longtemps promis, de la paix et de la justice sur terre.
[1] Avec cette prise de conscience, s’est développée l’idée que la paix et la prospérité mondiales seront impossibles aussi longtemps que les droits de l’homme seront régulièrement violés, l’égalité des femmes niée, les minorités ethniques et raciales discriminées, les ravages de la pauvreté ignorés et la souveraineté nationale sans freins exercée.
2 Malheureusement, les Nations unies ont été incapables d’aller au-delà de la Déclaration sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination basées sur la religion ou la croyance, pour concevoir une conventionsur la liberté de religion et de croyance. La capacité des Nations unies à transformer les déclarations de l’Assemblée générale, sur la race ou sur les femmes en conventions, souligne seulement son absence de réussite dans le domaine de la religion et de la croyance – c’est à dire que, après la Déclarationsur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, et la Déclaration sur l’élimination de la discrimination envers les femmes, les Nations unies ont élaboré la Convention internationale sur l’éliminationde toutes les formes de discrimination raciale et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes.
3 Bien que quelques-uns des plans d’action globale issus des conférences récentes des Nations unies suggèrent que le mésusage de la religion s’oppose au développement, les quelques références qu’elles y font, ni n’examinent les effets de la bigoterie et de la violence religieuses sur le développement et la sécurité, ni ne proposent de solutions. (Voir, par exemple, la Déclaration de Vienne et le programme d’Action, II-22, 38 ; la Déclaration de Copenhague et le programme d’Action, 69 ; la Plate-forme pour Action de la 4ème conférence mondiale sur les femmes, 24,80(f), 131,224 ; L’Agenda d’Habitat, 25 ; Nous, les peuples : le rôle des Nations unies au 21ème siècle, 200 ; la Déclarationde la conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale la xénophobie et l’intolérance qui s’y rattache, 59-60.)
Agenda 21mentionne la religion, mais sans aucune référence à l’impact de son mésusagesur le développement (voir, Agenda 21, 5.53, 6.1, 6.3, 6.4, 6.12, 6.32, 6.34 (a)(i), 36.13 (a)). De plus, le Programme pour l’exécution permanente d’Agenda 21,élaboré au Sommet de la terre +5, ne contient aucune mention de la religion, et l’Ébauche du plan d’exécution pour le sommet mondial pour un développement durable qui a été négocié à la 4ème session du comité préparatoire (27 mai – 7 juin 2002), mentionne une fois la religion et seulement à l’appui de la déclaration que l’organisation de services de soins de santé de base est «dans la logique…des valeurs culturelles et religieuses» (A/CONF 199/PC/L.5, #45).Cette omission des effets destructeurs du fanatisme religieux sur le développement durable, dans les plans d’action globale émanant du Sommet de la terre, du Sommet de la terre+5, et du Sommet mondial pour un développement durable,est pour le moins frappante, étant donné que quelques-unes des conférences des années 90 avaient, au moins, exprimé une préoccupation à propos de l’intolérance religieuse.
4 Dans ses efforts pour combattre le terrorisme, les Nations unies ont hésité à s’adresser au fanatisme religieux. À travers unesérie de résolutions, de traités et d’actions, les Nations unies ont réclamé une coopération internationale concertée pour combattre le terrorisme,le stigmatisant comme «une des plus sérieuse menace à la paix internationale et à la sécurité pour le 21ème siècle» et contraire à «la prospérité et à la stabilité mondiale» (S/RES1377 (2001)). Cependant, en même temps, les Nations uniesont été réticentes à identifier le fanatisme religieux comme une source de terrorisme, s’y référant le plus souvent indirectement – par exemple, «le terrorisme motivé par l’intolérance ou l’extrémisme»(S/RES/1373 (2001)). Dans les quelques occasions où il est mentionné directement, il fait partie d’une liste de justifications diverses – par exemple, «les actes criminels dans l’intention de provoquer un état de terreur…sont…injustifiables, quelle que soit la nature, politique, philosophique, idéologique, raciale, ethnique, religieuse ou autre des considérations invoquées pour les justifier» (A/RES/55/158, para 2; voir aussi A/57/37, Annex III, Article 5, Report of the Ad Hoc Committee [chargé de l’esquisse de Comprehensive Convention on International Terrorism] élaboré par l’Assemblée générale Resolution 51/210 of 17 December 1996; and the International Convention for the Suppression of the Financing of Terrorism, Article 6). Curieusement, même les diverses résolutions prises par le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et la Commission des droits de l’homme en réponse aux actes terroristes du 11 septembre 2001, n’ont pas identifié le fanatisme religieux comme force animant ces actes (quelques discours du Secrétaire général des Nations unies font allusion à ces motivations fanatiques : «C’est pour nous un combat moral contre un démon qui est une abomination pour toutes les religions.»SG/SM8013, Message du Secrétaire général Kofi Annan à la Conférence de Varsovie pour combattre le terrorisme, 6 novembre 2001)
Cette hésitation à reconnaître et à condamner vigoureusement la bigoterie religieuse comme motivation des actes terroristes, affaiblit l’efficacité des efforts des Nations unies à mettre une fin au terrorisme international. Car, c’est seulement en identifiant et en comprenantla motivation précise de tels actes qu’ils peuvent être efficacement combattus.
5'Abdu'l-Bahá, Promulgation of Universal Peace, Bahá'í Publishing Trust, Wilmette, IL, 1982, p.361.
6 Ibid.
7 La religion a inspiré dans toutes les populations des aptitudes à aimer, à pardonner, à créer, à entreprendre, à vaincre les préjugés, à se sacrifier pour le bien commun, et à discipliner les instincts. Contre toute attente et avec peu d’encouragements en ce sens, elle continue à soutenir le combat pour la survie de multitudes innombrables, et de susciter partout des héros et des saints dont la vie est la justification la plus persuasive des principes contenus dans les écrits de leurs fois respectives. En fait ses lois fondamentales et ses principaux principes ont, au cours des âges, constitué la chaîne et la trame du tissu social, unissant les peuples en communautés et servant d’ultime autorité pour donner sens et direction à la vie individuelle et collective.
8 Il est impensable de soutenir qu’un système de droits internationaux de l’homme peut remplacer un dessein religieux en tant que force apte à inspirer les profonds sacrifices et à orienter les changements de grande envergure nécessaires à l’unification et à la pacification de l’humanité. Bien qu’il soit exact que les normes et standards des droits internationaux de l’homme soient pour une grande part basés sur des principes ayant leurs racines dans les grandes religions du monde, un tel système, par lui-même - coupé de desseins religieux – ne peut mobiliser la vision morale et l’engagement nécessaires à l’établissement et au maintien de la paix et de la justice universelles. En fait, détachés des vertus enseignées par toutes les religions – telles que la bonté, le pardon, la compassion, la générosité, l’amour, le sacrifice, la responsabilité, et le service d’autrui – les droits de l’homme et les libertés fondamentales sont souvent utilisés pour justifier l’égoïsme individuel, les conduites anti-sociales, la sur-consommation, le relativisme moral, l’outrance culturelle et le chauvinisme national.
9'Abdu'l-Bahá, Promulgation of Universal Peace, Bahá'í Publishing Trust, Wilmette, IL, 1982, p. 181. Les écrits bahá'ís insistent régulièrement sur ce principe – par exemple, «Si la religion doit être source de haine, d’antagonisme et de conflit, si elle devient cause de rivalité et de discorde et conduit les hommes à s’entretuer, son absence est préférable» (Ibid. p. 298); «Si une religion devient cause de haine et de dissension, il serait préférable qu’elle n’existe pas. Être sans une telle religion est mieux que d’être avec » ('Abdu'l-Bahá, 'Abdu'l-Bahá in London, Bahá'í Publishing Trust, Oakham, England, 1982, p. 28); «Si une religion devient une cause d’inimitié, de haine et de division, il serait préférable d’être sans, etse retirer d’une telle religion serait un acte réellement religieux» ('Abdu'l-Bahá, Paris Talks, eleventh edition, Bahá'í Publishing Trust, London, 1969, p. 130).
10 Alors que les principes religieux ont eu une notable influence sur les Nations unies, particulièrement dans le domaine des droits de l’homme, les Nations unies ont encore à accepter les religions du monde en tant que légitime partenaire dans ses travaux. L’implication d’Organisations non gouvernementales (ONGs) dans certaines activités des Nations unies ; les sentiments religieux que des officiels onusiens et gouvernementaux expriment occasionnellement pendant des négociations ; le statut d’Observateur permanent du Saint siège (représentant l’état du Vatican) ; et d’autres moyens similaires à travers lesquels la voix de la religion s’élève parfois aux Nations unies ; peuvent à peine être appelés une implication substantielle de la religion dans les délibérations et le travail conceptuel des Nations unies. Cette absence d’implication laisse perplexe, étant donné que les écritures des religions du monde promettent un âge de paix universelle et d’harmonie mondiale – âge dont l’établissement est l’objectif central des Nations unies.
11 Pour avoir un aperçu intéressantde l’influence des ONGs religieuses à l’ONU, voir Religion and Public Policy at the UN, Religion Counts, 2002.
12 Des initiatives telles que le Dialogue du développement des religions du monde (une initiative commune de la Banque mondiale et de plusieurs religions du monde), et le Sommet du Millenium pour la paix mondiale des dirigeants religieux et spirituels (une réunion mondiale des dirigeants religieux qui s'est tenue en partie dans le hall des Nations unies, à laquelle participaient des officiels onusiens, mais qui n'était pas officiellement organisée par les Nations unies) pourraient être considérées comme un premier pasvers une implication directe de la religion dans le travail des Nations unies. Les Nations unies pourraient construire sur ces premiers pas, des mécanismes et des processus qui apporteraient, d'une manière significative, des valeurs religieuses, des aspirations et une vision au coeurde l'entreprise d'envergure mondiale que sont les Nations unies.
13 Les dirigeants religieux devront accepter la science et la religion comme les deux systèmes de connaissance indispensables devant oeuvrer de pair si l'humanité doit progresser. En même temps, ceux qui nient l'importance de la religion dans la résolution des problèmes apparemment insolubles de l'humanité doivent regarder, d'un esprit impartial,vers les perspectives et orientations de la religion afin de garantir l'application correcte des connaissances et aptitudes générées par la recherche scientifique. L' harmonie de la science et de la religion est un principe fondamental de la foi bahá'íe: «Dieu a doté l'homme d'intelligence et de raison avec lesquelles il doit déterminer la vérité des problèmes et des propositions. Si les croyances et les opinions religieuses se révèlent contraires aux critères scientifiques, ce sont de simples superstitions et imaginations; car l'antithèse de la connaissance est l'ignorance, et la superstition est fille de l'ignorance. Sans aucun doute possible, il doit y avoir accord entre la vraie religion et la science. Il est impossible d'avoir foi et de croire en quelque chose se révélant contraire à laraison; le résultatne peut être qu'hésitation et incertitude.»('Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, Bahá'í Publishing Trust, Wilmette, IL, 1982, p. 181)
14 Encourager la liberté de conscience implique de permettre à tout individu d'explorer la réalité, d'étudier, de comprendre les autres religions et de changer de religion si tel est son choix. Les écritsbahá'ís insistent sur le fait que la force et la coercition en matière de religion et de croyance sont une violation du commandement divin: «la conscience de l'homme est sacrée et doit être respectée» ('Abdu'l-Bahá, A Traveler's Narrative, Bahá'í Publishing Trust, Wilmette, IL, 1980, p. 91.). Assurément, la spécificité humaine pour un individu signifie rechercher personnellement la réalité, choisir librement sa religion et adorer Dieu de la manière qu'il croit être juste.
15 Dépasser de tels dogmes requiert d'accepter la notion que toutes les grandes religions du monde sont également valables en nature et en origine et sont les aspects d'un processus de civilisation divin et progressif, épurant les aptitudes de l'humanité à connaître, aimer et servir. Bahá'u'lláh déclare, «Il n'est point douteux, en effet, que tous les peuples de la terre, à quelque race ou religion qu'ils appartiennent, tirent leur inspiration spirituelle d'une même source céleste et qu'ils sont les sujets d'un seul Dieu» (Gleanings From the Writings of Bahá'u'lláh, second edition, Bahá'í Publishing Trust, Wilmette, IL, 1976, p. 217.) L'avenir de l'humanité repose finalement sur l'acceptation ou le refus de cette compréhension de la nature et de la source des grandes religion du monde.
16 D'autres efforts initiaux pourraient inclure l'élaboration et la ratificationde conventions internationalessur l'éducation et les médias. Basées sur la Convention contre la discrimination en matière d'éducation, ces conventions condamneraient sans réserve et sanctionneraient avec force ceux qui, au nom de la religion, utilisentl'éducation et les médias pour faire pression sur la liberté de conscience et exhorter à la division, à la haine, au terrorisme, à la violence et aux effusions de sang. Elles n'auraient aucune tolérance pour les institutions et les initiatives éducatives ou les politiques et programmes médiatiques – tant publiques que privés – encourageant de telles attitudes et une telle conduite.
17 L'idée que la diversité des religions exclut la possibilité d'une implication effective des religions aux Nations unies est contestable. Les religions du monde partagent un certain nombre de vérités et se rencontrent de plus en plus souvent, à tous les niveaux, pour explorer valeurs et aspirations communes, travailler à l'application de politiques et de programmes gouvernementaux et exécuter diverses d'initiatives. En fait, la vision commune d'un avenir pacifique,soutenue par toutes les grandes religions du monde, témoigne de l'immense dévouement, de 'énergie et des ressources que l'implication des religions aux Nations unies pourrait apporter à l'organisation dans son ambition d'accomplir remplirsa mission mondiale.
18 Le danger croissant d'une conflagration mondiale d'origine religieuse ne fait que souligner le besoin d'accélérer l'implication religieuse dans le travail des Nations unies. Car un gouvernement civil, sans aide, ne peut surmonter un tel danger. De même ne peut-on imaginer que des appels à la tolérance mutuelle suffisent à eux seuls pour éteindre une animosité persuadée d'exprimer la sanction divine. La situation demande des dirigeants religieux une rupture avec le passé aussi décisive que celle qui a permis aux sociétés de faire face aux préjugés également corrosifs de race, de genre et de nation. Quelle justification pourrait exister pour exercer une influence en matière de conscience sinon celle de servir le bien-être de l'humanité. À ce tournant capital de l'histoire de la civilisation, l'urgence d'un tel service ne peut être plus claire.
LES BAHA'IS DU CHILI LANCENT UN APPEL POUR DES PROJETS DE TEMPLE.
Santiago, Chili, 12/09/02
Le corps national dirigeant de la communauté bahá'íe du Chili a lancé un appel d'offres pour une Maison d'adoration bahá'íe, qui doit être construite au sud-est de Santiago. La construction sera la huitième Maison d'adoration au monde. L'appel fait suite à un message de la Maison universelle de justice en 2001, demandant que des efforts soient entrepris pour construire ce qui deviendrait le "Temple mère de l'Amérique du Sud". La soumission est ouverte à toutes personnes compétentes et pas seulement aux bahá'ís.
La lettre de l'Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís du Chili annonçant le projet, précise quelques exigences de construction. Comme tous les autres temples bahá'ís,il doit y avoir neuf côtés et "un espace pour la dévotion de cinq à six cents places assises" avec un dôme de "40 à 45 mètres de haut". Les projets de soumission doivent aussi inclure les éléments spécifiques du paysage. Les jardins environnants sont un trait caractéristique des autres temples.
La conception de chacun des autres temples existant est originale, reflétant pour la plupart la culture du lieu où ils sont construits. La plus reconnaissable des Maisons d'adoration bahá'íes à travers le monde est "le temple du lotus", qui a gagné plusieurs prix d'architecture pour sa conception, inspirée d'une fleur de lotus.
Les fonds pour la construction proviendront des bahá'ís chiliens et de donations volontaires de communautés locales et nationales bahá'íes à travers le monde. Bien que les Maisons d'adoration bahá'íes à travers le monde soient ouvertes à tous, les écrits de la foi bahá'íe interdisent d'accepter des fonds de non-bahaïs. Il existe actuellement septtemples: aux USA, en Ouganda, en Australie, en Allemagne, à Panama, à Samoa occidentale et en Inde. La Maison d'adoration des USA, située à Wilmette, Illinois, a été la première à être dédiée en 1953. La plus récente est le temple indien, terminé en 1986.
Les temples eux-mêmes, sont censés ne pas être seulement beaux, mais d'être aussides lieux où communier avec Dieu dans le silence et la vénération. Leur nom arabe, Mashriqu'l-Adhkár, signifie "point d'aurore de la louange de Dieu".
Dans l'avenir, chaque Maison d'adoration bahá'íe sera le point central d'un ensemble destiné à fournir des services communautaires variés, tels que soins de santé ou éducation, ouverts aux fidèles de toutes les religions.
Aujourd'hui, beaucoup sont aussi devenus des points d'attraction touristique. Le temple de New-Delhi reçoit environ 30.000 visiteurs par jour.
La lettre annonçant l'appel d'offres existe en anglais et en espagnol sur le site web des bahá'ís du Chili, www.bahai.cl. Les projets doivent être envoyés à l'Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís du Chili, B.P. 3731, Santiago 1, Chili.
Jusqu'à présent, des réponses ont été reçues de plus de 60 architectes de 30 pays différents. L'Assemblée spirituelle nationale examinera les projets après le 30 novembre, date limite de la soumission.
UNE EMISSION DE JEUX REPUTEE DE LA BBC EN INDE UTILISE LE TEMPLE BAHA'I COMME ARRIERE-PLAN.
NEW DELHI, Inde, 20/09/02
"Mastermind India", programme de jeux télévisés très connu, produit par la BBC, a tenu sa première émission de la saison 2002-2003 à la Maison bahá'íe d'adoration. Dans une retransmission le 8 août 2002, regardée estime-t-on par 200 millions de spectateurs dans quelque 35 pays à travers le monde, la Maison d'adoration de New-Delhi était l'arrière-fond distinctif de la première émission "Champion des champions" de la saison. L'émission opposait les quatre vainqueurs des quatre dernières saisons et se classait pour la cinquième année parmi les séries les plus cotées, visibles en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe.
Le programme utilise régulièrement pour arrière-fond des sites historiques indiens, tels que palais ou forts, mais c'est une des rares fois en cinq ans d'existencede "Mastermind India", qu'un site ayant une signification religieuse capitale est utilisé, dit Naznene Rowhani le chargé deliaison pour la production, de la Communauté bahá'íe avec la BBC . "C'est l'introduction détaillée à la foi bahá'íe, la beauté et la majesté des vues de la Maison d'adoration qui l'accompagnaient qui rendent le programme mémorable." dit M. Rowhani. Les producteurs ont minutieusement filmé les détails et une vue rapide du Kitab-i-Aqdas a même été montrée. Le Kitab-i-Aqdas est un des écrits les plus importants de Bahá'u'lláh.
"De plus, la Maison d'adoration doucement illuminée était constamment montrée, puisqu'elle servait d'arrière-plan aux participants, un peu comme si elle avait été peinte sur la scène." dit M. Rowhani. Terminée en 1986, la Maison d'adoration a gagné plusieurs prix d'architecture pour sa forme typique en "fleur de lotus" à neuf pétales, et elle est devenue l'un des sites les plus visités en Inde, drainant plus de quatre millions de visiteurs chaque année.
PUBLICATION D'UN NOUVEAU VOLUME D'ECRITS SACRES BAHA'IS
HAÏFA, Israël, 22/09/02
Une importante épître des premiers temps de Bahá'u'lláh, explorant la quête humaine de lumière spirituelle et les symboles utilisés au long de l'histoire de la révélation religieuse vient d'être traduite et publiée en anglais.
"Gemmes des mystères divins" est la dernière publication du Centre mondial bahá'í. Quelque 82 pages en anglais, dont le titre original est Javahiru'l-Asrar, datant de l'époque du bannissement de Bahá'u'lláh en Irak, où il a été exilé de 1853 à 1863. Le livre est une lettre écrite en réponse à un chercheur demandant quelle était la relation de la prophétie avec la foi babie et Bahá'u'lláh utilise cette question comme opportunité pour développer certains sujets voisins. Le livre est proche de deux autres ouvrages majeurs de Bahá'u'lláh: Les sept vallées(Haft-Vadi),exploration de l'avancement de l'âme et Le livre de la certitude(Kitab-i-Iqan), explication de la progression de la révélation divine et des tribulations supportées par les manifestations de Dieu. Il développe en particulier, la cause du rejet des prophètes dans le passé, le danger d'une lecture littérale dans les écritures du sens des signes et des présages de la Bible concernant la venue de la nouvelle manifestation et la continuité de la révélation divine. Par exemple, dans "Gemmes", Bahá'u'lláh explique plusieurs des termes symboliques utilisés dans les révélations passées, tels que les termes "résurrection" et "jour du jugement".
"celui qui a cru en Dieu et en la manifestation de sa beauté a été arraché de la tombe de la négligence, fusionné dans le sol sacré du coeur, éveillé à la vie de la foi et de la certitude, et admis au paradis de la présence divine. Quel paradis peut être plus élevé que celui-ci, quel résultat supérieur et quelle résurrection plus grandiose? En vérité, une âme connaîtrait-elle ces mystères qu'elle étreindrait ce que nul n'a jamais sondé."
"Gemmes" fournit de plus ce que la Maison universelle de justice appelle "une explication des étapes dans le sentier du voyageur spirituel" étapes au nombre de sept: "le jardin de la recherche", "la cité de l'amour et du ravissement","la cité de la divine unité", "le jardin de l'émerveillement","la cité du néant absolu", "la cité de l'immortalité", et "la cité qui n'a ni nom ni description". La traduction a été préparée par le Département de la recherche de la Maison universelle de justice, d'après des documents originaux soit écrits de la propre plume de Bahá'u'lláh, soit retranscrits par son secrétaire. Cette traduction en anglais est le fruit des efforts de plusieurs traducteurs cherchant à suivre le schéma établi par Shoghi Effendi, chef de la foi bahá'íe et son interprète autorisé de 1921 jusqu'à sa mort en 1957.
Le livre est la seconde publication des écrits de Bahá'u'lláh cette année, après "L'appel du Seigneur des Armées" en mai dernier. Les deux sont les premières des nouvelles traductions complètes des écrits de Bahá'u'lláh depuis la traduction du "Plus saint livre" (Kitab-i-Aqdas) en 1992.
Bien que les documents qui sont les premiers ouvrages de Bahá'u'lláh ont jusque là été l'objet principal de traductions, ils ne représentent qu'une petite partie de ses écrits pendant ses 40 années de ministère. Il a en tout révélé des milliers de tablettes, qui mises ensemble constitueraient en volume plus de 70 fois le Coran, et plus de 15 fois l'Ancien et le Nouveau testament de la Bible.
Le livre peut être commandé par l'intermédiaire du United States Bahá'í Distribution Service, 4703 Fulton Industrial Boulevard Atlanta, GA 30336-2017, USA. (tél: (800) 999-9019; mèl: bds@usbnc.org).
INAUGURATION D'UN NOUVEAU BATIMENT DE SALLES DE CLASSE A L'ECOLE BAHA'IE DE GREEN ACRE.
ELIOT, MAINE, USA, 01/10/02
Le "Centre Harriet et Curtis Kelsey" nouvellement inauguré, avec son annexe la "Salle Manny Reimer" est le premier bâtiment nouveau érigé sur le campus de 10 hectares de Green Acre depuis 1937. Le bâtiment de quelque 4000 m2 abrite un auditorium de 220 personnes et sept salles de classe.
Foule assistant à l'inauguration du "CentreHarriet et Curtis Kelsey", à l'école bahá'íe de Green Acre, le 21 septembre 2002, sous une tente sur les terrains de Green Acre. Au fond, l'hôtel de Sarah Farmer, bâtiment historique visité par ‘Abdu'l-Bahá.
L'école bahá'íe de Green Acre, la plus ancienne des écoles bahá'íes permanentes au monde, lieu de plusieurs évènements majeurs de l'histoire bahá'íe, a inauguré le 21 septembre 2002, un nouveau bâtiment de salles de classe et une salle de lecture de 2 millions de $.
Appelé "Centre Harriet et Curtis Kelsey", avec une annexe, la "Salle Manny Reimer", le bâtiment de 13.100 pieds carrés (environ 4000 m2), comprend un auditorium de 220 personnes et sept salles de classe. C'est le premier bâtiment nouveau érigé sur le campus de 250 acres (environ 10 hectares) de Green Acre depuis 1937.
"Cela fait partie des efforts nous préparant à recevoir un plus grand nombre de gens intéressés par la foi bahá'íe" dit James Sacco, directeur de Green Acre. "L'amélioration de la qualité de l'éducation pour les enfants et les pré-adolescents, point essentiel de l'actuel plan pour les bahá'ís des USA, est une autre raison importante. Cela nous donne en outre un espace de rencontre prestigieux et accueillant où présenter la perspective bahá'íe dans des réunions avec les élites intellectuelles."
Les nouveaux bâtiments ont été inaugurés au cours d'une cérémonie d'une heure, à laquelle assistaient le Conseiller continental Rebequa Murphy, huit des neuf membres de l'Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís des USA, des responsables locaux et plusieurs centaines de personnes de la région nord-est des USA.
Green Acre, auquel Shoghi Effendi fait allusion comme étant "la plus importante institution de cette sorte dans le monde", occupe une place unique dans l'histoire. Son bâtiment principal, un hôtel de quatre étages, fut construit en 1890 pour être l'Hôtel Eliot, mais il est aussitôt appelé Green Acre par le poète John Greenleaf Whittier à cause de la beauté de son panorama sur la rivière Piscataqua.
Sous l'égide de Sarah Jane Farmer, fille du célèbre transcendantaliste etinventeur Moses Gerrish Farmer, Green Acre devient un important lieu de rencontre pour l'étude des religions comparées, attirant beaucoup de gens renommés. Citons parmi ceux-ci, Edward Everertt Hale, W.E.B. DuBois, Booker T. Washington, Swami Vivekananda, et John Fiske.
En 1900, Mme Farmer en voyage en Égypte, se rend à St Jean d'Acre où elle rencontre ‘Abdu'l-Bahá et embrasse la foi bahá'íe. À son retour en Amérique, progressivement, Green Acre devient un point focal du développement de la première communauté bahá'íe des USA. En 1912, ‘Abdu'l-Bahá lui-même visite Green Acre lors d'un voyage dans le nord de l'Amérique, dotant l'institution d'une signification unique pour les bahá'ís. Au cours des années, son exemple encourage le développement d'écoles bahá'íes tout autour du monde.
En 1925, Green Acre est le site de l'élection de la première Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís des USA et du Canada. Depuis, elle est devenue une école bien connue pour l'enseignement des préceptes bahá'ís, servant dans un premier temps de retraite d'été puis d'institution permanente, offrant des cours brefs sur la Foi et ses enseignements.
Les fonds pour le nouveau bâtiment, appelé du nom d'un couple bahá'í bien connu, soutien actif de Green Acre, proviennent entièrement de donations de membres de la foi bahá'íe. La salle de lecture a reçu le nom d'un des premiers directeurs de l'école.
OC-BP-021001-1-GREENACRE-175-S
PHOTO Le "Centre Harriet et Curtis Kelsey" nouvellement inauguré, avec son annexe la "Salle Manny Reimer" est le premier bâtiment nouveau érigé sur le campus de 10 hectares de Green Acre depuis 1937. Le bâtiment de quelque 4000 m2 abrite un auditorium de 220 personnes et sept salles de classe.
PHOTO Foule assistant à l'inauguration du "CentreHarriet et Curtis Kelsey", à l'école bahá'íe de Green Acre, le 21 septembre 2002, sous une tente sur les terrains de Green Acre. Au fond, l'hôtel de Sarah Farmer, bâtiment historique visité par ‘Abdu'l-Bahá.
FORMATION: L’INSTITUT DE DEVELOPPEMENT BARLI POUR LES FEMMES RURALES
INDORE, Inde, 18/11/02
L’Institut de développement Barli pour les femmes rurales a pour but d’instruire les jeunes femmes pauvres et de leur donner une connaissance pratique dans le domaine de la santé, de la nutrition et de l’hygiène, des compétences pour générer un revenu, et une prise de conscience de la protection de l’environnement au niveau du village. Considérées suite à leur formation comme agents de changement social, les diplômées ont eu un impact mesurable sur le bien-être de leurs familles et de leurs villages.
À l’origine Institut professionnel bahá’í pour les femmes rurales, l’institut est devenu en septembre 2001 une entité indépendante avec sa propre direction, sous le nom d’Institut de développement Barli pour les femmes rurales. L’institut a formé plus de 1300 jeunes femmes et jeunes filles depuis 1985.
Situé dans la ville d’Indore dans le Madhya Pradesh, l’institut offre toutes ses formations aux femmes gratuitement, recrutant ses étudiantes principalement dans des contrées tribales, dans une région marquée par le dénuement et la malnutrition chroniques, dus en partie au faible rendement des récoltes, aux fréquentes disettes d’eau, au manque d’eau potable et à la pauvreté du sol.
Ses programmes cherchent à surmonter les obstacles qui ont traditionnellement entravé le développement des femmes qui, à son tour a empêché le développement de tous. À cette fin, un cours orienté vers la spiritualité donne aux femmes l’opportunité de réfléchir sur la nature de leurs relations avec les autres et avec leurs institutions sociales. Les étudiantes examinent les vieux préjugés de classes, de tribus et de castes à la lumière des principes bahá’ís tels que l’unité de l’humanité, l’égalité des femmes et des hommes, le respect de la diversité, et le service à la communauté. En même temps, elles sont encouragées à identifier les éléments positifs de leur culture qui doivent être préservés et renforcés. L’institut travaille sur ces objectifs dans une approche éducative holistique, donnant à chaque étudiante des formations d'encadrement en instruction, couture, agriculture, artisanat, droits de l’homme, conscience de l’environnement, estime de soi et développement de la personnalité, engagement social, nutrition et santé, et des compétences pour la génération d'un revenu. L’art, la musique et la danse font également partie du cours.
L’objectif est que, une fois reçue cette formation, les femmes puissent retourner dans leurs villages et devenir des «piliers» de leurs familles et de leurs communautés – devenant ainsi agents de changement de l'environnement social et matériel. En effet, «barli» en dialecte local désigne le pilier central de la maison, et comme le «barli» supporte la structure matérielle, la femme supporte la structure de la famille et de la communauté.
Une forte composante environnementale transparaît dans les cours de l'institut. Les étudiantes apprennent que, prendre soin de l’environnement, est une responsabilité spirituelle de même qu’un important service rendu à la communauté. Les étudiantes apprennent à planter et à entretenir des arbres, à s'approvisionner localement en graines, et à utiliser les techniques de conservation de l’environnement et de l’énergie telles que compostage ou culture de vers, à utiliser des produits bio-dégradables et à gérer convenablement les déchets. L’une des toutes premières campagnes d’éducation à la santé de l’institut a libéré cette région du vers de Guinée en enseignant l’importance de l’eau propre.
Plus précisément, les élèves apprennent les stratégies de protection de l’environnement par la pratique. À l’institut même, l’eau de pluie est recueillie puis, à travers un dispositif novateur, utilisée pour recharger la nappe phréatique. L’eau de lavage est réutilisée pour l’irrigation. Les jardins, entretenus par les élèves, fournissent la plus grande partie de l’alimentation de l’institut. Les élèves préparent les repas en utilisant des cuisinières solaires, certaines deviennent des «experts» capables d'entretenir l’utilisation des cuisinières solaires dans leur village.
En effet, pendant les 17 dernières années, l’institut a été en tête de la recherche, de l'expérimentation et de l'utilisation des techniques de cuisson solaire. Au milieu des années 80, l’institut a commencé à utiliser quelques cuisinières munies de capteurs solaires et il a encouragé leur utilisation dans les villages. En mai 1998, une cuisinière solaire avec une parabole de 7.5 mètres carrés a été installée à l’institut, et une autre en 2000. Actuellement, environ 250 jours par an, 100 pour cent des cuisinières utilisent l’énergie solaire. De plus, on montre aux élèves les économies pour l’environnement – et les économies de temps – possibles grâce à l’utilisation de dispositifs solaires, et elles sont encouragées à propager l’utilisation de cuisinières à capteurs solaires, de cuisinières à concentration parabolique très efficace, et d’autres dispositifs économisant l’énergie dans leurs villages.
L’institut est actuellement impliqué dans la production de cuisinières SK14. Jusqu'à présent, neuf de ces cuisinières solaires à concentration parabolique, capables de cuisiner pour 10 à 12 personnes à la fois, ont été installées par l’institut dans des villages éloignés, dans le cadre d’un programme pilote. L’institut projette de distribuer dans les mois qui viennent, 40 cuisinières supplémentaires financées principalement par les élèves d’une école primaire en Autriche.
Les diplômées ont eu un impact mesurable dans leurs communautés. Bien que plus de la moitié des élèves soient illettrées lorsqu’elles arrivent, 99% en sortent en sachant lire et écrire le hindi. Des études montrent que, de retour chez elles, 96% d’entre elles savent générer un revenu et utiliser leurs compétences, que 46% ont monté un petit commerce pour coudre des vêtements et en tirer un revenu tandis que 7 à 9% sont employées dans divers secteurs. Quelque 97% des diplômées utilisent des installations d’eau potable, 70% incluent à présent des légumes feuillus dans leur alimentation et 41% cultivent et vendent des légumes. De plus, des femmes de cinq villages ont planté environ 2500 arbres.
D’autres études ont montré que les femmes ont effectivement aidé à créer une nouvelle atmosphère de respect mutuel et d’unité dans leurs communautés, contribuant ainsi à remplacer les préjugés de castes dans des communautés tribales, connues malheureusement pour leur criminalité élevée et leur abus d’alcool. L’institut collabore activement avec des fonctionnaires du gouvernement et des organisations non-gouvernementales, échangeant renseignements, méthodologies, et informations sur leurs recherches.
Les programmes de formation de l’institut durent généralement soit six mois soit un an, bien que des séminaires de courte durée et des sessions de formation soient proposés occasionnellement sur des sujets choisis. Les diplômées reçoivent un certificat du programme des écoles publiques nationales. L’institut obtient des fonds de sources diverses dont la communauté bahá’íe d'Inde, l’agence de développement international suédoise et la fondation « Two Wings ».
L’institut a reçu de nombreuses récompenses et citations pour son travail sur l’environnement et le développement. En 1992, il faisait partie des 500 tableaux d’honneur mondiaux du programme environnemental des Nations unies, pour ses réalisations remarquables dans le domaine de l’environnement. En 1994, l’institut a été inscrit sur la base de données INOV de l’UNESCO parmi 81 projets d’éducation de base réussis dans les pays en voie de développement.
Le 13 novembre 2002, l’institut a été présenté à Sa Majesté la Reine Elizabeth II comme «cadeau sacré» de la communauté internationale bahá’íe, au cours d'une cérémonie de l’Alliance pour les religions et la protection de l'environnement en l'honneur de son Jubilé d’or. Pour de plus amples informations, consulter le service du «Baha'i World News» à l'adresse suivante: http://www.bahaiworldnews.org/story.cfm?storyid=177 .
LES BAHA'IS PARTICIPENT, EN L’HONNEUR DE LA REINE ELISABETH II ET DE SON JUBILE D’OR, A UNE CELEBRATION INTER-RELIGIEUSE AYANT POUR THEME L’ENVIRONNEMENT.
LONDRES, Royaume-Uni, 18/11/02
Lors d'un extraordinaire rassemblement inter-religieux de haut niveau, en l’honneur du Jubilé d’or de la reine Elisabeth II, les représentants bahá'ís se sont joints aux dirigeants de neuf autres religions mondiales importantes, afin de célébrer le rôle déterminant que peuvent jouer les religions dans le respect de l’environnement.
Tenu le 13 novembre 2002, dans l’historique Banqueting House londonnienne de Whitehall, sous le nom de ‘Notre place dans la création’, l’événement comprenait la présentation à Sa Majesté la reine et au prince Philippe, le Duc d’Edinburgh son époux, d'un certain nombre de projets sur l’environnement ainsi qu’un programme d'art sacré, de représentations de musique et de danse, par des tenants de chaque religion. Organisé par l’ARC (Alliance pour les religions et la protection de l’environnement), la manifestation visait à explorer la conception qu'ont les religions de la place de l’humanité dans la création. La foi bahá'íe, le bouddhisme, le christianisme, l’hindouisme, l’islam, le jaïnisme, le judaïsme, la foi sikh, le taoïsme et le zoroastrisme étaient représentés.
Le Duc d’Edinburgh, qui a joué un rôle clé dans l’implication des religions dans le mouvement écologique au niveau international, a expliqué le but de la réunion en quelques mots. ‘Nous avons désespérément besoin de la conviction des religions pour nous orienter dans la manière de vivre et d’utiliser la planète,’ a-t-il dit. ‘Nous devons apprendre à contrebalancer les réalités économiques et scientifiques par les impératifs religieux de responsabilité et de respect envers le monde de la création. Ce ne sera pas facile mais je reste persuadé que la croyance et la conviction sont des raisons très puissantes pour protéger notre planète dans toute sa diversité’.
Parmi les dirigeants religieux présents se trouvaient Sa Sainteté Bartholomé I, archevêque de Constantinople, représentant de l’Église orthodoxe, le Révérend Michael Turnbull, évêque de Durham, représentant de l’Église protestante, Sri Kushok Bakula, représentant du bouddhisme, le Rabin Israël Meir Lau, président du Consistoire d’Israël, représentant du judaïsme, et le Docteur Ramiyar Parvez Karanjia, écrivain réputé en matière de zoroastrisme.
Madame Guilda Navidi Walker représentait la Communautéinternationale bahá'íe. La Communauté bahá'íe britannique était représentée par son secrétaire, Monsieur Barney Leith.
‘Cet événement a été très significatif, non seulement à cause de la présence de la reine et du prince Philippe, mais aussi des sommités représentant les communautés religieuses’- a dit Monsieur Leith – ‘Et en dépit de toutes les haines et intolérances religieuses qui, malheureusement parfoissemblent prévaloir dans notre monde, cet événement a aussi permis de démontrer que les communautés religieuses peuvent travailler ensemble sur des problèmesinternationaux important, tels que l’environnement’.
La Communauté internationale bahá'íe a présenté son projet, l’Institut Barli de développement pour les femmes rurales. Installé à Indore, en Inde, l’Institut apporte aux femmes autochtones, des formations en littérature, agriculture, santé, revenu familial et préservation de la nature.
Les projets de protection environnementale, proposés par les autres religions, ont été: un projet de restauration des 47 temples du feu zoroastriens existant encore à Mumbai en Inde; la création d’un Centre pour l’islam et l’écologie à l’Université de Lampeter, Pays de Galles ; la plantation de quelque 27.000 arbres dans les communautés forestières entourant 14 pagodes bouddhistes au Cambodge ; et la création d’un nouveau programme important sur l’environnement par l’Église Batak de Sumatra en Indonésie. Ceci en plus des projets pour l’environnement annoncés par l’ARC (Alliance pour les religions et la protection de l’environnement) en 2000, en association avec le WWF International, dans un programme appelé ‘Dons sacrés pour une planète vivante’.
Shiva Ashrafi Cooper, a contribué au programme des représentations sacrées, en chantant l’une des Paroles cachées de Bahá'u'lláh. Résidant actuellement en Grande-Bretagne, Madame Ashrafi Cooper est née en Iran.
Madame Walker dit que l’interprétation de Madame Ashrafi Cooper, était profondément émouvante. ‘Quand Shiva est arrivée et acommencé à chanter, il y avait un tel silence qu’on aurait pu entendre voler une mouche. C'était une expérience spirituelle essentielle.'
Outre le chant de Mme Ashrafi Cooper,il y avait aussi l’Orchestre philharmonique d’Israël, l’Ensemble national chant et danse de Mongolie, la Chorale adventiste de Londres, et bien d’autres.
La Communautéinternationale bahá'íe est devenue membre de l’ARC, l'Alliance pour les religions et la protection de l’environnement, dès sa fondation en 1995 lors d'une réunion au sommet accueillie par le Duc d’Edinburgh au Château de Windsor.
À BUEA, AU CAMEROUN, DES BAHA'IS ORGANISENT UN DEBAT INTER-RELIGIEUX POUR LA JOURNEE DES NATIONS-UNIES.
Cameroun, 25/11/02
La communauté locale de Buea a organisé un débat inter-religieux sur la paix dans le monde le 24 octobre 2002 pour célébrer la journée des Nations unies. Des orateurs présentant la perspective bahá'íe, chrétienne, hindoue et musulmane participaient au débat parrainé par l'Assemblée spirituelle locale des bahá'ís de Buea. Tous ont souligné l'importance de la contribution de la religion à la paix, insistant particulièrement sur le besoin de tolérance religieuse. Le révérend père Alosius Ituka Ndifor, secrétaire de l'évêque du diocèse catholique de Buea, a dit que la paix commence avec Dieu, parce que Dieu est paix et que cela peut baigner l'humanité à condition que les gens ouvrent leur coeur.
"Nous ne devons pas refuser le droit à la différence, mais la différence ne doit pas être cause de conflit" a dit le père Ndifor. "L'Église est chacun de vous, une source d'inspiration pour que chacun forge sa propre destinée." Auztaz Mohammed Aboubakar, l'imam musulman de Buea, pense que sept qualités doivent prévaloir dans une société pour qu'elle soit en paix: la fraternité, la liberté, la foi, la moralité, l'égalité, la piété et la droiture. Leur absence, a-t-il dit, "est une aliénation sociale des gens, et cette aliénation est un état de trouble." Stella Siri Fuh, la représentante bahá'íe, a dit que l'un des chemins vers plus de tranquillité pouvait être, pour les adeptes de toutes les religions de suivre la règle d'or qui, ainsi que l'a noté Mme Fuh, est présente dans les enseignements fondamentaux de chaque religion et qui, largement appliquée, "ferait de la terre un meilleur endroit où vivre."
Les bahá'ís ont été remerciés pour avoir organisé l'événement. L'imam Aboubakar notamment a dit: "Je tiens à remercier nos frères bahá'ís pour l'organisation de cette très importante rencontre. J'espère qu'ils continueront à le faire." Jules-Marcel Mondeng, Secrétaire général de la Province du sud-ouest a ajouté: "Je suis reconnaissant aux bahá'ís d'avoir pensé à organiser une telle manifestation. Aucune société ne peut être heureuse sans paix. Nous avons besoin de paix dans le monde, au Cameroun, mais aussi bien sûr à Buea. Je pense que le choix du programme était bon. Les religions doivent faire beaucoup en faveur de l'éducation des peuples à la paix."
DES BAHA'IS AIDENT A ETABLIR UN SYSTEME SCOLAIRE DANS UN VILLAGE ISOLE.
Puka Puka, Bolivie, 27/11/02
Pendant de nombreuses années, dans ce village de quelque 700 habitants sur les hauts plateaux boliviens, l’école du gouvernement n’offrait des cours que du jardin d’enfants jusqu’à la troisième année. Les élèves désirant continuer leurs études devaient marcher de trois à six kilomètres pour se rendre dans l'une ou l'autre des villes voisines.
La plupart des jeunes élèves n’avaient aucune objection quant à la distance. Mais ils n’aimaient pas la façon dont on les traitait dans ces endroits. Les élèves, tous membres du peuple autochtone Quechua, étaient forcés par les enseignants de l'extérieur de porter des vêtements occidentaux au lieu de l’habillement traditionnel de leur tribu.
«Il est important que nous portions nos vêtements à nous, parce que nous ne voulons pas oublier notre culture», dit Pascual Vargas, âgé de 17 ans, natif de Puka Puka.
Les habitants de Puka Puka ont donc fait quelque chose de tout à fait inhabituel: ils ont fondé leur propre école, recueillant d’abord de l’argent pour engager des enseignants pour les élèves de la 4e à la 8e année, puis pour une école secondaire privée destinée aux élèves qui désiraient continuer.
Comment la communauté de Puka Puka, dans la province de Chuquisaca, en est venue à prendre cette initiative il y a cinq ans, et comment elle a continué à financer et à diriger les écoles, est l'histoire de l'émergence véritable du développement. Après avoir identifié le problème, la communauté a elle-même trouvé une solution et procédé, en grande partie seule, à son exécution, cherchant au besoin une aide extérieure, mais restant essentiellement maître du projet.
Bien que composée en grande partie d’agriculteurs illettrés, la communauté dirige maintenant un système scolaire étendu, avec quelque 140 élèves du jardin d’enfants jusqu’à la 8e année incluse, une réalisation remarquable dans cette région sous-développée située elle-même dans un des pays les plus pauvres de l’Amérique latine. L’école secondaire plus récemment établie compte une trentaine d’élèves des 9e et 10e années.
Au dire de tous, les motivations sous-jacentes et la puissance de ces projets viennent du fait qu'environ un tiers des gens ici pratiquent la foi bahá'íe. L’importance donnée par la Foi à l’éducation et à l’unité a, selon des dirigeants locaux et des observateurs de l’extérieur, fournit la vision du progrès et un processus d’émancipation.
«Le désir d’avoir notre propre école est né au sein de l’Assemblée spirituelle locale de Puka Puka», dit Claudio Limachi, 35 ans, natif du village, impliqué dans le projet de l'école depuis ses débuts.«L’Assemblée ne voulait pas que les enfants de la communauté continuent de souffrir. Et ils avaient souvent étudié la citation des écrits bahá'ís disant que, lorsque les peuples autochtones des Amériques seront éduqués, ils deviendront “si illuminés qu'ils illumineront la terre entière”. Donc, pour aider à accomplir cette promesse, nous avons fondé l’école», dit M. Limachi, l'un des premiers à embrasser la foi bahá'íe à Puka Puka.
Même lorsque la communauté avait une école allant du jardin d’enfants jusqu’à la 8e année, c’était un gros problème d’envoyer les élèves poursuivre dans les écoles des communautés avoisinantes à cause de différentes formes de discrimination.
«Dans une ville, Mishka Mayo, le problème venait de ce l'école était catholique et que, à notre avis, il y régnait une discrimination religieuse», dit M. Limachi. «L'encadrement de l’école forçait les élèves à participer aux fêtes religieuses où il y avait beaucoup d’alcool, et lorsqu’ils refusaient, on leur infligeait un châtiment corporel.
D’après M. Limachi et d’autres, la discriminationprovenait en partie du fait que plusieurs familles de Puka Puka avaient rejoint les rangs de la Foi, qui notamment, interdit la consommation d'alcool. Quelques habitants ont accepté la foi bahá'íe en 1980, et ont progressivement enseigné ses principes à leur famille et à leurs amis. Aujourd’hui, environ 300 des 700 habitants de Puka Puka sont bahá'ís.
C’est l’accent mis sur l’éducation dans la communauté bahá'íe qui a conduit la communauté à établir son propre système scolaire. En 1997, l’Assemblée spirituelle locale de Puka Puka, le conseil directeur bahá'í localement élu, a décidé de réunir 500 $ US et d’engager un enseignant pour les élèves bahá'ís.
Cependant, très rapidement, les membres de l’Assemblée, dont plusieurs ont également des responsabilités dans le village, ont décidé que tout le monde à Puka Puka devait avoir accès à l’instruction à tous les niveaux. Ils ont donc sollicité l’aide d’autres organismes communautaires et recueilli de l’argent pour recruter trois instituteurs supplémentaires, ce qui a suffi pour couvrir les 5e, 6e et 8e années.
Les bahá'ís ont non seulement initié l’effort communautaire en vue d’engager des enseignants pour les classes moyennes, mais aussi ont eux-mêmes lancé un programme d’études secondaires. Appelé l’«Unidad de los Pueblos Collegio» (Collège de l'unité des peuples), cette institution fonctionne actuellement chez M. Limachi, avec une trentaine d’élèves des 9e et 10e années. À ce jour, deux enseignants ont été recrutés pour un salaire symbolique.
L’argent pour les écoles provient de différentes origines. C'est une partie des sommes dépensées antérieurement pour les boissons alcooliques, et pendant la première année l’association des agriculteurs locaux a donné une partie de ses ventes de pommes de terre à l’école. La communauté bahá'íe a également lancé plusieurs projets à petite échelle pour engendrer des revenus afin d’aider à soutenir l’école secondaire, dont un projet d’apiculture et de conditionnement de miel; un projet d’élevage de poulets, et un projet de jardin potager et de serre. De plus, des organismes extérieurs, tels que l’Université Nur, une institution d’inspiration bahá'íe à Santa Cruz, en Bolivie, ont pris note du désir de la communauté de s’en sortir et ont commencé à l'aider de différentes façons.
La pratique de la foi bahá'íe a rendu la communauté plus forte de plusieurs façons, disent les membres de la communauté et des observateurs de l’extérieur. En plus de les relier à un réseau plus large, elle a favorisé un sens de l’unité au sein de la communauté elle-même, une unité qui s’étend à d’autres groupes religieux et qui a permis le niveau de collaboration nécessaire pour fonder les écoles.
«Auparavant, il y avait des soirées où tout le monde se soûlait et se bagarrait», dit Cecilo Vela, 30 ans, trésorier de l’Assemblée spirituelle de Puka Puka. «Mais depuis l’arrivée de la Foi, nous nous sommes unis—catholiques, évangélistes et bahá'ís— et maintenant nous oeuvrons en vue de faire instruire nos enfants.»
Constanio Quispe, un catholique de Puka Puka âgé de 39 ans, confirme que les membres des autres religions partagent le sentiment qu'il existe de nouvelles possibilités. «Tout tomberait à l’eau si nous n’étions pas unis», dit M. Quispe, qui enseigne le catéchisme. «Les bahá'ís nous ont unis et les catholiques ont compris qu'ils peuvent aussi suivre cette voie».
*** L'histoire ci-dessus est tirée d'un article paru dans le dernier numéro de "One country", le bulletin de la Communauté internationale bahá'íe. Lire toute l'histoire sur le site de "One country":http://www.onecountry.org
Pour répondre au taux croissant d'alcoolisme, d'abus de drogue et de Sida parmi la jeunesse de cet état de Sibérie, les bahá'ís ont créé un "Centre de jeunesse pour les initiatives sociales" afin de promouvoir un style de vie sain parmi les jeunes et les adolescents et pour former des enseignants et autres spécialistes à faire un travail de prévention avec la jeunesse. Les décès par Sida ont progressé au Buryata d'un tiers depuis le début de l'année, symptôme d'une crise morale générale affectant une grande partie de la région.
"Aucun travail de prévention n'est efficace sans le développement d'un système de valeurs durables parmi les jeunes et sans offrir des voies pour la croissance individuelle et la réalisation de soi à travers un service à la communauté," dit Oxanna Dorzhieva directrice du Centre. Nos tâches principales sont le développement d'une conscience de leur dignité personnelle et d'un besoin d'indépendance spirituelle chez les jeunes, le développement d'un mouvement volontaire de travail de prévention, par la formation à l'éducation préventive d'enseignants et d'autres spécialistes et l'encouragement d'un style de vie positif chez les jeunes et les adolescents.
Le "Centre de jeunesse" est la suite d'un projetbahá'í pour la jeunesse dans le Ulan-Ude, connu comme étant le projet social des "Jeunes lions", qui fournit des activités de substitution à la jeunesse, formant à la gouverne morale et des activités sociales populaires pour les jeunes de la région de Ulan-Ude.
"Plusieurs projets de prévention organisés par les "Jeunes lions" tels que "La jeunesse contre la drogue", "Sois sobre au nouveau millénaire", "Notre ville" et des séminaires sur le Sida ont sérieusement attiré l'attention des autorités du Buryata et gagné la popularité parmi les jeunes de Ulan-Ude et des régions avoisinantes" dit Mme Dorzhieva.
L'administration locale d'Ivolga, région qui, ces dernières années, a eu les plus hauts taux d'usage de la drogue parmi la jeunesse et de crimes liés à l'alcool et à la drogue, s'est rapprochée des "Jeunes lions" pour qu'ils les assistent dans l'organisation d'activités de prévention sur toute la région.
"Nous avons voulu développer notre travail dans ce segment de la population et les assisterface à ces problèmes à travers le "Centre de jeunesse pour les initiatives sociales" relate Mme Dorzhieva. "Nous essayons de construire un réseau avec les enseignants et d'autres spécialistes, les parents, l'administration, la police, les médias et éventuellement d'autres administrations, pour protéger la jeunesse de l'alcool et de la drogue. L'expérience acquise dans ce projet permettra de l'étendre à toute la République dans un an."
Le "Centre de jeunesse" cherche aussi à développer une collaboration régionale, nationale et internationale dans le domaine de la prévention et des cours, des séminaires et des ateliers de travail sur la gouverne morale et la protection contre le Sida et l'abus de drogues. Le Centre travaille avec des spécialistes du Centre contre le Sida du Buryata, à élaboration d'un programme destiné aux jeunes et aux adolescentsincluant des éléments d'éducation morale. Le programme sera soumis au Ministère de l'éducation du Buryata pour être intégré dans le programme scolaire des enfants de 12 à 15 ans.
OUVERTURE OFFICIELLE D’UNE STATION RADIO BAHA'IE A BULAC, AUX PHILIPPINES.
Philippines, 29/11/02
Lors d’une fête à l’ambiance «barrio fiesta», au son de musiques et au rythme de danses, la communauté bahá'íe a officiellement inauguré avec discours et prières, sa nouvelle station radio, le 26 novembre 2002.
Située dans une commune rurale, à 30 Km de la ville de San José sur l’île principale de Luzon, la station diffusera des émissions dont l’objectif est de promouvoir le développement social et économique de la région. Elle assistera également la communauté bahá'íe en diffusant des émissions destinées à encourager le développement des ressources morales, spirituelles et humaines. «Par des interviews, des pièces radiophoniques, et des discussions, nous espérons stimuler la pratique de la consultation au sein de la communauté», dit Vahid Mockon, le directeur de la station. «Nous espérons ainsi que la station aidera à formuler et à réaliser des projets communautaires pour promouvoir le développement spirituel et moral des enfants et des jeunes, qu'elle fournira aux fermiers un accès aux informations scientifiques dans le secteur agricole et qu'elle participera à l'émancipation des femmes, surtout dans les domaines de l’hygiène et de l’éducation.» Autorisée depuis le 19 Mars 2002, la station émet sur la bande AM à 1584 kHz, avec une puissance de 1000 watts. Grâce à la topographie plate de la région, elle peut être captée dans toute la province de Nueva Ecija et dans une partie des provinces de Tarlac et Pangasinan, avec une audience potentielle de plus de 2.3 millions de personnes.
Plus de 300 invités, dont des fonctionnaires locaux et des résidents, étaient présents à la cérémonie d’inauguration. L’événement a été ponctué de discours de représentants bahá'ís en visite et de fonctionnaires locaux, ainsi que de représentations par les enfants et jeunes des écoles avoisinantes. «C'était une ‘barrio fiesta’ – une fête de village,» dit Antonio Toledo, président du conseil directeur de la fondation DawnBreakers, organisation de développement sponsorisée par les bahá'ís,et qui gère la station. «Les bahá'ís de la région ont préparé et servi des repas aux 300 invités. L’ambiance était vraiment à la fête..» Les fonctionnaires locaux ont dit qu’ils étaient très heureux d’avoir la station dans leur région. «Nous sommes très fiers que la nouvelle radio bahá'íe soit dans notre communauté,» dit Gloria Santiago, présidente du conseil barangay de Bulac. «J’encourage tout le monde à soutenir la station».(un barangay est la plus petite unité administrative aux Philippines). Humaida Jumalon, conseiller bahá'í pour l’Asie, a expliqué qu’une des fonctions principales de la station serait d’aider à la création et à l’organisation d’activités spirituelles. Particulièrement, a-t-elle dit, la station aidera à susciter et à encourager les cercles d’études, les réunions de prières et les classes d’enfants. «Notre vision est que la station tienne une grande place dans la promotion de ces activités centrales.» a dit le conseiller Jumalon. «Par exemple, la station pourra annoncer le lieu et l’heure des classes d’enfants, et ceci aidera beaucoup à consolider les communautés bahá'íes de la région.»
La station est également partenaire de Phil Rice, institut de recherche agro-alimentaire sur le riz aux Philippines, afin de porter à la connaissance des fermiers qui sont dans le rayon de diffusion, les dernières informations sur l’agriculture. «Ils espèrent toucher la région à l’aide de la station,» dit Mr. Toledo, qui est également membre de l’Assemblé spirituelle nationale des bahá'ís des Philippines, le conseil administratif qui a crée la fondation DawnBreakers et qui dirige les opérations. «L’industrie principale de la région est l’agriculture, avec le riz, le maïs, et les oignons comme produits principaux. C’est donc une immense opportunité.» Mr Toledo ajoute que la station est en projet depuis 20 ans. «Cela a demandé beaucoup de temps pour trouver le site, acheter le terrain, avoir les autorisations, construire la station et l’équiper. Une autre étape importante a été d’obtenir une franchise gouvernementale de la législation nationale.»
Enfin, l'autorisation légale d’ouvrir la station a été obtenue en avril 2001 et la présidente Gloria Macapagal-Arroyo l'a signée officiellement. Cette station est le septième projet radio bahá'íe analogue dans le monde. Les autres stations, orientées elles aussi vers le service communautaire et le développement, sont situées en Bolivie, Chili, Équateur, Libéria, Panama et aux USA en Caroline du Sud. La station fonctionne avec une équipe de quatre personnes à plein temps.: «Avec la progression du projet et au fur et à mesure que le personnel de la station ainsi que les volontaires acquerront de l’expérience, nous espèrons que la station pourra commencer à offrir des cours, des séminaires, et des ateliers de travail pour aider les aspirants en communication de développement et les personnes oeuvrant dans le développement communautaire.» dit Mr Mockon.
DES BAHA'IS SOUTIENNENT UN JOUR POUR LA PAIX INTERNATIONALE A PORTO RICO.
SAN JUAN, Porto-Rico, 29/11/02
La communauté bahá'íe de Porto-Rico a apporté un soutien actif aux célébrations d'un Jour pour la paix internationale, le 1er novembre 2002. Les bahá'ís ont notamment participé, pendant ce Jour qui est une fête officielle à Porto-Rico, à trois évènements. Parmi les manifestations, signalons des festivités aux jardins botaniques de San Juan, appelées "Harmonie pour la paix", une "Marche pour la paix" à Rio Piedras et une course au parc central de San Juan dénommée "Engagement pour la paix". Les activités étaient organisées par la "Ligue contre la violence familiale" assistée par diverses autres organisations publiques et humanitaires, dont les bahá'ís, dit Jenice Ayala, un des porte-parole de la communauté bahá'íe de Porto-Rico. "Les bahá'ís de Porto-Rico ont joué un rôle très actif dans l'organisation de ces trois activités, quiconcernaient tous les secteurs de la société, dirigeants politiques, étudiants de tous âges et dirigeants religieux." dit Madame Ayala. "Notre objectif était d'aider à créer, pendant toutes ces activités, une atmosphère de complète tolérance, de respect et d'amour du prochain."
Le premier événement, "Harmonie pour la paix", a rassemblé des dirigeants politiques et de jeunes étudiants dans un appel à la paix, à Porto-Rico et dans le monde. Yolanda Zayas, Secrétaire aux affaires familiales et l'un des orateurs a dit que pour parvenir à la paix, le travail doit commencer dans la famille nucléaire et elle a appelé chacun à réfléchir à ce qu'il peut faire pour créer un monde en harmonie. L'événement s'est achevé par une représentation de la chorale de l'Université de Porto-Rico.